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Salaire, écarts privé-public, ancienneté : comment sont payés les communicants du sup'

Par Marine Dessaux | le | Personnels et statuts

Combien sont payés les personnels en charge de la communication dans l’enseignement supérieur ? Selon la typologie d'établissement, l’ancienneté, le niveau de formation ou encore la prise de responsabilité, les salaires diffèrent. La tendance est à la hausse légère et la création de nouvelles grandes universités, participe à faire bouger les choses.

La majorité des communicants a un salaire annuel net situé entre 26 000€ et 50 000€ - © PxHere/Mohamed Hassan
La majorité des communicants a un salaire annuel net situé entre 26 000€ et 50 000€ - © PxHere/Mohamed Hassan

Un salaire moyen qui évolue selon l’ancienneté

À l’occasion de son Observatoire des métiers de la communication dans l’enseignement supérieur publié en octobre 2021, l’Association des responsables de la communication de l’enseignement supérieur (Arces) s’est penchée sur la rémunération de ses membres. Les 176 répondants ont renseigné leur salaire annuel, primes incluses, en net afin de gommer les différences entre le public et le privé.

On apprend que la majorité des communicants (56 %) a un salaire annuel net situé entre 26000 € et 50000 € (soit environ 2167 € et 4167 € mensuels, primes et treizième mois inclus). Et que les plus petits salaires, inférieurs à 26000 €, concernent 27 % des répondants. 18 % d’entre eux ont un salaire supérieur à 50000 €.

Anne-Marie Patard est directrice de la communication du Pôle Léonard de Vinci. - © D.R.
Anne-Marie Patard est directrice de la communication du Pôle Léonard de Vinci. - © D.R.

« La tendance est positive : les hauts salaires sont en hausse, les salaires intermédiaires sont stables et les petits salaires sont en légère hausse du fait d’embauches récentes (jusqu’à deux ans d’ancienneté). On note également de très hauts salaires, de plus de 80000 €, qui représentent 4 % des répondants contre 1 % en 2015 », précise Anne-Marie Patard, responsable de l’observatoire Arces et directrice de la communication du Pôle Léonard de Vinci.

L’ancienneté comme facteur d’évolution salariale

L’ancienneté est clé pour expliquer les différences de salaire. La bascule de la plus petite fourchette aux fourchettes supérieures se fait à partir de la sixième année dans le poste.

Ainsi, jusqu’à cinq ans d’ancienneté, le salaire moyen observé est inférieur à 25000 €. À l’inverse, 92 % des répondants ayant plus de 15 ans d’ancienneté ont un salaire supérieur à 26000 € (dont 31 % supérieur à 50000 €).

« Bien que les profils d’établissements diffèrent, l’expérience, chez les personnes de plus de 15 ans d’ancienneté, permet au plus grand nombre d’être dans les fourchettes salariales supérieures », précise Anne-Marie Patard.

Niveau de diplôme et prises de responsabilités

Les salaires sont également alignés sur le niveau de diplôme et le niveau de responsabilité :

  • Plus le niveau de diplôme est élevé, plus le salaire est important. Ainsi 74 % des bac+5 ont un salaire supérieur à 26000 €, dont un tiers supérieur à 50000 €.
  • Les directeurs et responsables sont une majorité (85 %) à gagner plus de 26000 €, dont 33 % plus de 50000 €. Alors que 96 % des non-dirigeants touchent moins de 50000 €, dont 38 % moins de 25000 €.

Filtre supplémentaire : « Il existe une différence entre Paris et la région. Les salaires sont un peu plus élevés à Paris et en région parisienne. Les salaires à plus de 50000 € sont majoritairement basés à Paris où se trouvent les sièges des écoles notamment », ajoute Anne-Marie Patard.

Écarts public-privé

Reflet des différences de budget dans la communication entre public et privé, soulevées par l’observatoire Arces, les rémunérations diffèrent selon le type d’établissement. « Les écoles d’ingénieurs publiques paient mieux que les universités, puis ce sont les écoles d’ingénieurs privées et enfin les grandes écoles de commerce », énumère Anne-Marie Patard.

