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Comment l’Université de Caen Normandie forme les nouveaux maîtres de conférence

Par Marc Guiraud | le | Actualité

Une formation à la pédagogie est obligatoire pour les maîtres de conférence nouvellement nommés, depuis la rentrée 2018. A l’Université de Caen Normandie, 196 enseignants-chercheurs et autres personnels ont déjà participé à la formation.

Actuellement qualifiante, la formation « devrait être diplômante à l’horizon 2021, pour assurer une véritable reconnaissance du métier d’enseignant-chercheur », indique l’université.

Comment l’Université de Caen Normandie forme les nouveaux maîtres de conférence
Comment l’Université de Caen Normandie forme les nouveaux maîtres de conférence

Enssup (Enseigner dans le supérieur), à l’Université de Caen Normandie, c’est :

« Le dispositif est ouvert à toute personne assurant des actions de formation : enseignant-chercheur, chargé de TD, vacataire, lecteur, personnel Biatss », déclare Jérôme Legrix-Pagès, responsable du dispositif Enssup.

Une formation avec 34 modules

L’offre de formation de 34 modules s’appuie sur les six compétences propres au métier d’enseignant-chercheur, définies par le référentiel métier :

  • 1) agir de manière éthique et responsable en contexte universitaire ;
  • 2) concevoir des enseignements qui favorisent l’apprentissage de chacun ;
  • 3) encadrer les activités d’apprentissage ;
  • 4) évaluer les acquis d’apprentissage ;
  • 5) médiatiser des contenus pédagogiques scénarisés ;
  • 6) adopter une posture réflexive.

Chaque module de formation comprend :

  • trois heures de cours en présentiel,
  • cinq heures à distance sous la forme de conseils de lecture et de vidéos offrant du contenu théorique.

Les maîtres de conférences suivent généralement dix modules de formation durant leur première année et bénéficient d’un accompagnement individualisé. 

« Au cœur du métier d’enseignant-chercheur, il y a la conception des enseignements, l’animation des cours et l’évaluation. Ce dispositif aborde une pluralité d’approches et d’outils pédagogiques disponibles pour planifier des séquences d’apprentissage, pour impliquer les apprenants ou encore favoriser les interactions.

Plus largement, il apporte également des repères sur des questions telles que le plagiat, la propriété intellectuelle et la protection des données.

Il s’agit enfin d’inviter les enseignants à adopter une attitude critique et distanciée sur leurs pratiques pour identifier ce qui fait leurs forces et pour valoriser leurs compétences. »

Isabelle Duchatelle et Pierre Beust
Isabelle Duchatelle et Pierre Beust - © D.R.

Autres dispositifs

  • Les « midi pédago » autour d’une thématique définie : 115 personnes y ont participé sur l’année.
  • Des ateliers organisés par les ingénieurs pédagogiques du Cemu (Centre d’enseignement multimédia universitaire), sur des thèmes, à la demande des enseignants (« comment organiser des tests de positionnement », par exemple)
  • Un accompagnement par le Mooc « se former pour enseigner dans le supérieur ».

Le Cemu (Centre d’enseignement multimédia universitaire)

L’université de Caen Normandie s’est dotée du Cemu (Centre d’enseignement multimédia universitaire), un service commun qui accompagne les enseignants-chercheurs à la transformation pédagogique.

« Il comprend une trentaine de personnes, ce qui est assez considérable », indique Pierre Beust, vice-président délégué en charge des transformations pédagogiques.

Appel à projets annuel : « transformation pédagogique ».

« Nous proposons de présenter leur projet en deux paragraphes. Avec à la clé un forfait de 15 à 30 heures complémentaires. Il s’agit de montrer que la progression de carrière peut aussi se faire par l’enseignement et pas juste par la recherche », indique Pierre Beust.

La mise en place en 2020 des congés pour ressourcement pédagogique, équivalent des CRCT en recherche, poursuit le même objectif.

Favoriser l'échange et la diffusion

Les deux VP citent aussi les Journées pédagogiques normandes, organisées chaque année avec les universités de Rouen et le Havre. « C’est un événement qui s’est bien positionné dans le paysage régional, mais aussi national. En 2019, nous avons eu 267 participants. »

Et quand des enseignants-chercheurs veulent documenter une pratique pédagogique pour la présenter lors d’un événement national, comme les Jipes, c’est l’université qui finance le déplacement.

Les prochains chantiers

La reconnaissance

“Les universités sont habituées à de la reconnaissance formelle dans les diplômes, les certifications, etc., mais moins pour les soft skills alors que c’est important. On essaie d’étendre cela, en s’appuyant notamment sur les open badges, qu’on peut délivrer sur des compétences formelles ou informelles (savoir-être, engagement étudiant au sens large, etc.). Et on voit que cela aide l'étudiant dans son parcours de réussite”, dit Isabelle Duchatelle.

Arrêter de distinguer formation initiale et formation continue

"Je pense qu’on fera de grands progrès quand on arrêtera de distinguer formation initiale et formation continue, et qu’on partira du principe que tout le monde est apprenant”, dit Pierre Beust.

“Notre société est percutée par de nombreuses transitions, et les personnes ont besoin de sécurisation de parcours, de repositionnement, de valorisation des compétences. Or, si ce ne sont pas les universités qui les apportent, qui va le faire ? J’aime beaucoup dire que lorsqu’on est diplômé, on ne sort pas de l’université, on s’apprête à y revenir… Et on le fera d’autant plus si les apprenants ont un souvenir d’une université bienveillante, et des amphithéâtres ouverts aux pédagogies actives.”

Enssup s’inscrit dans le référentiel « Repères pour l’exercice du métier d’enseignant-chercheur » publié en juin 2019 par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

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