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Ces Français qui pilotent l’enseignement supérieur et la recherche à Bruxelles

Par Isabelle Cormaty | le | Management

La France assume, depuis 1er janvier 2022, la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne pour six mois. L’occasion de mettre en lumière ces Français qui gèrent les dossiers relevant de l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation dans les institutions européennes. Rencontre.

Ces Français qui pilotent l’enseignement supérieur et la recherche à Bruxelles
Ces Français qui pilotent l’enseignement supérieur et la recherche à Bruxelles

Si les acteurs politiques en charge de l’enseignement supérieur en France, dans les ministères ou au Parlement, sont bien identifiés de l'écosystème, les décideurs qui s’occupent de ces questions à l'échelle européenne sont eux davantage méconnus. Et pourtant, les décisions de l’Union européenne sur l’ESR ne se réduisent pas seulement aux programmes d'échange Erasmus ou de financement de la recherche via Horizon Europe.

Campus Matin vous fait découvrir ces Français en charge de l’ESR dans les institutions européennes, rencontrés à l’occasion d’une semaine de reportage à Bruxelles, avec News Tank Éducation & Recherche, en novembre 2021.

À la Commission européenne…

Organe d’exécution des politiques et des décisions adoptées par le Parlement et le Conseil de l’Union européenne (UE), la Commission européenne gère également les fonds européens et les politiques communes. Plusieurs Français travaillent notamment dans les directions générales de la commission qui traitent des affaires universitaires et d’innovation.

Vanessa Debiais-Sainton, responsable de l’enseignement supérieur

À commencer par Vanessa Debiais-Sainton, responsable depuis mars 2018 de l’enseignement supérieur au sein de la direction générale en charge de l'éducation, la culture, la jeunesse, les langues et le sport (DG EAC). Il s’agit de l’une des 43 directions générales de la Commission européenne.

Vanessa Debiais-Sainton est ingénieure. - © D.R.
Vanessa Debiais-Sainton est ingénieure. - © D.R.

Ingénieure de formation diplômée de l'Ensic- Lorraine INP et de l'IFP School (l'école nationale supérieure du pétrole et des moteurs), Vanessa Debiais-Sainton, travaille depuis 2006 à la Commission, où elle a notamment été responsable des politiques à la DG EAC, responsable du programme Erasmus + pendant cinq ans puis adjointe de l’unité enseignement supérieur.

Dans un entretien accordé à News Tank en novembre 2021, la fonctionnaire explique réfléchir à :

  • la mise en place d’un diplôme européen pour valoriser sur le marché de l’emploi les formations conjointes dispensées dans des établissements de plusieurs pays ;
  • la mise en place d’un statut européen pour les alliances d'établissements comme les universités européennes ;
  • l’encadrement et la valorisation des microcertifications dans le cadre de la formation continue.

Jean-Éric Paquet, directeur général recherche et innovation

Jean-Éric Paquet est diplômé du Collège d’Europe situé à Bruges. - © CE
Jean-Éric Paquet est diplômé du Collège d’Europe situé à Bruges. - © CE

Depuis avril 2018, Jean-Éric Paquet occupe la direction générale de la recherche et de l’innovation (DG RTD) au sein de la Commission. Diplômé de Sciences Po Strasbourg, Jean-Éric Paquet dispose par ailleurs de deux masters. L’un en allemand de l'Université de Strasbourg et l’autre en administration européenne, obtenu au prestigieux Collège d’Europe à Bruges. Un établissement sélectif dont sont issus de nombreux hauts fonctionnaires européens. 

Le Français travaille depuis 1996 à la Commission européenne. Il y a été, entre autres, ambassadeur et chef de la mission européenne en Mauritanie, directeur général de la mobilité et des transports ou plus récemment secrétaire général adjoint chargé de la coordination des politiques, de la protection des données et du service de médiation.

Jean-Éric Paquet espère profiter de la présidence française de l’Union européenne pour « faire avancer les dossiers de la science ouverte et de l’évaluation, de la carrière des chercheurs, et plus généralement de la recherche et des projets de recherche, en ligne avec la science ouverte et le besoin de critères plus larges d’évaluation des équipes ou projets proposés », détaille-t-il dans un entretien à News Tank.

