Vie des campus

[En direct] Reconfinement : suivez les dernières actualités pour l’enseignement supérieur

Par Marine Dessaux, Isabelle Cormaty, Théo Haberbusch, La Rédaction | le | Stratégies

Depuis l’annonce d’un deuxième confinement, les modalités de fonctionnement des universités et grandes écoles sont bouleversées. Malgré la bascule en visioconférence pour la plupart des cours, de nombreux assouplissements permettent l’accès aux TP, laboratoires et services universitaires sous certaines conditions.

Campus Matin et l’agence d’information spécialisée qui l'édite, News Tank higher ed and research, s’allient afin de vous fournir les dernières informations concernant la situation des établissements.

Jean Castex s’est exprimé sur l’ouverture des BU, des RU, le maintien des TP… - © Pikist
Jean Castex s’est exprimé sur l’ouverture des BU, des RU, le maintien des TP… - © Pikist

Nous vous en parlions dès le jeudi 29 octobre, l’annonce du confinement s’accompagne d’un retour du distanciel dans le supérieur… qui n’est pas synonyme de fermeture des universités et grandes écoles. 

Les rédactions de Campus Matin et de News Tank HER vous font vivre les derniers développements en direct. 


26 novembre : un retour des étudiants envisagé le 20/01 (J. Castex) 

Lors d’une communication gouvernementale visant à préciser les récentes annonces d’Emmanuel Macron, le Premier ministre évoque une rencontre avec la Conférence des présidents d’université, aux côtés de Frédérique Vidal, ministre de l’Esri, « dans les prochains jours ».  

Il indique en outre que le retour des étudiants dans les établissements du supérieur pourra être envisagé au 20/01, “si la période des fêtes de fin d’année ne s’est pas traduite par un rebond de l’épidémie« 

Des emplois étudiants et un budget doublé pour le Crous 

Jean Castex annonce par ailleurs la création de « 20 000 emplois étudiants, dont la mission sera de venir en soutien des étudiants décrocheurs. Ce nouveau dispositif représentera un investissement à hauteur de 50 M€ de l’État »

Si dans son intervention, Jean Castex indique que ces emplois étudiants seront gérés par les Crous, l’agence News Tank apprend de plusieurs sources que ce sont les universités qui en seront chargées, en lien avec les Crous.  

Le budget alloué aux Crous sera doublé, afin de leur permettre de verser des aides d’urgence. Mesure qui permettra d’aider « 45 000 jeunes supplémentaires à se loger et à se nourrir », pour un coût de « 56 M€ sur les prochains mois »

Quant à l’insertion professionnelle, elle sera soutenue par un nouveau dispositif : « Le Gouvernement va proposer un dispositif spécifique qui conjuguera un accompagnement par l’Apec ou Pôle emploi, ainsi qu’une allocation financière supplémentaire de 500€ maximum par mois », dit Jean Castex. 


26 novembre : Michel Deneken, président de l’Unistra, déclare « la détresse morale » des étudiants « tuera plus, à terme, que le virus » 

Michel Deneken, président de l’Unistra
Michel Deneken, président de l’Unistra - © JFB, JEAN-FRANCOIS BADIAS

Le président de l’Unistra Michel Deneken, dans un entretien à FranceInfo alerte : « la détresse morale » des étudiants « tuera plus, à terme, que le virus ». Il parle également d’une véritable bombe à retardement sociale et humaine«  dans les universités. 

L’Université de Strasbourg appartient à l’association Udice, qui a plaidé le 24 novembre pour la réouverture accélérée des universités. 


24 novembre : Accueillir les étudiants dès janvier avec une jauge de 50 %, demande d’Udice 

C’est ce que réclame l’association Udice, regroupant les universités Idex et Lyon 1 : la possibilité d’accueillir les étudiants, dès début janvier, avec une jauge de 50 %. 

Les présidents d’université représentés par Udice lancent cet appel aux pouvoirs publics, le 24 novembre, en réaction à la dernière allocution d’Emmanuel Macron. 

