Numérique

DSI : "15 à 20 % des postes vacants dans certaines universités parisiennes"

Par Isabelle Cormaty | Le | Equipements et systèmes d'informations

Le Comité des services informatiques de l’enseignement supérieur et la recherche (Csiesr) réunit et forme tous les personnels des DSI des établissements publics de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’association se positionne comme une interface avec d’autres associations professionnelles.

Le Comité des services informatiques de l’enseignement supérieur et la recherche existe depuis 1981. - © France Universités - Université d’Angers
Le Comité des services informatiques de l’enseignement supérieur et la recherche existe depuis 1981. - © France Universités - Université d’Angers

Créée en 1981, le Comité des services informatiques de l’enseignement supérieur et la recherche (Csiesr) est l’une des plus anciennes associations de métiers de l'écosystème. Avec 140 établissements publics adhérents et près 1600 personnels membres, c’est aussi la plus importante en taille.

Dans un contexte marqué par la transformation numérique des établissements du supérieur, les directions des systèmes d’information sont particulièrement sollicitées. Et ce, alors que ces services souffrent de sévères pénuries de personnels. 

La présidente de l’association, Emmanuelle Vivier et ses deux vice-présidents, Pierre Saulue et Julien Dupré détaillent à Campus Matin les projets, les activités et les sujets de préoccupation de l’association.

Qui sont les membres du Csiesr ? Avec quelles institutions et associations travaillez-vous régulièrement ?

Emmanuelle Vivier préside le Csiesr depuis juillet 2019 et dirige la DSI de l’Université Picardie Jules Verne. - © D.R.
Emmanuelle Vivier préside le Csiesr depuis juillet 2019 et dirige la DSI de l’Université Picardie Jules Verne. - © D.R.

Emmanuelle Vivier  : Le Csiesr n’est pas une association de fonction : nous représentons tous les métiers du numérique, du développeur à l’ingénieur système réseaux en passant par les DSI. 

Nous avons animé une série de webinaires avec l’Association nationale des services Tice et audiovisuels (Anstia) et le Comité des usages mutualisés du numérique pour l’enseignement (Cume) sur l'épidémie de Covid.

Nous organisons aussi des webinaires avec le Club des responsables d’infrastructure, de technologies et de production Informatique (Crip), car il nous semble intéressant de connaitre le point de vue des entreprises privées sur nos sujets. 

Enfin, nous travaillons avec l’Assemblée des DSI de l’enseignement supérieur (ADSI) et l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation (IH2EF) sur la formation des directeurs des systèmes d’information.

Nous participons à des groupes de travail initiés par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la formation des DSI. Et nous sommes présents au conseil d’administration de l’Agence de mutualisation des universités et établissements (Amue).

Quelle est la place de la formation dans les activités du Csiesr ?

Pierre Saulue dirige la direction du développement du numérique de l’Université d’Angers depuis 2012 et il est vice-président du Csiesr depuis octobre 2020 - © D.R.
Pierre Saulue dirige la direction du développement du numérique de l’Université d’Angers depuis 2012 et il est vice-président du Csiesr depuis octobre 2020 - © D.R.

Julien Dupré : C’est l’activité principale du Csiesr. Nous formons environ 500 personnes par an, ce qui représente 1900 jours de formation. Notre offre est bien dimensionnée, elle s’adresse à l’ensemble des personnels de nos services et non uniquement aux DSI ou à leurs adjoints.

Pierre Saulue : Nous réalisons tous les ans une enquête pour savoir si ces formations répondent aux attentes. Notre but est de proposer des formations à prix réduit sur des sujets adaptés au public. Si un sujet prend de l’ampleur, nous pouvons l’ajouter rapidement à notre catalogue.

Quelles autres activités mettez-vous en place pour animer la vie de l’association ?

