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Quelles sont les tendances edtechs à suivre ?

Par Isabelle Cormaty | Le | Edtechs

L’intelligence artificielle, l’immersif et les solutions communautaires : ces tendances ont marqué l’année 2022. La Banque des Territoires et EdTech France leur ont consacré une rencontre, le 12 janvier. L’occasion pour les entreprises de se rencontrer et d’évoquer les défis à relever pour les edtechs !

La Banque des Territoires et EdTech France ont organisé un événement le 12 janvier sur l’immersif. - © Pixabay
La Banque des Territoires et EdTech France ont organisé un événement le 12 janvier sur l’immersif. - © Pixabay

Quelles seront les tendances edtechs qui vont marquer 2023 ? Plusieurs ont été évoquées lors d’un événement organisé dans les locaux de Raise par la Banque des Territoires et EdTech France le 12 janvier : l’IA, l’immersif, l’edutainment et les solutions collaboratives.

1. L’immersif

C’est l’une des tendances technologiques qui a marqué le salon Educatech à l’automne dernier, l’immersif et ses dérivés comme le métavers n’ont pas fini de faire parler d’eux en 2023 ! Créée en 2011, l’entreprise toulousaine Mimbus utilise par exemple la réalité virtuelle (VR) pour concevoir des formations aux métiers manuels dans des secteurs en tension variés comme le bâtiment, l’automobile, l’aéronautique, l’agroalimentaire ou encore l’industrie.

Laurent Da Dalto a fondé la société Mimbus en 2011. - © D.R.
Laurent Da Dalto a fondé la société Mimbus en 2011. - © D.R.

La société edtech a été désignée en décembre dernier dauphine de l’édition française 2022 des Global edtech start-up awards. Grand témoin de l’événement organisé par la Banque des Territoires et EdTech France, son fondateur, Laurent Da Dalto, explique toutes les potentialités offertes par l’immersif dans la formation. « Dans certains pays, il est possible d’obtenir l’habilitation électrique après une formation en réalité virtuelle. Nous sommes en cours d’habilitation par le ministère du travail en France. Nous proposons aussi une formation de peintre automobile, dont 80 % de la formation peut se faire en VR », explique-t-il.

Outre son coût réduit, l’utilisation de mondes immersifs dans l’apprentissage favoriserait aussi l’inclusion :

« Nous avons beaucoup travaillé avec des publics éloignés de la formation comme les apprentis d’Auteuil ou l’association Otéma, spécialisée sur l’autisme. Nous avons obtenu de très bons résultats, car ces personnes se reconnaissent dans l’univers immersif, cela leur permet de retrouver le chemin de l’apprentissage », illustre l’entrepreneur.

Les freins à l’adoption de l’immersif

Laurent Da Dalto cite deux freins principaux à l’acceptation et au développement de l’immersif dans l’éducation et la formation professionnelle. « Il faut un casque et un professeur formé. Nous avons conçu un programme de formation qui délivre un certificat de formateur par la réalité virtuelle », détaille-t-il.

Implantée dans 70 pays différents, la société dispose de revendeurs et partenaires sur place capables à la fois de vendre sa solution et de former des équipes intéressées par l’utilisation de l’immersif dans la formation.

2. L’intelligence artificielle

Autre grand témoin de l’événement, le cofondateur de ProfessorBob.ai, François-Xavier Hussherr a lui illustré une autre tendance sous le feu des projecteurs ces dernières semaines : l’intelligence artificielle. Cette technologie est notamment utilisée par la société Open AI, qui développe l’outil ChatGPT, capable de répondre à une multitude de questions en quelques secondes.

Créée en 2019, la deeptech ProfessorBob.ai développe, elle, une intelligence artificielle capable d’enseigner, de poser des questions et de personnaliser les apprentissages en fonction du niveau des élèves.

« Quand vous avez une classe de 36 élèves, ce n’est pas possible de les suivre individuellement. L’IA peut le faire, identifier en temps réel les élèves en difficulté, et aider les profs sur des tâches à basse valeur ajoutée. Notre objectif est d’accompagner un million d’apprenants en difficulté en France d’ici à 2025 », insiste François-Xavier Hussherr.

Quels impacts de ces technologies sur l’apprentissage ?

« L’immersif et l’intelligence artificielle sont deux grosses promesses pour l’éducation et l’accès aux savoirs. Nous avons vu ces tendances émerger depuis plusieurs années dans plusieurs secteurs autres que la edtech. Mais dans quelle mesure peut-on mieux apprendre dans le métavers ? », se questionne Anne-Sophie Gervais, coresponsable de l’accélérateur philanthropique Raise Sherpas, hôte de l’événement organisé par la Banque des Territoires et l’association Edtech France.

3. Les solutions communautaires et l’edutainment

Noé Gersanois est coresponsable de l’accélérateur philanthropique Raise Sherpas. - © D.R.
Noé Gersanois est coresponsable de l’accélérateur philanthropique Raise Sherpas. - © D.R.

Enfin, le coresponsable de l’accélérateur Raise Sherpas, Noé Gersanois évoque également deux autres tendances edtechs marquantes à l’échelle mondiale : « Nous avons observé l’émergence des solutions communautaires comme Revyze, une application d’entraide scolaire sous forme de vidéos comme TikTok, ou de produits tournés vers l’edutainment. » L’edutainment regroupe toutes les entreprises centrées sur le divertissement éducatif. 

« Ce sont des modèles qui émergent et qui vont a priori arriver sur le segment scolaire, même s’il est encore difficile d’identifier un modèle économique durable sur l’edutainment », commente-t-il.

Quel modèle économique pour les edtechs ?

« L’éducation reste un marché très réglementé et les systèmes scolaires sont très rigides. Beaucoup d’entreprises ont du mal à passer d’une zone géographique à une autre et à adapter leur expérience utilisateur en fonction des marchés. C’est aussi compliqué de faire émerger un modèle économique rentable dans le secteur. Peu d’entreprises edtechs dépassent aujourd’hui les 1 à 2 milliards d’euros de valorisation à l'échelle mondiale », constate Noé Gersanois, coresponsable de l’accélérateur philanthropique Raise Sherpas.

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