Ils regrettent une logique de « deux poids, deux mesures » qui créé « la stupéfaction, pour ne pas dire la colère, dans la communauté universitaire »

D’autant plus qu’ils estiment avoir « su prendre les mesures en urgence pour le premier confinement » et se sentent « responsables de tout faire pour éviter à la fois une expansion de la crise sanitaire et une nouvelle crise humaine aux conséquences imprévisibles »


24 novembre : le Président annonce une potentielle réouverture des universités en février 

Emmanuel Macron le 24/11/2020
Emmanuel Macron le 24/11/2020 - © Élysée

Emmanuel Macron a annoncé le 24 novembre à l’occasion d’une allocution sur la situation sanitaire que les universités pourront « reprendre les cours, avec une présence physique de tous les élèves » à partir du 3 février 2021

Cette reprise du présentiel est néanmoins conditionnée par la situation sanitaire : pour qu’elle ait lieu, il faudra que le nombre de contaminations soit inférieur à 5000 par jour


23 novembre : prolongation des contrats doctoraux, un financement encore attendu 

Suite au premier confinement, le Mesri a assuré qu’il financerait la prolongation des contrats doctoraux impactés pour les cohortes 2020, 2021 et 2022. Des enveloppes substantielles qui devaient parvenir aux établissements en fin d’année 2020 et qui se font attendre.  

“Je ne perds pas espoir qu’une partie des demandes soient traitées d’ici la fin de cette année”, a déclaré Thomas Coudreau, président du Réseau national des collèges doctoraux, à News Tank [abonnés]. “D’après mon niveau de connaissances en la matière, je ne pense pas que l’impact d’un délai supplémentaire soit dramatique d’un point de vue financier”

Néanmoins, un point d’inquiétude persiste : “certains estiment que le langage est suffisamment vague pour ce cela ne soit finalement pas tenu”, rapporte celui qui est également directeur du collège des écoles doctorales de l’Université de Paris. 

Autre sujet de mobilisation actuellement pour les acteurs français : obtenir que l’Europe prenne en charge la prolongation des contrats financés par des programmes européens. 


13 novembre : SFR donne 20 000 recharges prépayées et 240 000 Go de data pour les jeunes précaires 

3 000 smartphones seront distribués aux jeunes en situation de précarité
3 000 smartphones seront distribués aux jeunes en situation de précarité - © CC Matt Madd

En réponse directe à la demande de la CPU, le 10 novembre dernier, appelant l'État à « réunir les opérateurs télécoms afin de proposer des forfaits données mobiles adaptés à cette période pour nos étudiants »SFR déploie un nouveau plan d’action à destination des jeunes en situation de précarité, et en priorité des étudiants. 

Associé à Emmaüs Connect et en partenariat avec le Mesri, SFR fait ainsi don de 20 000 recharges prépayées avec appels et SMS illimités, 240 000 Go de data, 3 000 smartphones et 1 500 box de poche 4G. 


12 novembre : Jean Castex annonce la création de 1600 référents étudiants dans les cités universitaires 

Jean Castex annonce la création de 1600 référents étudiants dans les cités universitaires.
Jean Castex annonce la création de 1600 référents étudiants dans les cités universitaires. - © D.R.

« Dans les prochains jours, sur proposition de la ministre en charge des universités [Frédérique Vidal], chacune des 800 cités universitaires de France va disposer de deux référents étudiants qui viendront renforcer le travail des services des Crous, notamment pour accompagner les étudiants de première année et les étudiants les plus en difficulté”, a déclaré le Premier Ministre Jean Castex à l’occasion du point d’étape sur la situation sanitaire.  

« Ce sont près de 1600 emplois étudiants qui seront ainsi créés sur les mois de novembre, décembre et janvier, dans un contexte où l’emploi étudiant s’est par ailleurs raréfié », a-t-il précisé. 

En outre, le chef du gouvernement a annoncé une prolongation du confinement au-delà du 1er décembre. A cette date, « les règles de déplacement, l’attestation obligatoire ne changeront pas par rapport à la situation actuelle », a-t-il ajouté.   