Emmanuelle Vivier : Nos assises annuelles au printemps sont l’occasion pour nos membres de se rencontrer et d’accueillir différents partenaires. Nous envoyons également une délégation française aux conférences Eunis (Europe) et Educause (Monde). Une dizaine de personnes sont allées aux États-Unis fin octobre pour visiter des établissements d’enseignement supérieur. Ces déplacements font l’objet d’une restitution et d’un rapport publié en plusieurs langues. 

Nous avons mis en place un réseau social interne pour favoriser la mutualisation entre nos membres. 600 personnes en font partie pour l’instant. Avant, nous utilisions des listes de diffusion, mais nous souhaitons conserver un historique et capitaliser sur nos échanges. Le réseau permet de créer des communautés sur certains sujets, nous avons par exemple un groupe sur la gestion de projet.

Julien Dupré  : Certains collègues occupent des fonctions très spécifiques dans les DSI et se retrouvent parfois isolés. Avec le réseau social, ils peuvent ainsi échanger avec leur équivalent dans les autres établissements sur les problématiques qui les concernent.

Les DSI ont des difficultés à recruter et fidéliser leurs personnels. Ce problème s’est-il accentué depuis la crise sanitaire ?

Pierre Saulue  : Le problème concerne de nombreux métiers et beaucoup d'établissements du supérieur. Nous allons essayer de rendre plus visibles nos offres d’emploi au-delà de notre réseau. La question de la rémunération est importante. Avec la Covid, les salaires proposés dans le privé ont fortement augmenté dans les métiers du numérique, et particulièrement dans la cybersécurité. Nous avons reçu des instructions pour renforcer nos systèmes depuis la guerre en Ukraine, ces compétences sont très demandées.

Julien Dupré est directeur du numérique adjoint à l’Université de Strasbourg depuis 2003 et vice-président du Csiesr depuis 2019. - © D.R.
Julien Dupré est directeur du numérique adjoint à l’Université de Strasbourg depuis 2003 et vice-président du Csiesr depuis 2019. - © D.R.

Julien Dupré : Il devient difficile, voire impossible, de recruter des profils très techniques. À l’Université de Strasbourg, nous avons des postes vacants depuis six mois et nous n’avons reçu aucune candidature pertinente ! Dans certaines universités parisiennes, 15 à 20 % des postes sont vacants dans les DSI, ce qui interroge sur la capacité à faire fonctionner les services. Des personnes travaillant depuis plusieurs années dans nos services partent aussi, alors qu’elles auraient pu y faire de très belles carrières. Elles adhéraient aux projets, aux missions des établissements mais cela ne leur suffit plus. 

Emmanuelle Vivier : Nous avons de plus en plus de financements par projet dans nos établissements. Dans ce cas là, nous pouvons proposer des salaires plus intéressants aux personnes recrutées sur projet. Mais nous devons alors gérer dans nos services la cohabitation entre les personnels avec des salaires de la fonction publique et ceux avec des rémunérations bien supérieures.

Quels sont les autres sujets qui préoccupent les membres de votre association ?

Pierre Saulue  : Le numérique responsable est un thème prégnant dans les échanges. Cela se conjugue avec des restrictions budgétaires dans les établissements et les efforts que nous devons mener sur la sobriété énergétique. 

Julien Dupré : La place des femmes dans le numérique est également un sujet que l’on devra mettre sur la table. Peu de femmes se dirigent actuellement vers ces carrières. 

La gouvernance de l’association

Le bureau de l’association, renouvelé lors du conseil d’administration le 6 juillet dernier, se compose de :
Emmanuelle Vivier (Université de Picardie Jules Verne), présidente ;
Julien Dupré (Université de Strasbourg), vice-président ;
Pierre Saulue (Université d’Angers) vice-président ;
Laurent Flory (Université Claude Bernard Lyon 1), secrétaire ;
• Bruno Urbero (directeur de la cellule nationale logicielle au MESR), secrétaire ;
• Agnès Durand (Université Paul Valéry), trésorière ;
• et Marie-Ange Rito (Université de Bourgogne) également trésorière.

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