Virtual desktop infrastructure (VDI) : un nouveau service pour les étudiants et les équipes
Comment offrir aux étudiants et au personnel un environnement de travail numérique complet, accessible depuis n’importe quel appareil et à distance, sans multiplier les salles informatiques coûteuses ? C’est le pari du VDI (Virtual Desktop Infrastructure). Retour sur l’expérimentation de cette solution depuis quatre ans dans le cadre du projet Pro3, au cœur du quatrième et dernier webinaire organisé par Pro3 avec Campus Matin le 3 juillet 2026.
Le VDI, qui permet l’accès virtuel à différentes solutions depuis son ordinateur, est l’un des chantiers du projet Pro3 (Pour un numérique dans l’enseignement supérieur plus proche, propre et professionnalisant), issu de l’appel à manifestation d’intérêt DemoES. Porté par les universités d’Orléans et de Tours, aux côtés de l’Insa et du Cnam, ce projet a bénéficié d’une aide de l’Agence nationale de la recherche au titre de France 2030 et de l’Union européenne.
Pourquoi dépasser les salles informatiques physiques ?
Aujourd’hui le recours aux seules salles informatiques « physiques » présente de nombreux désavantages, comme l’inégalité des étudiants face au travail à distance, l’inaccessibilité des logiciels sous licence, la contrainte d’occupation des salles et la sous-optimalité de leur utilisation, ou encore le besoin en ressources humaines pour le maintien en conditions opérationnelles. Pour répondre à ces problématiques, Pro3 a donc expérimenté une architecture virtualisée.
Tous les utilisateurs identifiés peuvent se connecter, depuis n’importe quelle machine, au serveur d’un établissement et retrouver immédiatement un environnement prédéfini, du type ordinateur de salle informatique.
Un projet de longue haleine
« L’idée est de se connecter de manière assez simple et de travailler en autonomie, tout en travaillant sur la sobriété numérique. Notre initiative vise à évaluer les nouveaux usages. C’est un projet de longue haleine et une expérimentation qui s’est déroulée sur quatre années », commente Mathieu Exbrayat, VP numérique de l’Université d’Orléans.
L’équivalent d’une cinquantaine de postes de bureautique dans un data center
Aujourd’hui, le VDI recouvre plusieurs technologies. « Notre idée était de rassembler nos ordinateurs configurés pour l’enseignement et de les déposer sur un serveur puissant, qui regroupe l’équivalent d’une cinquantaine de postes de bureautique. Le tout étant protégé dans un data center. La couche de VDI permet de se connecter et d’utiliser les solutions disponibles », explique Sylvain Lesage, DSI de l’Insa.
« L’intérêt est donc de travailler depuis n’importe quel lieu avec une puissance optimisée, puisqu’elle est hébergée dans le data center. Un ordinateur basique suffit ainsi à travailler sur les outils les plus performants et à disposer d’une grande puissance de calcul. »
Des salles « clients légers »
Cet accès à distance aux logiciels sous licence a notamment permis de tester des usages pédagogiques avec les ordinateurs personnels des étudiants, et ainsi de créer des salles « clients légers », où les étudiants sont obligés de se connecter au VDI pour réaliser leurs TP.
Une vraie robustesse technique
« Cela nous a demandé une certaine organisation, notamment pour s’assurer que tous les étudiants soient équipés, ce qui exige de mettre en place des prêts ponctuels de matériel. L’approche client léger permet de ne pas renouveler les machines, généralement remplacées tous les cinq ans. Au final, utiliser la virtualisation durant les temps pédagogiques exige une vraie robustesse technique, et donc une infrastructure solide et, par conséquent, coûteuse. Dernier point : l’accès à distance a été très bien adopté. Les usages en dehors des heures de cours sont très satisfaisants », analyse de son côté Julien Olivier, directeur numérique de l’Insa.
L’ensemble de la démarche a été pris très en amont, selon Alexandre Demange de l’agence STELR pour l’étude et la phase de construction, afin de répondre aux besoins fonctionnels de tous les établissements, « sur la base de technologies simples, pouvant répondre à des cas d’usage complexes. L’idée étant de mettre à disposition des étudiants des applications non maîtrisées, qu’il s’agisse de puissance ou de connectivité, dans un environnement sécurisé. Et bien entendu, en veillant aux coûts, sachant que le modèle financier des établissements est différent ».