10 novembre : la fréquentation des campus limitée de 5 à 10 % annonce Frédérique Vidal. 

« Sous le contrôle rigoureux des recteurs, la fréquentation des campus est limitée à 5 à 10 % de la fréquentation habituelle », indique la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal dans une communication au conseil des ministres. 

La Conférence des Présidents d’Université appelle à ce que le « maintien a minima des établissements » se poursuive «  notamment pour l’accueil des examens et l’accès des étudiants à certains services et enseignements pratiques ».  

Elle demande par ailleurs au gouvernement un soutien pour «  financer des mesures exceptionnelles pour le tutorat et le mentorat et réunir les opérateurs télécoms afin de proposer des forfaits données mobiles adaptés à cette période pour nos étudiants »


6 novembre : Accueil des publics « nécessitant un accompagnement pédagogique » en présentiel dans les CFA 

Un document du ministère du travail relatif aux conséquences du reconfinement pour les organismes de formation et les CFA, mis à jour le 06 novembre, et relayé sur le site de la Dgesip indique la possibilité d’un accueil en présentiel dans ces structures. 

Cela concerne les publics « les moins qualifiés et/ou pour lesquels un accompagnement pédagogique renforcé est nécessaire, mais aussi les stagiaires ou apprentis en situation d’illectronisme ou ne possédant pas le matériel nécessaire à la poursuite de la formation à distance », indique le document. 

A l’instar du reste de l’enseignement supérieur, le présentiel est également possible dans le cas où « le stagiaire ou l’apprenti doit accéder à un plateau technique ou à un certain nombre d’outils et de machines afin d’acquérir ou de perfectionner des gestes techniques »


9 novembre : le Bureau national des étudiants en école de management milite pour plus de transparence sur les frais de scolarité 

Après une pétition des étudiants de Toulouse business school demandant à la direction de l'école « de revoir à la baisse leurs frais de scolarité », le Bureau national des étudiants en école de management (BNEM) plaide pour « plus de transparence et de pédagogie sur ce sujet » de la part des directions.  

Très sollicité par les étudiants avec la crise sanitaire, le président du BNEM, Etienne Loos affirme : « Au quotidien c’est l’isolement et la déception d’une vie associative amputée qui cristallisent les mécontentements »


5 novembre : plusieurs syndicats réclament le retour des cours en présentiel et des créations de postes 

Dans un communiqué publié le 5 novembre dernier, une intersyndicale de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation demande des moyens financiers dans l’urgence. Dans le détail, elle réclame : 

  • « La titularisation immédiate des non-titulaires exerçant des fonctions pérennes à tous les niveaux dans l’ESR » ; 
  • Le dédoublement des enseignements notamment des TD ; 
  • La poursuite de « certains enseignements et dispositifs d’accompagnement en présentiel, au-delà des seuls TP dérogatoires pour éviter le décrochage des étudiants en difficulté pédagogique, en précarité numérique […] ou en difficultés sociale et psychologique ».  

5 novembre : modalités du bac 2021, calendrier inchangé pour Parcoursup 

Le ministère de l'éducation, de la jeunesse et des sports annonce le 5 novembre que “l’ensemble des disciplines du baccalauréat soumises au contrôle continu durant l’année scolaire 2020-2021 sera validé sur le fondement des notes du bulletin scolaire

Ainsi, les épreuves communes de contrôle continu de première et de terminale n’auront pas lieu. 

Toutefois, le ministère indique que les épreuves terminales sur les enseignements de spécialité, prévues en mars 2021, sont maintenues. 

Le calendrier de Parcoursup reste inchangé. 


4 novembre : les prépas répondent à la CPU 

L’Association des proviseurs de lycées ayant des classes préparatoires aux grandes écoles (APLCPGE) a réagi au communiqué de la Conférence des présidents d’universités (CPU), le 4 novembre.  

« Les classes prépa sont méritocratiques et vecteurs d’ascension sociale. Elles ne méritent pas de telles attaques internes qui ne font que diviser, alors qu’il faut, en ces temps difficiles, plutôt nous rassembler », écrit l’association. 

