Numérique

#Carrément. « L’objectif n’est plus pour l’Université d’organiser des formations sur le numérique »

Par Marc Guiraud | le | Pédagogie

« L’objectif n’est plus pour l’Université d’organiser des sessions de formation de ses membres sur les usages du numérique mais bien d’accompagner ces usages pour les rendre professionnels et améliorer leur efficience » écrit le professeur Pierre Lévy, citant Bertrand Mocquet, dans l’introduction de son ouvrage 'Gouvernance, numérique et enseignement supérieur - Une immersion dans la #TransfoNumDuSup".

#Carrément. « L’objectif n’est plus pour l’Université d’organiser des formations sur le numérique »
#Carrément. « L’objectif n’est plus pour l’Université d’organiser des formations sur le numérique »

Extraits de l’introduction du professeur Pierre Levy, Research Associate Professor at University of Montréal, Membre de la Société Royale du Canada

« S’il est un domaine touché par la révolution de la communication en cours, c’est bien le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche. Du Moyen-Âge au XXe siècle les universités étaient essentiellement des regroupements d’étudiants et d’enseignants autour de bibliothèques : dépôts matériels de manuscrits, puis d’ouvrages imprimés.

Par contraste, aujourd’hui les textes classiques, tout comme les derniers articles scientifiques, sont désormais accessibles en ligne et la mainmise des maisons d’édition sur le savoir académique n’est plus qu’un vestige contesté d’une ère révolue.

Pierre Lévy, professeur, Montréal (Canada) - © D.R.
Pierre Lévy, professeur, Montréal (Canada) - © D.R.

Les chercheurs participent régulièrement à des réseaux transnationaux qui partagent des bases de données et des outils logiciels. Les médias sociaux spécialement conçus pour les chercheurs tels que ResearchGate ou Academia connaissent un grand succès et apportent un complément de communication aux conférences (auxquelles on peut d’ailleurs souvent assister à distance) et aux publications classiques.

Des outils comme Zotero permettent d’organiser et de partager bibliographies et références bien plus facilement qu’à l’ère de l’imprimerie.

Les ressources d’apprentissage sont de plus en plus disponibles gratuitement et accessibles en quelques clics. Les étudiants peuvent s’inscrire à des MOOCs ou participer de manière informelle à des groupes d’apprentissage collaboratifs qui transcendent la distinction entre “présentiel” et “à distance'.

De nouvelles formes de pédagogie invitent les étudiants à se construire des environnements personnels de veille et d’apprentissage : abonnements à des blogs de chercheurs, suivi d’experts sur les médias sociaux, pratique de la curation de données pour accumuler, classer et partager les informations. Parallèlement, les savoirs épistémologiques, les compétences qui relèvent de l’esprit critique et des capacités d’évaluation autonomes n’ont jamais été aussi importantes à acquérir puisque le nouvel espace de communication est notoirement ouvert, sans autorité transcendante.

Ce livre nous démontre la nécessité d’une gouvernance numérique universitaire pour maîtriser la mutation en cours. Il nous offre aussi d’intéressantes indications sur ce que devrait être une telle gouvernance.

Partant du principe que 'les universités sont des systèmes vivants, dynamiques, toujours en mouvement” il ne nous invite pas tant à installer des outils qu’à développer des usages différenciés et à certifier des compétences pour stimuler l’innovation.

Au carrefour des sciences de la gestion et des sciences de l’information et de la communication, croisant l’expérience du praticien, l’érudition du théoricien et la rigueur empirique du chercheur, il rendra de grands services à tous ceux et à toutes celles qui voudront contribuer à la transformation numérique de l’université dans la perspective d’une société apprenante. »

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