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Pas de congés imposés pour les agents du CNRS qui télétravaillent

Par Marc Guiraud | le | Personnels et statuts

Leur employeur, le CNRS, considère que leur investissement est exemplaire, il n’impose donc pas de congés à prendre aux agents qui travaillent à distance. C’est ce que leur a écrit le PDG Antoine Petit, le 22 avril 2020.

Quant aux agents qui sont en autorisation spéciale d’absence, une ordonnance du 16 avril leur impose de prendre dix jours de RTT ou congés sur la période ayant commencé le 16 mars.

Pas de congés imposés pour les agents du CNRS qui télétravaillent
Pas de congés imposés pour les agents du CNRS qui télétravaillent

Les réactions des syndicats

Télétravail : une décision « sage » d’Antoine Petit de ne pas imposer de congés

« Encourager la prise de congés en ce moment, sans l’imposer, me paraît sain et sage », commente  Yannick Bourlès, ingénieur de recherche, secrétaire général du Sgen-CFDT Recherche EPST et élu au conseil d’administration du CNRS.

« Il aurait pu imposer cinq jours de congés. L’Inserm et Inrae, qui sont aussi des EPST, l’ont fait, ce qui est paradoxal : au moment où on a le plus besoin des chercheurs, et de les mettre en confiance, on les met en congés d’office ».

Pour Josiane Tack, ingénieure de recherche, secrétaire générale du SNTRS-CGT et également élue au conseil d’administration du CNRS, « notre employeur est à l'écoute et voit bien que la situation est difficile pour les personnels du CNRS, et ne souhaite pas ajouter à ces difficultés ».

ASA : une ordonnance « pas du tout adaptée au monde de la recherche »

Par ailleurs, pour Yannick Bourlès, « l’ordonnance qui impose dix jours de congés aux agents en autorisation spéciale d’absence n’est pas du tout adaptée au monde de la recherche. C’est discriminatoire à plusieurs niveaux :

  • Si les chercheurs et les cadres ingénieurs font facilement et régulièrement du télétravail, ce n’est pas le cas des agents de catégorie B ou C, comme les agents d’accueil.
  • Et ce sont souvent les femmes qui se sont mises en autorisation spéciale d’absence, pour s’occuper des enfants. »

« De plus, certains agents qui sont en ASA, car ils vivent en zone blanche par exemple, continuent à travailler », ajoute-t-il.

Certaines personnes ont travaillé sur leur ordinateur personnel, tout en étant en ASA

Pour Josiane Tack, le problème est également que « la direction de l'établissement nous dit depuis le début : “mettez-vous en télétravail ou en ASA, pour nous, cela ne change rien” ».

En outre, « le CNRS disait au départ que, si nous n’avions pas d’ordinateur professionnel, nous ne pouvions pas nous mettre en télétravail, et nous devions nous mettre en ASA. Donc certaines personnes ont travaillé sur leur ordinateur personnel, tout en étant en autorisation spéciale d’absence. »

Sur ce point, « l'employeur a demandé à ce que les cas complexes lui soient remontés. Et nous avons demandé à ce qu’un maximum de personnels soient en télétravail pour le mois à venir », ajoute la secrétaire générale de SNTRS-CGT.

Protection des agents

La « priorité absolue » est la santé des agents, affirme en outre Antoine Petit dans son message.

Un des enjeux étant la manière de fournir des masques aux agents du CNRS, souligne Yannick Bourlès.

Pour Josiane Tack, « nous sommes dans une situation de défaillance de l’État en matière de mise en œuvre de la protection de ses citoyens et de ses propres personnels ».

Un dialogue social partiellement compliqué par la crise

« Dans le cadre de cette crise, les organisations syndicales sont consultées en mode dégradé et en visioconférence  par la direction du CNRS, ce qui ne permet pas un véritable dialogue social », déclare par ailleurs Yannick Bourlès, précisant que le dernier conseil d’administration du CNRS « a eu lieu le 13/03, juste avant le confinement ».

Toutefois, Josiane Tack estime que le dialogue social est « correct, malgré les conditions, nous n’avons pas à nous plaindre ». « La direction fait attention à garder un contact avec les organisations syndicales », ajoute-t-elle.

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