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Rémunération et primes : ce qui évolue sur votre fiche de paie en 2024

Par Marine Dessaux | Le | Management

Au 1er janvier 2024, une série de mesures font évoluer les rémunérations dans l’enseignement supérieur et la recherche. Revalorisation du Smic, primes liées au grade pour les enseignants-chercheurs et salaire des doctorants qui évoluent… Voici les principaux changements pour les enseignants-chercheurs, doctorants et personnels de la fonction publique.

Le Smic, les primes liées au grade des EC et la rémunération des doctorants augmentent en 2024. - © Freepik/jcomp
Le Smic, les primes liées au grade des EC et la rémunération des doctorants augmentent en 2024. - © Freepik/jcomp

Le Smic augmenté à 1398,69 € net

Plusieurs revalorisations, prévues par la loi, prennent effet au début de l’année 2024. À commencer par le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) qui passe à 1766,92 € brut par mois, soit 1398,69 € net (+1,13 % par rapport à la dernière augmentation à 1383,09 € net, effective au 1er mai 2023).

+5 points d’indice pour chaque agent de la fonction publique

En ce début d’année, l’ensemble des agents publics bénéficient d’une revalorisation de cinq points d’indice, comme l’a annoncé le ministre de la transformation et de la fonction publiques, Stanislas Guerini, le 12 juin 2023. Une annonce entérinée par un décret le 28 juin 2023. Cela représente environ 25 euros de plus par mois par agent.

Primes pour les enseignants-chercheurs et chercheurs

Ripec : 4200 € pour la composante liée au grade

Le Ripec est constitué de trois composantes, l’une d’entre elles est liée au grade. - © Noun Project
Le Ripec est constitué de trois composantes, l’une d’entre elles est liée au grade. - © Noun Project

Le montant annuel de la composante C1 (liée au grade) du régime indemnitaire unifié à destination des enseignants-chercheurs, personnels assimilés et des chercheurs (Ripec), en vigueur depuis le 1er janvier 2022, continue d’augmenter.

Selon l’arrêté du 22 décembre 2023, elle passe à 4200 € pour l’ensemble des personnels concernés, contre 3500 € en 2023 et 2800 € auparavant.

Selon le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR), d’ici à 2027, la composante indemnitaire sera progressivement revalorisée pour atteindre 6400 € par an.

3000 € pour les enseignants-chercheurs des Ensa

Depuis le 2 août 2023, les enseignants-chercheurs des écoles nationales supérieures d’architecture (Ensa) bénéficient aux aussi d’un régime indemnitaire semblable au Ripec avec des montants différents (régi par l’article 2 du décret n° 2023-715).

Pour 2024, la composante est fixée 3000 € pour l’année 2024 selon l’arrêté du 14 décembre 2023

La PESR en augmentation de +110 € jusqu’à +329 €

Les taux annuels de la prime d’enseignement supérieur et de recherche (PESR), découlant du Ségur de la santé des membres du personnel titulaire enseignant et hospitalier des centres hospitaliers régionaux et universitaires, sont fixés à :

  • 448 € pour le taux minimum (+110 €) ;
  • 896 € pour le taux intermédiaire (+219 €) ;
  • et 1344 € pour le taux maximum (+329 €).

Quant à la PESR des enseignants des universités titulaires de médecine générale, elle passe de 1015 € à 1344 € (+ 329 €).

La rémunération minimale des doctorants passe à 2100 € brut mensuels

La rémunération des doctorants doit augmenter jusqu’en 2026 pour atteindre 2 300€ brut. - © photo3idea_studio
La rémunération des doctorants doit augmenter jusqu’en 2026 pour atteindre 2 300€ brut. - © photo3idea_studio

Depuis le 1er septembre 2021, et ce jusqu’au 1er janvier 2026, la rémunération minimale des nouveaux contrats doctoraux augmente chaque année. Une revalorisation prévue par la Loi de programmation de la recherche (LPR) de 2020 qui concerne l’ensemble des doctorants sous contrat du MESR depuis le 1er janvier 2023.

Alors qu’ils touchaient 2044 € brut mensuels en 2023, les doctorants sont désormais rémunérés 2100 € brut en 2024.

En 2025, cette somme s’élèvera à 2200 € brut et 2300 € brut en 2026.

Esas : une revalorisation de la PES à la rentrée et d’autres mesures envisagées

Après les annonces de la ministre de l’enseignement supérieur devant le Cneser le 4 juillet, les enseignants du secondaire affectés dans le supérieur (Esas) ont bénéficié d’une revalorisation de la prime d’enseignement supérieur (PES) au 1er septembre. Son montant s’élève à 2785 € (contre 2308 € début 2023).

Cette mesure découle de la mobilisation de plusieurs centaines d’Esas, réunies au sein du Collectif 384, transformé en syndicat en décembre. Ces derniers militent pour être intégrés au Ripec. L’écart entre les primes est en effet important : alors PES doit atteindre 3200 € par an d’ici 2027, la composante du Ripec liée au grade montera à 6400 €. 

Le 21 décembre, le ministère a présenté d’autres propositions aux organisations syndicales membres du conseil social d’administration ministériel, lors d’une réunion du groupe de travail sur les Esas. Il envisage de : 
• fixer les obligations de service des enseignants du premier degré affectés dans l’enseignement supérieur à 384 h par an, comme pour les agrégés et certifiés ;
• déterminer les missions confiées à l’ensemble des Esas, correspondant à celles des enseignants-chercheurs hors recherche, et pouvoir ainsi mettre en place un référentiel d’équivalences horaires ;
• augmenter le montant plafond de la prime de responsabilités pédagogiques en le portant à 8229,12 € par an (contre 4114,56 € aujourd’hui) ;
• renforcer les aménagements de service prévus notamment pour préparer un doctorat ou un concours ;
• fixer des garanties pour le déroulement de la carrière des Esas.