Une déclaration qui intervient après que la CPU ai fait part, le 29/10, « de sa stupéfaction en apprenant que les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les lycées, pourront rester ouvertes », alors que les universités doivent basculer en distanciel.  


5 novembre : La Rochelle Université et l’Université Gustave Eiffel adaptent leur plan d’activité 

La Rochelle Université : rendez-vous en personne entre étudiant et enseignant, appel à tous les étudiants…  

Depuis le premier confinement, l’Université s’est “dotée de matériel supplémentaire de visioconférences, podcasts et vidéos”. Ainsi, un accueil sur site est prévu pour les enseignants qui souhaiteraient accéder au matériel mis à leur disposition, notamment vacataires.  

“Cette fois-ci encore, La Rochelle Université prévoit d’appeler tous les étudiantes et étudiants en première année de licence, afin de leur offrir un suivi personnalisé”, annonce également l’établissement dans un communiqué. 

La bibliothèque universitaire, quant à elle, sera ouverte du mardi au jeudi. 

Engagement solidaire auprès des étudiants 

“À ce jour, plus de 150 ordinateurs provenant de donateurs ou de la Région sont prêts à être distribués, ainsi que des clés 4G”, affirme La Rochelle Université.  

Université Gustave Eiffel : un dispositif d’écoute, télétravail obligatoire deux jours par semaine

Afin d’apporter une aide d’urgence, l’Université a mis en place un dispositif d’écoute appelé « Lugélinei ». Chacun y est invité à faire part de ses difficultés. 

En outre, l'établissement précise dans un communiqué : “D’une manière générale, les personnels sont fortement invités à télétravailler 5 jours par semaine, avec un minimum obligatoire de 2 jours par semaine télétravaillés”.  


4 novembre : report des élections universitaires à l’Unistra 

Le président de l’Unistra, Michel Deneken, proposera un nouveau calendrier électoral aux instances ad hoc -comité électoral consultatif et conseil d’administration.
Le président de l’Unistra, Michel Deneken, proposera un nouveau calendrier électoral aux instances ad hoc -comité électoral consultatif et conseil d’administration. - © Unistra

Le vote électronique n’ayant pas été mis en place à l’Université de Strasbourg (Unistra), l’établissement a annoncé le report de ses élections, le 4 novembre dernier.  

Ces dernières étaient en effet prévues par le biais d’un vote à l’urne le 17 novembre pour les collèges des personnels et les 24 et 25 novembre pour les collèges des étudiants 

« Le mandat des élus de l’Unistra sera prorogé jusqu’aux prochaines élections, qui ne pourront intervenir avant février 2021 soit à l’urne, soit par vote électronique », indique l’université dans un communiqué de presse. 


3 novembre : vidéoconférence « à titre exceptionnel » pérennisée pour l’HDR et la soutenance de thèse

Un arrêté du 27 octobre, publié au Journal Officiel ce lundi 3 novembre, pérennise le recours à la vidéoconférence pour la présentation des travaux dans le cadre d’une Habilitation à diriger des recherches (HDR) et d’une soutenance de thèse.

Un premier arrêté dans ce sens avait été publié le 21/04, en réponse à la crise sanitaire et au confinement. Mais sa portée était limitée jusqu’au 01/10.

Le nouveau texte précise cependant que le recours à la vidéoconférence se fera « à titre exceptionnel ».


30 octobre : circulaire, FAQ et protocole sanitaire sur le site de la Dgesip 

Publié sur le site de la Dgesip, plusieurs documents apportent des précisions :

En voici les principales dispositions.

Examens et concours 

Ces derniers (notamment les épreuves de contrôle continu) peuvent être organisés en présentiel« dans le cadre du strict respect du protocole sanitaire de mai 2020 actualisé et avec port du masque permanent par tous »

Autre point important : la possibilité de prolongation de l’ordonnance du 27/03/2020, relative à l’organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire, “jusqu’en octobre 2021”

« Elle s’applique à toutes les modalités d’accès aux formations de l’enseignement supérieur et de délivrance des diplômes (…) et à toutes les voies d’accès aux corps, cadres d’emplois, grades et emplois de la fonction publique », indique la foire aux questions de la Dgesip. 