En effet, 47 % des répondants du privé gagnent plus de 50000 € contre seulement 9 % dans le public. Les écoles de commerce se démarquent avec 80 % de leurs employés en communication ayant des salaires supérieurs à 50000 €.

Le service public est soumis à des grilles de rémunération beaucoup plus contraintes

« Dans les écoles privées, il y a une dimension plus “marketing“ parce que les enjeux sont ceux du recrutement d’étudiants qui existent moins dans le public. Cette différence explique en partie des différences de salaire, mais ce n’est pas la seule explication. En effet, le service public est soumis à des grilles de rémunération beaucoup plus contraintes par des grades, des échelons, le niveau de diplôme et l’ancienneté », estime la communicante.

La directrice de la communication souligne également un fonctionnement inhérent au public : « Dans le public, les salaires sont indexés à une grille fixe, il y a moins d’espace pour la négociation. Néanmoins, la rémunération est un package : il faut également prendre en compte le nombre de jours congés, la possibilité de télétravailler, les horaires, etc. »

Fusion des universités : un périmètre plus large, un salaire plus élevé

Bien que les salaires les plus élevés puissent être observés dans le privé, les choses évoluent dans le public, notamment avec les fusions d’universités. « Dans ces nouveaux grands établissements, on recense des salaires assez proches du privé. Les fonctions de la communication sont élargies », indique la responsable de l’observatoire Arces.

Les contractuels dépendent beaucoup des changements de gouvernance

Elle souligne également des différences entre fonctionnaires et contractuels. « Ces derniers sont mieux payés. En revanche, ils n’ont qu’un contrat à durée déterminée et dépendent beaucoup des changements de gouvernance. On observe, ces dernières années qu’en fonction des évolutions des équipes dirigeantes, les contrats ne sont pas toujours renouvelés. »

Finalement, la fonction se rapproche de la réalité et du profil des collectivités territoriales avec des affinités selon les présidences, des interactions avec un directeur de cabinet…

« On observe une nouvelle génération de dircoms dans les universités qui viennent des collectivités territoriales, rapporte Anne-Marie Patard. En outre, on assiste à une montée en puissance des communicants dans les comités de direction (65 % vs 56 % en 2019). L’évolution des salaires reflète la dimension politique de certains postes. »

Les profils des répondants

Des chiffres représentatifs ?

Parmi les répondants :

  • La fonction publique est largement représentée avec 72 % de répondants affiliés au secteur public, contre 26 % pour le secteur privé.
  • La majorité des répondants (51 %) a plus de 6 ans d’ancienneté à leur poste actuel, dont 23 % ont plus de 11 ans.
  • La moyenne d’âge est de 44 ans.

Les données recueillies sont « représentatives des membres de l’association », selon Anne-Marie Patard. « Le panel est assez varié, mais nous avons peut-être moins d’écoles de commerce ayant répondu. »

Des écarts de salaire homme-femme ?

Alors que la fonction est très féminine - on compte 82 % de femmes parmi les membres de l’Arces - l’écart de salaire homme-femme n’est pas recensé par l’enquête. « En particulier du fait des grilles fixes dans le public et parce que la fonction est fortement féminine, il n’y a, a priori, pas de différence liée au genre. »

Colloque de l’Arces les 2 et 3 juin

« Communication responsable dans le sup’, et s’il était temps ? », tel est le thème du prochain colloque de l’Arces organisé les 2 et 3 juin à La Rochelle.

Ce 19e colloque annuel, dont Campus Matin sera partenaire, portera sur les enjeux de responsabilité sociétale des entreprises, développement durable et impact social positif. Il répondra à la question : « Comment être des acteurs de la transition écologique et sociétale, en faire une force pour nos établissements, une stratégie de communication et de développement, un levier de transformation ? ».

Programme à venir.

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