Audiovisuel dans l’enseignement supérieur : quels usages en 2026 ?

Le dernier webinaire de Campus Matin portait sur les usages pédagogiques de la vidéo au sein des universités et des grandes écoles. À l’aide d’experts et d’usagers, tour de piste des bonnes pratiques. Un webinaire réalisé en partenariat avec UbiCast.

Cycle : Campus Matin

Le dernier webinaire de Campus Matin, intitulé « La vidéo pédagogique dans l’enseignement supérieur : quelles tendances en 2026 ? », a permis d’évoquer les grandes évolutions concrètes et techniques. En 2026, il semble en effet qu’un cap ait été franchi en matière d’usages et que les nouveaux outils soient désormais bien intégrés dans le cadre académique.

Ce rendez-vous a également constitué une occasion de faire le point sur les bonnes pratiques dans les universités et les grandes écoles, mais aussi d’aller plus finement dans l’analyse en évoquant les formats audiovisuels les plus sollicités, ou encore la manière dont l’IA va transformer la production et la diffusion de ces contenus.

La 5e édition de l’enquête UbiCast, qui a interrogé près de la moitié des universités et grandes écoles publiques françaises pour dresser l’état des lieux de leurs pratiques audiovisuelles, a fait l’objet d’un focus particulier. Les intervenants de cette conférence en ligne étaient :

  • Emmanuelle Houet, directrice du PILab, le laboratoire d’innovation pédagogique de l’Edhec ;
  • Jean-François Caulier, trésorier de l’association VP-NUM et enseignant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ;
  • Matthieu Le Crosnier, ingénieur pédagogique et chef de projet valorisation/expérimentation au service d’appui à la pédagogie de l’Université de Caen Normandie ;
  • Jean-Marie Cognet, cofondateur et CEO d’UbiCast, partenaire, était à leurs côtés.

Plus grande maturité

Jean-Marie Cognet a présenté l’enquête réalisée tous les deux ans par UbiCast sur les usages de la vidéo pédagogique dans les 137 EPSCP, établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel. Premier enseignement : on ressent une plus grande maturité dans les usages vis-à-vis des projets pédagogiques numériques.

« En raison du Covid, nous avons avancé à marche forcée, suivie d’un certain rejet. Mais actuellement, on reprend volontiers la main sur des projets mieux maîtrisés, forts de l’expérience acquise. Les premiers usages concernent les tutos, les capsules pédagogiques courtes et l’enregistrement des cours magistraux. Mais on sent une montée en puissance des classes virtuelles, qui avaient quelque peu chuté, et un retour en grâce des MOOC, qui existent bel et bien encore. J’ajoute que les modalités hybrides d’enseignement, avec une partie des élèves en salle et d’autres à distance, montent aussi. »

Autre point marquant de l’enquête : les rendus de devoirs en vidéo. « Nous sommes clairement sur un plateau, avec même une légère baisse. Mais cela demeure important : c’est une réponse claire à la montée de l’IA. Face à la caméra de son smartphone, on ne peut pas tricher.  »

Sur les aspects « tech  », 100 % des répondants disposent désormais d’une plateforme privée : « Symbole d’une vraie professionnalisation dans les établissements. » 65 % d’entre eux se sont enfin lancés dans le podcast pédagogique, qui correspond bien aux usages de l’époque. Et, 92 % des répondants se servent de l’IA quotidiennement : synthèse, compte rendu, chatbot, production d’activités pédagogiques…

Nouveaux formats

Comment tout cela se transforme-t-il au sein d’une grande école de commerce comme l’EDHEC ? « Sur les enjeux d’inclusion, cela facilite l’accessibilité pour nos élèves. Grâce à l’IA, cela s’accélère, avec le sous-titrage ou la traduction simultanée  », commente de son côté Emmanuelle Houet.

« Sur le plan pédagogique, la vidéo permet de proposer de nouveaux formats, sachant que la lecture de 15 ou 20 pages pour découvrir une étude de cas n’est plus comprise par les élèves. Cela permet véritablement d’augmenter les contenus avec des quiz ou des tests à chaque étape d’un cours. Au final, tout cela renforce évidemment l’engagement, et c’est très positif  », ajoute-t-elle.

Usages flexibles

Et à l’université ? « Nous sommes tous armés sur le plan technique depuis la crise Covid. Cette acquisition de compétences nous a permis de revenir aux fondamentaux et de nous centrer sur les besoins de la nouvelle génération hyperconnectée. Les usages flexibles sont en cohérence avec les technologies récentes, qui facilitent un apprentissage à tout moment  », analyse de son côté Jean-François Caulier.

L’Université de Caen Normandie, quant à elle, a misé sur la production de formats courts de qualité supérieure. « Nous avons lancé des formats de cinq à huit minutes. Et nous irons vers des formats plus courts à l’avenir. Nous pensons évidemment au micro learning, qui est une tendance forte. Pour cela, nous devons penser à l’ensemble de la scénarisation de l’enseignement  », précise Matthieu Le Crosnier. Et d’ajouter : « Au sein de notre université, nous avons renforcé le service avec de nouvelles compétences autour de la création : motion design, dessin, captation, montage, scénarisation, etc. »

À l’évidence, la technologie pousse vers d’autres pratiques et les témoignages convergent pour rappeler que la vidéo renforce d’abord l’engagement de toutes les parties prenantes, mais génère aussi une attention plus forte chez les apprenants. « Va-t-on vers une génération TikTok ? Certainement pas  », rassure, pour conclure, Jean-Marie Cognet. Il rappelle que, parmi les enjeux d’avenir, ont émergé dans la dernière enquête certes la pédagogie, mais également la transition écologique et l’inclusion grâce au numérique.

Pour consulter l’enquête UbiCast c’est ici.