Ce qui permet le recours à la visioconférence (y compris pour les comités de sélection d’enseignants-chercheurs) et l’adaptation des épreuves. Voir News Tank [abonnés] pour plus de détails. 

Étudiants internationaux  

Les étudiants internationaux sont bien autorisés à venir en France, cela constituant « une dérogation qui permet d’entrer sur le territoire national ».

Ils doivent alors « se soumettre aux règles applicables à tout étranger autorisé à entrer sur le territoire national pour ce qui concerne les tests », et donc « avoir réalisé un test dans les 72 heures avant l’embarquement ou en réaliser un à leur arrivée à l’aéroport » (à l’exception des étudiants provenant de l’Union européenne). 

Stages et apprentissage 

Les stages peuvent avoir lieu pendant le confinement. « Dès lors que la structure d’accueil en stage considère que la mission confiée au stagiaire ne peut être effectuée à distance, le stage peut être accompli en présentiel au sein de la structure d’accueil. » 

L’apprentissage est régi par les règles définies : 

  • par la circulaire pour la partie universitaire (distanciel sauf lorsque le caractère pratique de l’enseignement impose le présentiel, et qu’elle figure à ce titre sur la liste arrêtée par le recteur) 
  • par l’entreprise pour la partie professionnelle (télétravail sauf lorsque l’activité ne peut être réalisée à distance). 

Recherche 

Il est déjà établi que, dans le cadre de leurs recherches, les doctorants et chercheurs peuvent accéder aux laboratoires et unités de recherche. 

« Toutes les activités professionnelles se poursuivent, en particulier les activités de recherche et concourant à la formation par la recherche », précise la circulaire. 

« Pour les activités qui ne peuvent pas être effectuées à distance ou qui sont nécessaires à la poursuite du service public, les personnels (administratifs, techniques, enseignants-chercheurs, chercheurs, titulaires et contractuels) sont autorisés à se rendre en laboratoire de recherche »

Sur demande : des dérogations pour l’enseignement pratique en présentiel

Les établissements, publics ou privés, sous tutelle ou co-tutelle du Mesri qui souhaitent obtenir, à titre dérogatoire, la possibilité de délivrer certains enseignements pratiques en présentiel « doivent adresser une proposition au recteur », indique la circulaire. Pour cela il faut remplir un formulaire détaillant le nom du diplôme ou certificat préparé, le niveau, l’intitulé de l’enseignement et l’effectif maximal d’un groupe.  

En cas de validation du Mesri, les restrictions en place jusqu’à maintenant restent valides. En outre, il est recommandé aux établissements « d’organiser ces enseignements présentiels de sorte à minimiser les jours de présence sur site des étudiants accueillis »


30 octobre : les mesures de lutte contre la précarité étudiante

Une aide exceptionnelle de 150€ sera versée début décembre aux boursiers.
Une aide exceptionnelle de 150€ sera versée début décembre aux boursiers. - © Cedric JACQUOT - maxPPP

La circulaire relative à la mise en œuvre du confinement adapté dans l’enseignement supérieur et la recherche détaille un certain nombre de mesures sociales pour aider les étudiants en difficulté.  

Cela passe par un soutien financier avec :   

  • La vente à emporter en restaurants universitaires, avec des repas à 1€ pour les étudiants boursiers. “Aucune restauration assise ne sera assurée”, précise la circulaire ; 
  • La simplification des procédures pour les aides ponctuelles d’urgence attribuées par les Crous, à tous les étudiants, boursiers ou non ; 
  • Une aide exceptionnelle de 150 € pour les étudiants boursiers versée début décembre ; 
  • La réévaluation possible des droits de bourse sur la base des revenus de 2020 pour les étudiants qui en font la demande ; 
  • Le gel des loyers en cité universitaire est en place jusqu’au 01/09/2021.  

