Vie des campus

Recul des offres en alternance : quelles conséquences pour les établissements ?


La réduction des aides et des niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage ont conduit à une baisse des offres en 2025, selon le baromètre annuel Hellowork. Plus frileuses, les entreprises hésitent à s’engager dans un dispositif plus coûteux dont les contours réglementaires évoluent vite. Il s’agit de savoir désormais quel impact cela pourra avoir sur les établissements du supérieur, qui pour certains ont beaucoup misé sur ce modèle.

Recul des offres en alternance : quelles conséquences pour les établissements ?
Recul des offres en alternance : quelles conséquences pour les établissements ?

Après plusieurs années de forte croissance, le marché de l’alternance marque un coup d’arrêt en 2025. Selon le baromètre annuel publié par Hellowork, les offres d’emploi en alternance reculent de 12 % sur un an, un repli plus marqué que pour les autres types de contrats.

Cette évolution intervient dans un contexte de ralentissement global du marché de l’emploi, mais s’explique avant tout par les effets de la réforme du financement de l’apprentissage, dont l’impact est désormais pleinement perceptible pour les établissements de formation.

Baisse des offres proposées aux CFA

La réduction et le recentrage des aides publiques à l’apprentissage ont modifié les équilibres économiques du dispositif. Pour les entreprises, en particulier les PME, le recrutement d’alternants représente un engagement plus coûteux et parfois plus risqué. Cette prudence accrue se traduit mécaniquement par une baisse des volumes proposés aux CFA et aux écoles, qui constatent en 2025 un net ralentissement des mises en relation entre étudiants et employeurs.

Pour les établissements d’enseignement supérieur, cette inflexion marque un changement de cycle. Après une période d’expansion rapide des formations en alternance, soutenue par un cadre financier incitatif, le marché entre dans une phase de normalisation. Les CFA et les écoles doivent désormais composer avec des flux plus tendus, allongeant les délais de placement des étudiants et accentuant la concurrence entre établissements pour sécuriser des contrats.

Sur le plan territorial, le recul est généralisé. Toutes les régions enregistrent une baisse des offres en alternance, dans des proportions proches de la moyenne nationale. Les grandes métropoles, où l’offre de formations en alternance est particulièrement dense, sont également fortement touchées, renforçant la pression sur les CFA urbains et les écoles privées.

Vers une recomposition des modèles ?

Cette tension est d’autant plus sensible que l’alternance constitue un pilier stratégique pour de nombreuses écoles, tant en matière d’insertion professionnelle que d’équilibre économique. Dans certaines filières, notamment le tertiaire, les fonctions supports ou le marketing, la baisse des recrutements accentue les difficultés, tandis que les secteurs à besoins structurels forts, comme la santé ou les services à la personne, continuent de mieux résister.

Dans ce contexte, tous les acteurs de l’enseignement supérieur s’interrogent sur l’adaptation de leurs modèles après une forte expansion, dont l’effet d’aubaine a largement été exploité par certaines institutions. La baisse des volumes d’alternance questionne la soutenabilité financière de certaines formations, la stratégie de développement des CFA et la capacité des établissements à accompagner efficacement les étudiants vers l’emploi.

Après avoir été un levier central des politiques de professionnalisation, l’apprentissage entre ainsi dans une phase d’ajustement, où la qualité des parcours et la sécurisation des débouchés deviennent des enjeux clés pour les écoles et les centres de formation.