Vie des campus

Les Tribus, réseau communautaire qui se rêve en Facebook des assos étudiantes

Par Isabelle Cormaty | le | Expérience étudiante

Faciliter la communication entre les associations étudiantes et les élèves : tel est le concept de l’application les Tribus, un réseau communautaire uniquement accessible aux étudiants au sein d’un même établissement.

Les Tribus a été finaliste du concours « Entreprendre pour la vie étudiante ». - © D.R.
Les Tribus a été finaliste du concours « Entreprendre pour la vie étudiante ». - © D.R.

Longtemps incontournable dans le paysage des réseaux sociaux, Facebook connaît une désaffection croissante de la part des jeunes générations. Les associations étudiantes sont donc amenées à réinterroger leurs canaux de communication, multiplier les messages sur différents réseaux, voire se tourner vers des alternatives comme les Tribus.

Lancé en août 2021 par deux entrepreneurs, le réseau communautaire les Tribus prend la forme d’une application qui permet aux étudiants et leurs associations de communiquer de manière sécurisée : seuls les étudiants d’un établissement ont accès aux contenus les concernant.

Un espace de communication dédié aux associations étudiantes

Jean-Baptiste Laprée de Saint-Laurent est diplômé Skema. - © D.R.
Jean-Baptiste Laprée de Saint-Laurent est diplômé Skema. - © D.R.

Le cofondateur de l’entreprise les Tribus a eu cette idée lorsqu’il était étudiant en école de commerce, sur le campus Sophia Antipolis de Skema Business School.

« J’ai été président du BDE. Nous communiquions avec les étudiants sur Facebook car il n’existait pas d’outil conçu pour une communication efficace des associations étudiantes », raconte Jean-Baptiste Laprée de Saint-Laurent.

Durant ses études, il réfléchit, avec son ami d’enfance Stanislas Decroocq, aujourd’hui directeur technique de l’entreprise, à la création d’une application mobile et web destinée aux étudiants et associations, et non aux établissements. « Nous créons des espaces virtuels numériques pour chaque établissement qui rejoint les Tribus. Nous nous sommes inspirés de Slack avec des fils de discussion, soit publics, soit privés. Le fil d’actualité est chronologique et non déterminé par un algorithme », détaille le diplômé de Skema.

Un réseau communautaire qui remplace Facebook

« Beaucoup de BDE décident de ne plus utiliser Facebook, mais ils conservent leur compte Instagram pour poster un autre type de contenu », affirme Jean-Baptiste Laprée de Saint-Laurent. Les 14 associations étudiantes de l'école d’ingénieurs Élisa Aerospace Hauts-de-France située à Saint-Quentin utilisent par exemple Les Tribus, comme l’explique Justine Raynaud, vice-présidente du bureau des actions solidaires et environnementales de l'école.

« Toutes les associations se sont concertées pour aller sur les Tribus. Avant, nous partagions les événements Facebook sur les conversations Messenger de promotion, mais ils étaient noyés parmi tous les autres messages. Maintenant les informations concernant les associations sont toutes au même endroit. Nous publions toujours sur Facebook pour avoir de la visibilité extérieure et sur Instagram pour faire des retours sur les événements », témoigne l'étudiante.

Objectif : 70 campus d’ici à 2022

Treize campus utilisent aujourd’hui cette application lancée en août 2021, cela représente 73 associations et environ 1700 étudiants, aussi bien en écoles de commerce et d’ingénieurs que dans des universités. L’entreprise versaillaise, finaliste fin juin du concours « Entreprendre pour la vie étudiante » organisé par Conférence des présidents d’université (CPU) espère poursuivre son développement et couvrir 70 campus l’an prochain. 

Des revenus grâce à la publication d’annonces

Si l’application est gratuite pour les étudiants et les associations, l’entreprise diffuse des offres d’emploi payantes dans un espace dédié. Et elle compte diversifier son modèle économique en proposant également des annonces immobilières. « Les entreprises peuvent cibler une zone géographique précise et nous aimerions à terme qu’elles puissent cibler des étudiants en fonction de leur filière de formation », précise Jean-Baptiste Laprée de Saint-Laurent. 

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