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Fariba Adelkhah : la chercheuse franco-iranienne fait appel de sa condamnation à 6 ans de prison

Par Marc Guiraud | le | Relations extérieures

Fariba Adelkhah, directrice de recherche de Sciences Po, détenue en Iran depuis bientôt un an (arrestation le 05 juin 2019), a été condamnée à deux peines de prison, de 5 et 1 an, annonce le 16 mai 2020 son avocat.

Fariba Adelkhah
Fariba Adelkhah

La première peine de prison est de cinq ans, pour « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale » ;

La deuxième peine est d’un an, pour « propagande contre le système politique de la République islamique d’Iran »

Fariba Adelkhah a fait appel de ses condamnations.

« En Iran, les condamnations en appel ne peuvent être supérieures à celles décrétées en première instance. Il faut donc espérer que la condamnation soit allégée, mais rien n’est moins sûr puisqu’il s’agit d’un procès kafkaien, au sens littéraire du terme : sans matière, sans procédure, sans temporalité » indique le comité de soutien de la chercheuse.

« La source d’eau peut trouver son chemin entre les pierres »

« Il est très difficile d'être avocat en Iran dans la situation actuelle. Cela équivaut à marcher sur un champ de mines. Mais, dans le même temps, la justice peut fonctionner dans certains cas. Comme le dit cet adage iranien, la source d’eau peut trouver son chemin entre les pierres. Elle peut les mouiller et les rendre plus souples » déclare son avocat Me Saied Dehghan dans une interview au Point.

Cette condamnation « n’est fondée sur aucun élément sérieux ou fait établi, et revêt donc un caractère politique », a dénoncé Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères .

Le collègue et compagnon de Fariba Adelkhah, Roland Marchal, avait, lui, été libéré le 20 mars grâce à un  échange avec Jalal Rohollahnejad, ingénieur iranien incarcéré à Nice depuis janvier 2019.

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