  • Suivre Jean-Éric Paquet sur Twitter.

Jean-David Malo, directeur du Conseil européen de l’innovation

Jean-David Malo est directeur de l’agence exécutive de l’EIC. - © D.R.
Jean-David Malo est directeur de l’agence exécutive de l’EIC. - © D.R.

Parmi les autres Français s’occupant des dossiers d’innovation à la Commission, figure Jean-David Malo. Il dirige depuis sa création l’agence exécutive du Conseil européen de l’innovation et des petites et moyennes entreprises (EIC).

Créé en mars 2021, cet organe doté d’un budget de plus de 10 milliards d’euros pour la période 2021-2027 vise à accélérer le développement des start-up innovantes et des petites et moyennes entreprises, comme le souligne Jean-David Malo à News Tank :

«  La nature même de l’EIC est de prendre des risques. En effet, il a pour objet de soutenir les technologies émergentes et des start-up deep tech encore très peu rentables avec un marché uniquement potentiel à l’heure actuelle. »  

Diplômé de l’Institut national supérieur des sciences économiques et commerciales (Essec) et de l'Université de Californie à Berkeley, Jean-David Malo exerce dans les institutions européennes depuis 2001. Dans sa carrière, il a occupé plusieurs fonctions au sein de la DGRI de la Commission, notamment responsable de l’unité en charge des aspects régionaux du septième programme-cadre ou plus récemment directeur open innovation et open science.

Pauline Rouch, cheffe de cabinet de Mariya Gabriel

Le supérieur et la recherche relèvent de la commissaire européenne Mariya Gabriel. Elle compte dans son équipe rapprochée la Française Pauline Rouch, nommée en octobre 2021. 

Diplômée de l’Institut d'études politiques de Strasbourg et de l’Université libre de Bruxelles elle a occupé des positions importantes au sein de la Commission. Un parcours très politique, puisque de septembre 2014 à décembre 2017, elle était membre du cabinet du président de la Commission européenne d’alors, Jean-Claude Juncker.

Plus récemment, elle s’occupait du Coreper I, l’instance du Conseil de l’UE qui regroupe les ambassadeurs adjoints de l’UE, en charge des dossiers sectoriels communautaires : marché intérieur, recherche, culture, éducation, transport, énergie ou encore industrie. 

Au Parlement européen…

Les députés français sont globalement peu présents sur les grands sujets liés à l’enseignement supérieur. C’est notamment l’eurodéputé allemand Christian Ehler qui a été en première ligne ces dernières années, lors des négociations pour le futur programme-cadre de « Horizon Europe ». 

Laurence Farreng, députée européenne

Laurence Farreng est membre du groupe Renew Europe. - ©   Dominique Hommel
Laurence Farreng est membre du groupe Renew Europe. - ©   Dominique Hommel

Élue eurodéputée en 2019 en 15e position sur la liste Renaissance portée par les marcheurs, Laurence Farreng coordonne notamment la Commission de la culture et de l'éducation, l’une des 20 commissions du Parlement européen. Elle est par ailleurs membre suppléante de la Commission du développement régional.

L'élue a commencé sa carrière dans le privé, plus précisément dans la communication. En 2014, elle figure sur la liste de François Bayrou pour les élections municipales à Pau, elle devient alors adjointe en charge de la communication, mais démissionne un an plus tard pour occuper le poste de directrice de la communication de la cité paloise.

Au niveau national, Laurence Farreng exerce également des responsabilités politiques, comme élue au conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine depuis 2021, sur la liste de la démocrate Geneviève Darrieussecq.

Dans une intervention devant le Parlement européen de Strasbourg le 14 décembre dernier, Laurence Farreng a salué la décision des institutions européennes souhaitent faire de 2022, une année consacrée à la jeunesse. 

«  2022 doit rendre aux jeunes les opportunités perdues à cause de la pandémie. Tous les domaines de leur vie doivent être considérés : accès à l’emploi, à la formation, à leur santé psychologique, aux programmes de l’Union existants - et je souligne l’effort qui a été fait pour Erasmus+, pour l’ouvrir davantage et le rendre plus accessible - et changement climatique, bien sûr. »

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