Autres services accessibles

Pour accompagner les étudiants, plusieurs services administratifs restent ouverts, sur rendez-vous ou convocation, lorsqu’il n’est pas possible d’effectuer les démarches à distance. C’est le cas des services sociaux, de santé, d’accueil et de gestion des résidences des Crous. 

Pour réduire la fracture numérique, “des salles de travail équipées en matériel informatique ou permettant un accès à internet sont ouvertes sur rendez-vous, dans le respect des mesures sanitaires”, indique la circulaire. Elles visent en priorité les étudiants ne disposant pas de l’équipement ou de la connexion nécessaires au suivi des enseignements à distance 

De leur côté, les bibliothèques et centres de documentation universitaires restent accessibles sur rendez-vous. Les usagers doivent pouvoir accéder aux guichets de prêt (emprunt et retour). La capacité d’accueil des salles de lecture est limitée à 50 %.  


30 octobre : les mesures relatives aux ressources humaines 

Dans les précisions sur le site de la Dgesip, figurent les mesures liées aux ressources humaines.

Avancements de grade, recrutement des enseignants-chercheurs, réunions 

« Les procédures RH liées notamment à l’avancement de grade seront maintenues d’ici à fin 2020 selon les calendriers prévus », indique la foire aux questions accompagnant la circulaire. 

Quant à la procédure de recrutement des enseignants-chercheurs, elle « pourra comprendre des aménagements de date, qui seront annoncés prochainement »

Le recours à la visioconférence sera « favorisé » pour les réunions du Conseil national des universités et la mobilisation des réseaux professionnels des DRH d’université et des Établissement public à caractère scientifique et technologique. 

Autorisations spéciales d’absence 

Elles concernent les trois cas suivants : 

  • Les personnels identifiés comme contacts à risque dont les missions ne sont pas télétravaillables ;
  • Les personnels vulnérables dont les missions ne sont pas télétravaillables. « Le décret définissant les critères permettant d’identifier les personnels vulnérables sera modifié dans les tous prochains jours », indique la circulaire ; 
  • Le parent devant assurer la garde de son enfant de moins de 16 ans en raison de la fermeture de leurs crèche, école ou collège, ou encore lorsque son enfant est identifié comme cas contact à risque (…) « uniquement dans l’hypothèse où la classe ou l’établissement d’accueil de l’enfant fait l’objet d’une mesure de restriction arrêtée par le Préfet de département ou encore dans celle où pour d’autres raisons, l’enfant ne peut être accueilli par son établissement d’accueil »

Dialogue social 

Cela avait été l’un des parents pauvres du premier confinement, le ministère insiste donc. 

« Durant la période de confinement, la réunion des instances de dialogue social doit permettre de maintenir un échange régulier avec les représentants du personnel. Ces réunions seront organisées à distance (…). 

Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail des établissements (…) ont vocation à être réunis sur les mesures prises pour la mise en œuvre du confinement. » 

Etudiants et personnels : comment remplir votre attestation de déplacement ?

Etudiants : 

• Il est impératif de vous munir d’un titre d’identité et d’un justificatif émanant de l’établissement

• Pour vous rendre dans les établissements : le motif à cocher (ou à recopier) sur l’attestation dérogatoire de déplacement est « Déplacements entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle ou un établissement d’enseignement ou de formation, déplacements professionnels ne pouvant être différés, déplacements pour un concours ou un examen ». 

• Pour vous rendre dans les restaurants universitaires afin d’y prendre un repas à emporter, il faudra choisir le motif « déplacements pour effectuer des achats (…) de première nécessité ». 

