Numérique

DSI : trouver un équilibre entre contraintes budgétaires et explosion des usages numériques

Par Marc Guiraud | le | Equipements et systèmes d'informations

Entre restrictions budgétaires et explosion des usages de services numériques, les DSI doivent trouver un difficile équilibre, pour allier performances et optimisation, tout en développant les projets nécessaires à la transformation digitale des universités.

Emmanuelle Vivier, directrice des systèmes d’information et du pilotage de l’université de Picardie Jules Verne, à Amiens, et présidente du CSIESR (Comité des services informatiques de l’enseignement supérieur et de la recherche) détaille à Campus Matin les projets et challenges qui caractérisent cette année 2020.

Emmanuelle Vivier, DSI, université de Picardie Jules Verne
Emmanuelle Vivier, DSI, université de Picardie Jules Verne

Quels sont les enjeux de la direction des systèmes d’information (DSI) dans une université comme Picardie Jules Verne ?

Chaque année, de nouveaux challenges s’imposent à la DSI quand d’anciens persistent. Récemment, on compte comme enjeu de taille la seconde vague de l’appel à projet INFRANUM pour la labellisation de datacenters régionaux. Lancée par le ministère, cette opération de consolidation vise à favoriser la mise en commun d’infrastructures d’hébergement informatiques à l'état de l’art, optimisés et sécurisés, et faisant émerger des offres de services numériques portées par la communauté ESRI et ses partenaires institutionnels.

des services dans le cloud en mode Saas.

Des projets sont également lancés au niveau national pour proposer des services dans le cloud en mode Saas. L’Amue étudie actuellement la « cloudification » de quelques-unes de ses applications phares : Sifac pour la gestion financière, SIHAM pour la gestion des ressources humaines et le futur remplaçant d’Apogée, Pegase pour les fonctions liées à la scolarité. Le GIP Renater propose déjà des services hébergés comme la messagerie ou la visio-conférence. La cloudification et la mutualisation des services vont obliger les DSI à repenser leurs missions et à faire évoluer leurs ressources humaines.

Les challenges liés aux RH sont bien réels

Les challenges liés aux RH sont bien réels et représentent une difficulté majeure pour les DSI. Pour le recrutement de professionnels du numérique, en université, nous rencontrons de grosses difficultés à convaincre. Les salaires ne sont pas compétitifs par rapport à ceux du privé. D’autre part, les métiers du numériques dans la fonction publique sont assez peu connus des postulants et nous avons peu de candidatures lors de nos recrutements sur concours.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

plus de 80 projets numériques

Sur ma feuille de route 2020, il y a plus de 80 projets numériques qui touchent un peu à tous les domaines : le renouvellement du système d’information RH, les outils pour la pédagogie, la scolarité, etc. Parmi eux, un projet au long cours : le PIA Epione campus santé. Il s’agit d’une plateforme santé qui s’adresse aux étudiants, aux personnels médicaux mais aussi au grand public. On y suit des formations dans le domaine de la santé et on y trouve de nombreuses activités pédagogiques pour les étudiants en lien avec le Simusanté (centre de pédagogie active et simulation en Santé) du CHU.

Comment est organisée la DSI de l’université Picardie Jules Verne ?

Notre DSI est organisée en cinq pôles de compétences et compte une quarantaine d’agents.

Le premier pôle assure le maintien en condition opérationnelle des systèmes et du réseau qui alimente 15 sites géographiques dans l’ex Région Picardie.

Le deuxième pôle se concentre sur l’assistance aux usagers et la gestion du parc informatique.

Le pôle ingénierie des applications se consacre à la gestion des applications métier et des plateformes web.

Le pôle usages du numériques assure l’accompagnement des usagers.

Le cinquième pôle de la DSI s’occupe de produire les tableaux de bord de pilotage et les statistiques.

Que représente le digital dans le budget de l’université ? Quel est le poids des subventions dans le financement de la transformation digitale ?

Ces financements prennent fin début 2021

Les subventions prennent de moins en moins de place dans le budget des DSI. Pour l’université de Picardie Jules Verne, un plan pluriannuel d’investissement financé par la région des Hauts-de-France a pris fin en 2018. Depuis, nous n’avons plus de dotation spécifique. Le projet mission numérique (ex UNR) apporte encore des financements FEDER en provenance de l’Europe mais ces financements sont consacrés à l’accompagnement de la transformation des usages induite par le numérique et prennent fin début 2021.

Les réussites aux appels à projets d’investissement d’avenir (PIA) sont maintenant les sources de financement alternatives. L’UPJV a la chance d’être lauréate de deux PIA : LCER (Licence compétences en réseau) en lien avec les universités du Littoral et de l’Artois et Epione Campus Santé en lien avec le CHU d’Amiens.

L’établissement doit donc faire un effort financier pour financer le développement du numérique avec des usages qui explosent.

Comment embarquez-vous les autres parties prenantes de l’université dans le numérique ?

accompagner l’usage

Pour nous assurer que les innovations numériques sont utilisées à la fois par le personnel de l’université et les étudiants, nous organisons beaucoup d’actions d’accompagnement. Une cellule a été créée, en 2016, au niveau de la DSI, pour accompagner l’usage des outils numériques. Il existe également une application mobile, « Mon UPJV », lancée en janvier 2020, qui permet aux étudiants d’obtenir certaines informations plus facilement, via leurs téléphones mobiles. « Mon UPJV » donne accès à un service de notification, aux emplois du temps, aux dernières actualités liées à la vie étudiante, à un système de géolocalisation qui permet de se repérer sur les différents campus et même à la plateforme Jobteaser pour trouver un stage ou un emploi.

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