Numérique

[Replay] Les compétences numériques, clefs pour l’employabilité des étudiants

Par Laura Makary | le | Pédagogie

Pour ceux qui se destinent au secteur du digital, mais aussi pour tous les autres, les compétences numériques font désormais partie du bagage requis pour être employable. Les établissements et organismes de formation, comme les entreprises, l’ont bien compris.

Campus Matin et son partenaire Microsoft ont réuni quatre experts à l’occasion d’un webinaire le 5 février dernier, lors de Think Education et Recherche 2021. Synthèse.

C’est un constat partagé : les jeunes professionnels formés au numérique manquent à l’appel. Et cela, quel que soit le niveau d’études.

”Malheureusement, il n’y a clairement pas assez de talents sur le marché de l’emploi. Tous nos clients et partenaires nous disent qu’ils manquent de développeurs, d’experts en cybersécurité, de compétences sur le cloud, les data…”, souligne Eneric Lopez, directeur IA de Microsoft France, à l’occasion de l’expert room  ”Compétences numériques et employabilité des étudiants : prêts pour 2030 ?”, organisée en partenariat avec Microsoft. Il juge justement dommage que la plupart des formations existantes se cantonnent à des niveaux bac+5.

Frédéric Bardeau est président et co-fondateur de Simplon. - © D.R.
Frédéric Bardeau est président et co-fondateur de Simplon. - © D.R.

Cette vision, Frédéric Bardeau, président et co-fondateur de Simplon, la partage évidemment. Avec son école, il souhaite former des jeunes avec un cursus plus court, professionnalisant et tourné vers les métiers du numérique.

”Il existe un manque de diversité dans les profils du secteur, notamment en termes de niveau. Il ne faut pas que des data scientists ou des PhD, mais aussi des techniciens, développeurs ! Sur l’IA par exemple, beaucoup de formations demeurent trop académiques en France. D’où notre volonté de monter des cursus avec des projets réels, afin que la marche entre la sortie de la formation et l’entrée en entreprise soit la plus petite possible”, déclare-t-il, jugeant que le numérique se révèle un secteur accueillant, valorisant la compétence. Et ce même en France, encore très attachée au diplôme.

Compétences de base

Merete Buljo est directrice expérience client & transformation digitale de BPCE EuroTitres - © D.R.
Merete Buljo est directrice expérience client & transformation digitale de BPCE EuroTitres - © D.R.

Au-delà des futurs professionnels de ces secteurs, chacun se devra de disposer de compétences numériques de base.

”Il faut séparer d’un côté les compétences digitales fondamentales, nécessaires à tous les citoyens au même titre que lire, écrire et compter, sachant que l’Etat et l’ensemble des opérateurs économiques dématérialisent de plus en plus de choses. Et de l’autre, les compétences plus techniques : coder, gérer de la donnée, protéger dans le cadre de la cyber-sécurité…”, confirme Frédéric Bardeau, de Simplon.

Sur ce point, Merete Buljo, directrice expérience client & transformation digitale de BPCE EuroTitres, va même plus loin : ”Savoir comment fonctionnent le code et les algorithmes, c’est aujourd’hui une question de culture générale, pour des jeunes gens éclairés et curieux”. Des connaissances a minima, qui seront importantes, explique-t-elle, puisque deux tiers des métiers de demain n’existent pas encore : ”Quel que soit le secteur, il faudra cocher la case tech”.

Toujours apprendre

Frédéric Meunier est directeur de l'école d’ingénieurs Efrei Paris. - © D.R.
Frédéric Meunier est directeur de l'école d’ingénieurs Efrei Paris. - © D.R.

Cette réflexion ne s’arrête pas aux portes de l’école. La formation tout au long de la vie sera essentielle pour que les jeunes diplômés ne se laissent pas dépasser demain.

”L’obsolescence de ce que l’on apprend à l’école est très rapide ! Il faut donc de l’appétence pour l’acquisition de nouvelles compétences et connaissances. Il existe aujourd’hui de nombreuses plateformes permettant de creuser des sujets parfois pointus. C’est fondamental pour tous les jeunes, quel que soit leur parcours, même s’ils ont arrêté l’école tôt. Ils peuvent toujours continuer à apprendre”, détaille Frédéric Meunier, directeur de l’Efrei Paris.

Cela peut passer par des tutoriels ou des Mooc, par exemple. Ces derniers ayant l’avantage d’offrir des certifications, parfois d’établissements prestigieux. D’ailleurs, la crise sanitaire et le passage au tout télétravail ne font que renforcer cette tendance.

”Cette période a bouleversé nos vies et créé une révolution des compétences numériques au sein des entreprises. Tous les salariés ont dû en développer, y compris ceux qui n’en avaient pas l’habitude”, conclut Merete Buljo.

La preuve que ces compétences, déjà importantes pour l’employabilité d’aujourd’hui, s’annoncent encore plus déterminantes demain.

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