Personnels :

• Les personnels devant se rendre sur site doivent se munir d’un justificatif de déplacement professionnel à remplir par l’employeur, ainsi que d’un titre d’identité. Ces derniers permettent également les déplacements inter-régionaux


30 octobre : Frédérique Vidal reçoit les représentants de la communauté universitaire

Frédérique Vidal au Sénat le 29/10/2020
Frédérique Vidal au Sénat le 29/10/2020 - © Sénat

Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation, a annoncé dans un tweet avoir passé la matinée du 30 octobre à échanger avec « les conférences d’établissements, Cnous, organismes de recherche, les organisations syndicales représentatives et les organisations étudiantes pour informer et associer l’ensemble des acteurs sur les mesures à mettre en place pour ce confinement ».

Toujours via le réseau social, elle s’engage à réunir les syndicats chaque semaine et annonce la parution d’une circulaire détaillant les mesures à prendre pour les quatre prochaines semaines.

« Nous devons continuer à accompagner les étudiants les plus fragiles et ceux qui risquent le plus de décrocher. (…)

Des mesures financières ont d’ores et déjà été prévues et nous allons évidemment continuer à accompagner les établissements notamment pour la mise en place des formations à distance », déclare-t-elle, sur la chaîne Public Sénat, le même jour.

La ministre rappelle également que « les universités ne sont pas fermées, simplement les modalités d’enseignement sont adaptées ».

Polémique sur l’ouverture des classes préparatoires

Le maintien des cours en présentiel pour les BTS et les CPGE, hébergés dans les lycées, crée des tensions.

Le sujet n’a pas été évoqué lors de la conférence de presse du Gouvernement du 29 octobre en fin de journée. Mais le maintien de l’ouverture des BTS et CPGE est de fait confirmé par Gabriel Attal, porte-parole du Gouvernement, sur… Instagram.

Retrouvez les réactions de la Conférence des présidents d’université et de Jean Chambaz, président de Sorbonne Université sur News Tank HER [abonnés], vent debout contre cette différence de traitement.

Pour Jean Chambaz c’est un « constat glaçant » que « les classes prépas restent ouvertes pour les enfants des classes dirigeantes ».


30 octobre : ce qui est autorisé malgré le confinement

Publié ce 30 octobre au Journal officiel, le décret du 29/10 instaurant le nouveau confinement indique :

« L’accueil des usagers dans les établissements d’enseignement supérieur est autorisé aux seules fins de permettre l’accès :

  • aux formations, lorsqu’elles ne peuvent être effectuées à distance compte tenu de leur caractère pratique dont la liste est arrêtée par le recteur de région académique ;
  • aux laboratoires et unités de recherche, pour les doctorants ;
  • aux bibliothèques et centres de documentation, sur rendez-vous ;
  • aux services administratifs, uniquement sur rendez-vous ou sur convocation de l'établissement;
  • aux services de médecine préventive et de promotion de la santé, aux services sociaux et aux activités sociales organisées par les associations étudiantes ;
  • aux locaux donnant accès à des équipements informatiques, uniquement sur rendez-vous ou sur convocation de l'établissement;
  • aux exploitations agricoles. »

29 octobre : Jean Castex apporte des précisions à la presse sur les examens, les restaurants universitaires, la recherche…

 Jean Castex a évoqué le supérieur lors de sa conférence de presse
Jean Castex a évoqué le supérieur lors de sa conférence de presse - © D.R.

Lors d’une conférence de presse, le Premier ministre, Jean Castex, apporte des informations sur la réglementation pour les établissements du supérieur.

« Dans l’enseignement supérieur, la règle sera le distanciel. Dans les universités et tous les établissements, les cours magistraux et les TD devront être assurés en ligne. Seuls les travaux pratiques et enseignements professionnels nécessitant du matériel spécialisé pourront se tenir en présentiel », annonce Jean Castex, selon News Tank HER [abonnés]).

Ainsi,

  • Les examens et les concours pourront se tenir, avec un protocole sanitaire renforcé.
  • Les restaurants universitaires pourront continuer à fonctionner, uniquement pour préparer des repas à emporter.
  • Les bibliothèques universitaires seront ouvertes sur rendez-vous et dans le respect d’une jauge.
  • Les activités de recherche doivent se poursuivre, en télétravail quand c’est possible, mais aussi en présentiel quand ça ne l’est pas.

