Numérique

[Replay] Comment développer l’engagement étudiant grâce au numérique ?

Par Isabelle Cormaty | le | Pédagogie

« Expérience étudiante et digital : comment développer l’engagement ? » Pour répondre à cette question, Campus Matin et son partenaire Symplicity ont réuni quatre experts lors d’un webinaire organisé le 14 juin dernier. En voici les points saillants.

Comment augmenter l’engagement des étudiants grâce au numérique ? Comment mieux mobiliser les étudiants et inclure de nouvelles pratiques mises en place à l'étranger ? En quoi l’expérience étudiante est-elle différente en France par rapport au reste du monde ? Autant de questions abordées dans ce webinaire organisé le 14 juin  dernier par Campus Matin et son partenaire Symplicity. Cette société qui travaille avec plus de 2000 établissements à travers le monde fournit des solutions dédiées à l’éducation et à l’expérience étudiante.

Le numérique oui… mais avec des limites

“La Covid a été un formidable accélérateur de la dématérialisation des apprentissages et a permis de nombreuses expérimentations, rappelle pour commencer David Lechermeier, directeur de la transformation pédagogique du groupe Omnes Education. Mais il a pu aussi mettre en difficulté des étudiants qui ont été traumatisés par l’émiettement de leur expérience étudiante. Il y a eu en quelque sorte un backlash.” En clair, un retour en arrière après un excès de distanciel.

La valeur ajoutée des services numériques 

“La question de l’engagement des étudiants est clé en termes de motivation, de gratification, de performance. C’est un sujet à prendre de façon globale en ayant à l’esprit que la technologie n’est qu’une partie de l’équation, mais qui peut effectivement être un facteur d’enrichissement de l’expérience étudiante”, complète David Lechermeier.  

 Sébastien Dhérienes a fondé l'école Hexagone. - © D.R.
Sébastien Dhérienes a fondé l'école Hexagone. - © D.R.

Toutefois, les établissements du supérieur choisissent quels sont les services en ligne qu’ils mettent à disposition. “Il est possible de réfléchir à l’expérience étudiante par le numérique, sans pour autant tout numériser. Nous allons privilégier le numérique quand il a une valeur ajoutée pour les étudiants. Notre cœur de métier reste la formation, c’est-à-dire l’humain et les relations sociales avant tout. Nous avons conservé volontairement les enseignements en présentiel”, explique Sébastien Dhérienes, le fondateur de l’école Hexagone.  

Il cite l’exemple de services réalisables entièrement à distance et attendus par les étudiants pour plus de simplicité, comme l’inscription ou la création d’une convention de stage. “Cela leur évite de faire la queue au service scolarité, d’être contraints par les horaires de bureau ou d’imprimer des documents…”, énumère-t-il. De plus, les plateformes en ligne assurent via un tiers de confiance une garantie juridique équivalente pour des documents en ligne ou papier.

La technologie, un moyen et non une fin en soi 

Le vice-president recherche stratégie internationale de Symplicity, Khaled Chebat abonde : “Le but n’est pas d’utiliser l’outil technologique pour utiliser la technologie, mais plutôt d’utiliser le numérique comme un élément facilitateur pour procurer un service de meilleure qualité aux étudiants.” 

David Lechermeier travaille à Omnes Education depuis 2021. - © D.R.
David Lechermeier travaille à Omnes Education depuis 2021. - © D.R.

Dans la même veine, le directeur de la transformation pédagogique du groupe Omnes Education évoque la logique de service à offrir aux apprenants, sur le même modèle que le parcours ou l’expérience client.

“Les solutions numériques ne sont pas suffisamment abordées comme un nouvel espace qui permet de créer du lien, donner du sens à des services fragmentés ou nécessitant des dispositions cognitives différentes.”  

Penser les plateformes en fonction des étudiants

Pas d’engagement des étudiants sans engagement des enseignants

Les plateformes et services numériques sont pensés en fonction des apprenants, conçus pour être utilisables sur ordinateur, tablette et smartphone. Ils requièrent aussi l’engagement des enseignants. « En formation initiale dans l’enseignement supérieur, il ne peut pas y avoir de cercle vertueux sur l’engagement étudiant sans l’engagement des enseignants qui sont souvent à l’initiative de beaucoup de choses pertinentes », rappelle David Lechermeier. 

De même, Khaled Chebat invite à réfléchir à la capacité d’absorption des établissements avant de proposer un nouveau service en ligne aux étudiants. 

« Le focus sur l'étudiant est primordial, mais tout service utile aux étudiants nécessite la mobilisation d’autres acteurs. Que ce soit le corps professoral, l'équipe technique ou administrative de l'école », précise-t-il.

Prendre en compte les équipements différents des étudiants

Les outils numériques proposés aux étudiants tiennent compte des différences de matériel informatique entre les étudiants. « Les plateformes sont généralement conçues sur des applications web peu gourmandes en RAM. Pas besoin d’un ordinateur super puissant ou d’un smartphone dernière génération pour accéder aux services numériques des établissements d’enseignement supérieur », rassure le fondateur de l’école Hexagone.

La situation vue de l’autre côté de l’Atlantique

Intervenant de ce webinaire, Bill Heinrich, directeur projet IT d'Orbis, apporte son éclairage sur l’engagement étudiant aux Etat-Unis et au Canada dans un contexte post-pandémie. L’entreprise canadienne accompagne les établissements du supérieur nord-américains dans la mise en place de leurs solutions ou stratégies numériques.

Bill Heinrich est directeur projet IT d’Orbis. - © D.R.
Bill Heinrich est directeur projet IT d’Orbis. - © D.R.

« Nous vivons une période de changements très rapides dans l’enseignement supérieur nord-américain à la suite de la pandémie. La technologie transforme l’apprentissage », souligne-t-il.

« L’engagement des étudiants commence par la création d’une appartenance et d’un lien avec les communautés de l'établissement. De nombreux programmes axés sur l’intégration des étudiants dans les établissements existent », constate Bill Heinrich.

Bill Heinrich a aussi remarqué le développement des services insertion et carrière dans les établissements du supérieur, principalement au Canada. « Il y a des cursus avec plusieurs stages pour faciliter les connexions entre l'école et le monde du travail pour aider les étudiants à se familiariser aux entreprises. Nous voyons aussi de plus en plus de programmes de formation en ligne. La reconnaissance de ces diplômes commence tout juste », signale-t-il.

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