Valoriser les compétences acquises hors cursus via des open badges
Lors d’un webinaire organisé par Campus Matin le 17 juin avec les acteurs du projet Pro3, le dispositif Open Badges a été présenté comme un outil de reconnaissance des compétences acquises hors cursus par les étudiants comme par les personnels. Explications et partage de bonnes pratiques.
Cycle : Campus Matin
Campus Matin a organisé un webinaire intitulé « Retour d’expérience sur la valorisation des compétences hors cursus par les open badges ». Cette rencontre s’inscrit dans une série organisée autour du projet Pro3, issu de l’appel à manifestations d’intérêt Démonstrateurs numériques de l’enseignement supérieur (Demoes).
Porté par les universités d’Orléans et de Tours, aux côtés de l’Insa et du Cnam, ce projet a bénéficié d’une aide de l’Agence nationale de la recherche au titre de France 2030 et de l’Union européenne. La subvention accordée par l’Etat s’élève à 6,25 millions d’euros, comme annoncé par Matignon en octobre 2021.
Au cœur des échanges figurait donc le dispositif Open Badges, conçu pour reconnaître un savoir-faire, un savoir-être, un engagement, un rôle, une contribution, une participation, une réalisation, un projet ou tout simplement un intérêt. « Certaines entreprises développent elles-mêmes un système de badges numériques pour formaliser leur politique de gestion des compétences et de formation interne », peut-on lire dans un rapport de 2025 sur les expériences de déploiement des open badges.
Apprentissages transverses
Reconnaitre des apprentissages transverses
L’objectif est de favoriser la professionnalisation des acteurs de l’enseignement supérieur par la reconnaissance de leurs apprentissages transverses et informels — apprentissages non certifiants ou diplômants — et le développement des open badges comme outils pédagogiques au sein des différents établissements. Les échanges ont également mis en lumière la manière dont s’organise un travail collaboratif entre plusieurs institutions d’enseignement supérieur, ainsi que le partage de bonnes pratiques pour la mise en place d’expérimentations.
Deux intervenants ont présenté le projet et ses applications : Camille Pertin, chargée de développement open badges pour l’Université de Tours, et Matthieu Exbrayat, vice-président transformation numérique et pédagogie innovante de l’Université d’Orléans, responsable Pro3.
Employabilité
« Open Badges a concerné tous les partenaires, avec une personne-ressource dans chaque institution. Pendant plus de trois ans, nous avons pu expérimenter ce dispositif en créant une collection, puis en la partageant avec les établissements. Cela a été suivi d’un important travail de documentation et d’une étude pour mesurer les dynamiques qui se sont créées. Maintenant, il est temps de déployer cette initiative au plus grand nombre », explique Camille Pertin.
Une personne ressource dans chaque institution
« L’idée est de récompenser des personnes qui ont fait des choses en plus de leurs études et de démontrer leur motivation. Une fois obtenu, un open badge peut être partagé et rendu visible sur les réseaux sociaux professionnels. Il constitue indéniablement un atout en termes d’employabilité. »
Les compétences identifiées sont évidemment complémentaires et indiquent clairement des qualités additionnelles chez les futurs diplômés. « Le principe reste toutefois de ne pas entrer en conflit avec les diplômes proposés dans les établissements », complète Matthieu Exbrayat.
Droit de regard sur les contenus
À noter : ces badges ont également été proposés aux personnels administratifs non enseignants, « afin de les mettre également en valeur ». Sont validés différents aspects de la vie étudiante, mais également des éléments plus techniques comme la sécurité numérique ou l’entrepreneuriat.
À ce sujet, un challenge a été organisé et, dans la mesure où les candidats produisent un certain nombre de documents, ils reçoivent un badge. Il en va de même pour les étudiants qui encadrent des jeunes en situation de handicap. « L’essentiel est d’avoir un droit de regard sur les contenus afin que l’institution puisse valider un parcours », ajoute Matthieu Exbrayat. Sont exclues du champ du dispositif les soft skills, souvent difficiles à évaluer, ainsi que les jobs d’été.
Cinq catégories de badges
En résumé, les badges peuvent être classés en cinq catégories : engagement étudiant, activité sportive, insertion/orientation professionnelle, participation à des événements et acquisition de compétences.
Cette diversité d’usages confirme, selon Camille Pertin, l’intérêt croissant pour le dispositif. « Même si tous les étudiants n’ont pas nécessairement connaissance de l’existence de ces certifications, lorsqu’ils découvrent ce nouveau dispositif, ils s’engagent volontiers. C’est un bon indicateur de l’intérêt d’une initiative comme la nôtre. »