Par ailleurs, il indique que « se rendre à des formations, uniquement quand ce n’est pas possible à distance, un examen ou un concours » font partie des dérogations retenues par le Gouvernement et qui donnent lieu une autorisation de déplacement.

Pour chaque sortie, il est évidemment nécessaire de se munir d’une attestation, disponible sur le site du Gouvernement et via l’application mobile Tous AntiCovid.


29 octobre : Jean Castex annonce le maintien des travaux pratiques à l’université

Jean Castex devant l’Assemblée Nationale
Jean Castex devant l’Assemblée Nationale - © D.R.

Au lendemain de l’annonce d’un second confinement par Emmanuel Macron, le Premier ministre s’exprime devant l’Assemblée nationale.

« Tous les cours magistraux et les TD se feront à distance, seuls les TP pourront, dans des conditions spécifiques, être maintenus dans les établissements d’enseignement supérieur », déclare Jean Castex. Des propos rapportés par News Tank HER [abonnés].

« Dans l’administration publique, tous les agents dont les missions peuvent être partiellement ou totalement exercées à distance télétravailleront cinq jours sur cinq. Pour ceux pour qui le télétravail n’est pas possible, des attestations dérogatoires seront disponibles », déclare par ailleurs le Premier ministre.


29 octobre : Université de Rouen, Sorbonne Université… premières réactions des établissements

L’Université de Rouen suspend deux jours de cours pour permettre aux enseignants de se préparer
L’Université de Rouen suspend deux jours de cours pour permettre aux enseignants de se préparer - © Université de Rouen

« Pour permettre la continuité pédagogique, les services de l’université poursuivent leur travail avec les directeurs et directrices de composante et les enseignants », réagit l’Université de Rouen Normandie, parmi les premiers établissements à présenter sa stratégie, le 29/10/2020.

Elle donne ses premières indications « en attendant les précisions du Mesri ».

Par souci d’organisation, elle annonce que « les enseignements du 02 et 03/11 seront suspendus afin de permettre aux équipes pédagogiques et techniques d’élaborer les nouvelles modalités d’enseignement » bien que « l’université n’est pas fermée ».

Dépassant les exigences de l’État, certains établissements annoncent la fermeture totale de leurs campus.

C’est le cas de Sorbonne Université qui indique « l’interdiction d’accès pour tous les sites et locaux sans exception, y compris les bibliothèques », à partir du 30 octobre.

L’Ensa Nantes annonce elle aussi fermer ses portes le 29 octobre au soir « pour une durée indéterminée ».


28 octobre : le Président annonce un deuxième confinement et des cours en visioconférence

 Emmanuel Macron lors de son allocution
Emmanuel Macron lors de son allocution - © Élysée

Alors qu’universités et grandes écoles ont plaidé pour maintenir une partie de leurs activités en présentiel (voir News Tank [abonnés]), le Président de la République, Emmanuel Macron annonce le mercredi 28 octobre 2020, un reconfinement, à compter du vendredi 30 octobre.

« Les crèches, les écoles, les collèges et les lycées demeureront donc ouverts avec des protocoles sanitaires renforcés, les facultés et établissements d’enseignement supérieur assureront à l’inverse des cours en ligne. Partout où c’est possible, le télétravail sera à nouveau généralisé, mais, et c’est une seconde différence avec le printemps, l’activité continuera avec plus d’intensité », annonce le chef de l'État lors de son allocution télévisée.

On comprend ainsi que les universités pourront rester ouvertes, mais que les cours passeront en distanciel. Concernant le personnel, le télétravail redevient la priorité.

Des précisions à venir et des contraintes susceptibles d'être allégées tous les 15 jours

« Dès demain, un débat suivi d’un vote se tiendra au Parlement (…) et le Gouvernement détaillera toutes ces mesures », ajoute le Président.

« Tous les 15 jours, nous ferons le point sur l’évolution de l’épidémie, nous déciderons le cas échéant de mesures complémentaires. Et nous évaluerons alors si nous pouvons alléger certaines contraintes », précise-t-il.

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