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[Vidéo] Ce que la géopolitique peut apporter au sup’ | JF Fiorina x Charles Michel

Par Marine Dessaux | le | Expérience étudiante

Acteur et expert du sup', blogueur passionné d’actualité, Jean-François Fiorina est directeur général adjoint de Grenoble École de Management. Et pour Campus Matin, il se fait intervieweur en visio d’acteurs de l'éducation.

Passionné par le sujet, il est interroge cette fois le colonel Charles Michel sur son approche de la géopolitique. Une matière que Jean-François Fiorina a étudiée et éprouvée sur le terrain et qui s’inscrit de plus en plus dans les cursus des écoles de management.

Jean-François Fiorina a interviewé Charles Michel, colonel de l’Armée de terre. - © D.R.
Jean-François Fiorina a interviewé Charles Michel, colonel de l’Armée de terre. - © D.R.

Un acteur du sup’ qui interroge un expert : voici le concept des entretiens vidéos réalisés par Jean-François Fiorina pour Campus Matin. Ce début décembre, le colonel Charles Michel, chef de la division plan-opération (3e division) au sein de l’armée de terre partage son expérience de la géopolitique.

Une approche des conflits et compréhension des enjeux mondiaux très recherchée par les entreprises, qui est enseignée par les écoles de management. Elle est par ailleurs cruciale, pour les militaires sur le terrain, afin de comprendre les enjeux de leur mission.

La géopolitique « c’est le terrain avec tout ce qui le façonne »

Un parcours international

« Pour moi un officier, c’est la tête et les jambes » : c’est ainsi que résume Charles Michel son parcours. Celui qui est aujourd’hui colonel a commencé ses études avec une licence d’histoire et une maîtrise -l’équivalent d’un master 1- de géographie à Aix-Marseille Université. Il intègre par la suite la célèbre formation militaire de Saint-Cyr.

En poste à la Réunion, il écrit une thèse sur la géopolitique du sud de l’océan indien. Convaincu de l’importance de la formation en continu, Charles Michel continue de se former et occupe plusieurs postes qui l’emmènent « au Mali, en Centre-Afrique et dernièrement en Mauritanie ». Il s’apprête à repartir au Mali en janvier.

Sa définition de la géopolitique

Homme de terrain, le militaire définit la géopolitique comme « les rivalités pour ou sur un espace ».

« La géopolitique s’applique d’abord sur un espace. Si je fais parler l’officier, je dirais que c’est le terrain avec tout ce qui le façonne. Et cela nécessite de prendre en compte différents niveaux : étatique, interétatique, mais aussi local. »

Formation de l’armée

Au cours de sa formation à Saint-Cyr, le colonel explique qu’il a reçu un enseignement géopolitique tourné sur les relations internationales. Des notions qui seront dispensées aux futurs officiers, mais aussi aux autres militaires au cours de leur carrière lors des examens pour passer les échelons.

Ces connaissances primordiales peuvent être acquises sur le terrain, mais également par « la culture générale », rappelle Charles Michel. « Si vous n’avez pas la connaissance fine du terrain, des saisons, des grands couloirs de mobilité : il sera difficile de tenir un raisonnement stratégique », souligne-t-il.

Ce que la tactique militaire peut apprendre au management en entreprise

Créer des cartes d’analyse pour l’aide à la décision

C’est un concept qui peut intéresser les futurs managers comme leurs enseignants : la création de cartes d’analyse du terrain pour l’aide à la décision. Si les cartes des militaires se concentrent sur les réseaux hydrographiques et les lignes de crêtes, les enjeux diplomatiques et l’étude de l’ennemi, ces éléments peuvent être adaptés au monde du travail !

C’est d’ailleurs l’un des objectifs de Jean-François Fiorina qui imagine une grille d’analyse en entreprise pour les étudiants, afin qu’ils puissent se préparer à prendre la bonne décision en cas de crise.

Dans cette partie de la vidéo, Charles Michel donne par ailleurs des exemples concrets de l’utilité de la géopolitique.

Un message pour les étudiants

« Travaillez, ça vaut le coup », sourit le colonel. À destination des étudiants, il rappelle que le concours d’officier est ouvert en 3e année notamment aux diplômés des écoles de commerces ou IEP.

La question de l’interviewé

Interrogé à son tour, Jean-François Fiorina s’exprime quant à la relation entre ses étudiants et la matière.

« Il y a un grand besoin de comprendre, affirme-t-il. Il est intéressant de faire l’analogie avec l’entreprise où il est important de comprendre le terrain. Par ailleurs l’aspect interculturel est de plus en plus important pour comprendre les autres. »

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