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Enseignants-chercheurs : un boom des départs attendu jusqu’en 2028

Par Isabelle Cormaty | le | Personnels et statuts

Sur la période 2020-2028, les départs à la retraite et autres départs définitifs d’enseignants-chercheurs titulaires devraient augmenter de 67 %. Démographie, réformes du système des retraites et des promotions, Campus Matin Matin vous décrypte cette projection.

Les départs définitifs d’E-C titulaires devraient croître de 119 % en sciences jusqu’en 2028. - © CPU - Université Bretagne Sud
Les départs définitifs d’E-C titulaires devraient croître de 119 % en sciences jusqu’en 2028. - © CPU - Université Bretagne Sud

Les départs d’E-C en hausse de 67 % jusqu’en 2028

Après une baisse continue entre 2010 et 2020, les départs définitifs d’enseignants-chercheurs (E-C) titulaires devraient croître de 67 % jusqu’en 2028. Pour rappel, la France comptait 55 540 enseignants-chercheurs titulaires en 2019.

La source : qui a produit ces statistiques ? 

Ces données proviennent du Sies, le service des études statistiques du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Publiée le 8 juillet 2021, la note flash se consacre aux projections jusqu’en 2028 de départs définitifs d’enseignants-chercheurs titulaires des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel. Ces départs définitifs regroupent à la fois les départs à la retraite et les autres départs comme les reconversions.

« La modélisation des départs en retraite après l'âge d’ouverture des droits prend en compte plusieurs facteurs : l’atteinte de l’âge limite, de la dérogation de 3 ans après l’âge limite, le lieu de travail, la nationalité, la discipline et le corps. […] Les projections, élaborées en juin 2021, ne préjugent pas d’une nouvelle réforme des retraites », précise le Sies.

Des départs définitifs particulièrement marqués en sciences

Les départs définitifs d’enseignants-chercheurs titulaires seront particulièrement importants dans les disciplines scientifiques, comme l’explique le Sies. Si « les départs annuels d’E-C en sciences ont diminué de moitié entre 2010 et 2020, atteignant un niveau très bas (400), ils remonteraient aussi rapidement, jusqu’à 870 en 2028, en hausse de 119 % en 8 ans. »

Dans les autres disciplines, les départs d’enseignants-chercheurs vont aussi augmenter sur la même période, mais moins vite. Les hausses devraient ainsi s'établir à :

  • 63 % en droit ;
  • 51 % en sciences économiques et administration économique et sociale ;
  • 49 % en lettres et sciences humaines.

Comment expliquer cette augmentation des départs à la retraite ?

La démographie et les réformes

Sur la décennie passée (2010-2020), les départs définitifs d’enseignants-chercheurs « ont baissé de 34 %, passant de 1 810 à 1 190 » par an, en raison de la démographie et du recul de l'âge moyen de départ effectif en retraite. Ce dernier est passé de 64,3 ans en 2010 à 65,9 ans en 2020.

« Les départs des E-C devraient remonter tendanciellement à partir de 2021, pour atteindre 1 980 en 2028. Cette hausse de 67 %, comparable à celle de l’effectif des E-C de 62 ans et plus (+66 %), tient vraisemblablement à l’histoire des recrutements dans les années 1980 », avance le Sies pour expliquer cette hausse.

Le repyramidage des enseignants-chercheurs en lien avec la LPR

Par ailleurs, la Loi de programmation de la recherche 2021-2030 (LPR) et le repyramidage qui en découle, expliquent également cette hausse des départs à la retraite. En moyenne, 600 maîtres de conférences (MCF) sont promus professeurs des universités (PR) via le concours unique tous les ans.

« Entre 2022 et 2025 et selon une disposition transitoire, il est prévu que 2 000 MCF supplémentaires soient promus PR en interne. Notamment, 800 MCF seront promus dès 2022 : les plus âgés d’entre eux reporteront alors leur départ des six mois nécessaires pour retirer tout l’avantage de leur promotion comme PR », analyse le Sies qui prévoit une baisse des départs jusqu’en 2022 puis une hausse continue.

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