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Inria : deux fois plus de jeunes chercheurs recrutés en 2020

Par Marc Guiraud | le | Concours/recrutement

En 2020, l’Inria accélère ses recrutements de jeunes chercheurs, il y en aura deux fois plus  qu’en 2019, avec 24 postes de fonctionnaires chargés de recherche et 24 postes en CDI de droit privé, de chercheurs sur contrat, les « Inria starting faculty positions ».

L’idée, c’est que des postes en CDI, 20 à 30 % mieux payés qu’un poste de fonctionnaire, soient attractifs pour les jeunes scientifiques dans le numérique, qui sont très demandés sur le marché du travail, mais aussi de diversifier les recrutements.

Inria : deux fois plus de jeunes chercheurs recrutés en 2020
Inria : deux fois plus de jeunes chercheurs recrutés en 2020

Répondre au manque de jeunes cadres scientifiques dans le numérique

« Notre préoccupation est de répondre au manque de jeunes cadres scientifiques dans le numérique et de renforcer la diversité des recrutements.

Nous avons choisi ce type de recrutement pour tenir compte des enjeux spécifiques d’attractivité dans notre domaine, le numérique, avec une énorme tension sur le marché de l’emploi.

L’objectif est bien que les personnes recrutées par cette nouvelle voie puissent, en fonction de leur parcours bien sûr, basculer à moyen terme sur des corps de directeurs de recherche ou de professeurs d’université. Certains d’entre eux voudront aussi faire des mobilités vers des entreprises », indique Jean-Frédéric Gerbeau, directeur général délégué à la science d’Inria.

Une procédure de recrutement des ISFP basée sur celle des CR

Le processus de sélection des Inria starting faculty positions est « réalisé selon les modalités d’organisation et le calendrier des concours de chargés de recherche de classe normale », selon une note de présentation du dispositif par Inria, publiée par le SNTRS-CGT le 27/01. Ainsi, en 2020 :

• Les dépôts de candidatures pour les Inria starting faculty positions ont lieu du 27/01/2020 au 01/03/2020.

• La phase d'admissibilité pour les deux dispositifs (ISFP et chargés de recherche), avec la présélection et les auditions, se termine « au plus tard » le 29/05/2020.

• La phase d'admission est prévue le 09/06/2020.

« Les candidatures ISFP sont évaluées par les mêmes jurys et sur la base des mêmes critères que les candidatures chargé de recherche de classe normale », indique le document, qui précise qu’il est possible de candidater sur les deux types de poste. Il est prévu que les ISFP prennent en moyenne leurs fonctions au 01/10/2020, comme les chargés de recherche. Ils auront une une période d’essai de quatre mois, renouvelable une fois.

Une activité clé et attendue par nos universités partenaires

« Le deuxième objectif de ces postes est de faire en sorte que notre politique de recrutement soit cohérente avec notre politique de site. Nos centres Inria accompagnent le développement des sites universitaires. Et les Starting faculties auront une charge d’enseignement de 32 h à 64 h par an, ce qui est modéré, mais est une activité clé et attendue par nos universités partenaires, avec lesquelles nous discutons depuis un an. »

Les syndicats : « système à deux vitesses parmi les nouveaux chercheurs »

Les syndicats de l’Inria (Sgen-CFDT, SNCS-FSU, SNTRS-CGT) votent contre les « Inria starting faculty positions », le 28/01/2020, car cela revient à donner « un cadre d’emploi plus précaire pour les jeunes chercheurs et ne leur offrant qu’une possibilité d'évolution de carrière restreinte ».

Les défis Inria 2020

  • sur le quantique, en cohérence avec la feuille de route nationale en la matière ;
  • sur le handicap, et en particulier la locomotion des personnes déficientes visuelles.

Il y a actuellement une quinzaine de défis, avec des moyens spécifiques, comme des financements de thèses, de postdoctorats et de postes d’ingénieurs.

Une de nos priorités est d’associer des partenaires, notamment des entreprises, à la conception de certains de ces défis.

Les priorités 2020

  • Mettre l’accent sur de grands enjeux de société, pour lesquels le numérique est un levier d’interdisciplinarité, par exemple la transition énergétique et écologique.
    • Le numérique fait parfois aussi partie du problème, mais il peut également faire partie de la solution, pour les grands défis environnementaux.
    • Cela passe par exemple par la conception d’algorithmes, de systèmes ou de réseaux plus économes en énergie.
    • Il y a une très grande volonté des chercheurs en ce sens, que nous voulons accompagner et transformer en projets de recherche. Cela pourrait par exemple prendre la forme d’un défi Inria, notamment sur le numérique frugal, et nous allons travailler pour lancer un tel défi, mais probablement pas pour 2020.

Mettre en relation chercheurs et services administratifs dans le Lab IA de la direction interministérielle du numérique

« Répondre aux enjeux de la société nous amène aussi à être un acteur en appui des politiques publiques », ajoute Jean-Frédéric Gerbeau.

« Par exemple, nous sommes en train de mettre en place une nouvelle structure dans le cadre du Lab IA de la Dinum (direction interministérielle du numérique), dont l’objectif est de mettre en relation des équipes de recherche avec des services administratifs afin d’aborder avec des algorithmes d’IA des problèmes posés par l’administration de l’État. »

Il s’agit d’un dispositif dont la création début 2019 a été annoncée par le comité interministériel à la transformation publique, le 29/10/2018. Il est installé au sein d’Etalab, département de la Dinum qui coordonne notamment la conception et la mise en œuvre de la stratégie de l’État dans le domaine de la donnée.

La directrice scientifique du Lab IA est Ioana Manolescu, directrice de recherche Inria.

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