Numérique

Comment gouverner le numérique dans les universités ? Un ouvrage de Bertrand Mocquet

Par Marc Guiraud | le | Equipements et systèmes d'informations

« En quoi l’évolution des usages du numérique conduit-elle à la nécessité d’une gouvernance du numérique universitaire ? » : telle est la question centrale posée dans « Gouvernance, numérique et enseignement supérieur. Une immersion dans la #TransfoNumDuSup », ouvrage publié par Bertrand Mocquet, expert numérique auprès de l’Amue et ancien vice-président de l’Université de Perpignan.

Comment gouverner le numérique dans les universités ? Un ouvrage de Bertrand Mocquet
Comment gouverner le numérique dans les universités ? Un ouvrage de Bertrand Mocquet

Gouvernance, numérique et enseignement supérieur - Une immersion dans la #TransfoNumDuSup, par Bertrand Mocquet
Gouvernance, numérique et enseignement supérieur - Une immersion dans la #TransfoNumDuSup, par Bertrand Mocquet - © D.R.

« À l’heure où l’on parle d’efficience dans la gouvernance des universités françaises, nous nous interrogeons sur comment l’ensemble de leurs membres peut développer des usages du numérique qui puissent contribuer à la stratégie globale de l’Université. Nous avons relevé que certaines universités ont fait des choix stratégiques, dans leur organisation, dans leur schéma directeur du numérique, et il nous paraît opportun d’analyser si ces choix ont permis un développement des usages du numérique et d’en estimer les effets, bénéfiques ou non, à moyen terme pour l’organisation. » écrit Bertrand Mocquet.

Par exemple, « faut-il investir dans une stratégie “bâtimentaire”, pour incarner un lieu emblématique de l’usage du numérique ? Faut-il multiplier les lieux d’usage sur un campus ? Ces lieux sont-ils propres à une seule composante de l’Université, sont-ils communs ou liés à des bibliothèques universitaires ? »

Cinq parties

« La première partie est un état de l’art de l’objet de recherche. Il s’agit d’un tour d’horizon sur le système actuel de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) mais aussi sur son évolution depuis 1992 jusqu’en 2017, le regard porté sur les dispositifs numériques mis en place pour favoriser le développement des usages du numérique.

La deuxième partie cimente le cadrage de l’approche conceptuelle. Elle présente une vision pluridisciplinaire, le fondement d’une approche en sciences de l’information et de la communication. Il s’agit de notre boîte à outils de concepts, que nous mobilisons durant les parties suivantes. Dans cette partie, nous aborderons les technologies numériques et leurs effets, les formes organisationnelles d’un point de vue systémique afin d’appréhender la complexité du système observé. C’est aussi l’occasion de mieux cerner l’articulation entre communication et information et de mobiliser des concepts empruntés aux Sciences de gestion, en particulier les notions de performance et efficience des organisations.

La troisième partie nous projette dans l’objet de recherche. Il s’agit d’appliquer les théories mobilisées au paragraphe précédent au contexte de l’Université, en proposant une interprétation de la réalité suivant le filtre de nos hypothèses : ainsi apparaissent les concepts de nouveau design de la gouvernance, de gouvernance du numérique universitaire, et de transformation numérique de l’ESR.

La quatrième partie est à la fois un recueil des dispositifs numériques observés permettant un développement des usages du numérique, et une préparation à l’observation des paramètres favorisant ces usages, en estimant les périmètres d’influence. Les influences sont décomposées en fonction de la frontière entre le système universitaire et la société, entre le système universitaire et l’Université, pour nous chaînon élémentaire du système, puis au sein de l’établissement lui-même.

La cinquième partie correspond à l’expérimentation du modèle de recherche. Une fois la méthodologie présentée, nous appuyons notre raisonnement sur un principe de superposition de cinq études de cas, permettant de tester le corps d’hypothèses de l’introduction générale. Chaque conclusion d’observation se positionne vis-à-vis des hypothèses, faisant remonter un certain nombre d’éléments permettant de construire des pistes vers un discours généralisant.

La conclusion propose la synthèse de ce travail de recherche. Elle permet de nous positionner sur la question initiale en regard des retours des observations de la cinquième partie, nous énonçons alors nos différentes propositions et débats. Les limites et voies de recherches futures sont aussi abordées afin de nous projeter à moyen terme dans notre métier de chercheur. »

« L’instabilité provoquée par l’arrivée des usages du numérique dans la société et dans les universités permettrait de faire évoluer le système universitaire, au point de créer un nouveau point d’équilibre, répondant à des nouveaux enjeux. »

Bertrand Mocquet raconte son parcours

« Mon intérêt et ma motivation pour le numérique datent de ma formation initiale d’ingénieur en informatique industrielle au CUST à Clermont-Ferrand, et de la première période d’euphorie de l’Internet, entre 1995 et 2000.

Créateur, en 1996, d’un cybercafé éphémère, au sein d’une exposition de vulgarisation scientifique et technique intitulée «Cybernez-vous » en partenariat avec les établissements d’enseignement supérieur et recherche toulousains au sein du centre de culture scientifique et technique de Midi-Pyrénées, nous étions, bien involontairement à cette époque, au cœur des débuts de l’interaction entre le web et les établissements de l’ESR.

Nous avons prolongé tout au long de notre parcours professionnel cet intérêt, tout d’abord au sein de la formation des enseignants, des futurs-enseignants préparant le CAPET, ou dans le cadre de formation aux usages des technologies de l’information et de la communication au sein d’une université.

Entre 2010 et avril 2012, nous avons pu mieux comprendre et observer cet objet dans le cadre de responsabilité de dispositifs de développement des usages du numérique au Ministère de l’Éducation nationale, de l’ESR, en tant que coordonnateur C2i2 métiers de l’environnement et de l’aménagement durable (C2i2MEAD).

Entre 2012 et juin 2016, nous sommes entrés en responsabilité de vice-président numérique, au cœur d’une équipe présidentielle en charge de la stratégie numérique de notre université de rattachement, l’Université de Perpignan Via Domitia.

Ces positions successives, à tous les échelons du système universitaire, nous ont permis de pouvoir observer tous les niveaux du numérique de l’Université : que ce soit lors des enseignements, au sein d’une université, au sein d’une équipe de direction d’université, dans des services du ministère, ou de groupes de travail des référents numériques nationaux.

En 2017, dégagé de la responsabilité de vice-présidence, nous avons pu prendre le recul sur les données observées.

Au travers de ce travail d’immersion et de recherche, présenté dans le cadre d’une thèse à l’Université de Bordeaux Montaigne, sous la direction de la professeure Lise Vieira, nous tenterons de démontrer que l’instabilité provoquée par l’arrivée du numérique dans les établissements de l’ESR a permis de faire évoluer le système universitaire, au point de tendre vers la création un nouveau point d’équilibre s’appuyant sur une nouvelle gouvernance du numérique universitaire.« 

Acheter  »Gouvernance, numérique et enseignement supérieur. Une immersion dans la #TransfoNumDuSup",

ouvrage publié par Bertrand Mocquet (Paris, Presses des Mines, Collection Design numérique, 2019

La thèse de Bertrand Mocquet : Mocquet, B. (2017). La gouvernance universitaire et l’évolution des usages du numérique : nouveaux enjeux pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche français (Phdthesis), Université Michel de Montaigne - Bordeaux III).

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