Avec Ar(t)chitecture(s), partez à la découverte des trésors de Sorbonne Université
Les murs de Sorbonne Université ont des oreilles… ou plutôt des voix, incarnées par les personnages de Maria et Hamza, un étudiant et une chercheuse fictifs, qui vous invitent à les suivre pour une découverte des trésors artistiques et architecturaux de l’université. Cette machine numérique à remonter le temps, audio-immersive, rigoureusement scientifique et inclusive, a été pensée en interne. Suivez le guide !
Indifférents aux brouhahas de conversations et au bruissement de la circulation, Hamza et Maria, un étudiant néo-parisien et une ancienne étudiante aujourd’hui chercheuse, se baladent sur leur campus, dans le 5e arrondissement de Paris. Tour Zamansky, sculpture de Calder, dallage-mosaïque… Dans leurs pas, ils nous invitent ici à lever les yeux, là à les baisser, pour porter un regard neuf sur un patrimoine méconnu, voire sous-estimé. Du monumental au microscopique, de la rigueur scientifique aux envolées poétiques, on est happé dans le tourbillon d’une visite foisonnante et érudite, au fil de treize étapes, chronométrées entre 3 et 5 minutes.
« L’expérience a été pensée comme immersive et incarnée, avec des fonctionnalités de géolocalisation, afin d’avoir sous les yeux les espaces évoqués lors de sa propre visite, qu’on peut composer sur-mesure, smartphone en main », détaille Nicolas Thimon, responsable de la communication et de l’action culturelle de la bibliothèque de Sorbonne Université (SU).
Côté technologie, les mots d’ordre sont « légèreté et simplicité d’utilisation : aucune application à télécharger pour accéder à la visite Ar(t)chitecture(s), dans un souci d’accessibilité. Le tout, 100 % gratuit ».
Passerelle temporelle
La balade débute face à la Sorbonne historique, rue des Écoles. 750 mètres plus loin, une passerelle temporelle nous conduit directement de l’époque de Napoléon à celle du général de Gaulle : place Jussieu, nous voilà face au campus construit au tournant des années 1960, pour répondre à la massification de l’enseignement supérieur issue du baby-boom. Béton, verre, bois ou même émaux, ces matériaux dans lesquels s’incarne le dialogue perpétuel entre arts et sciences sont autant de témoins que de clés de lecture pour explorer l’histoire mouvementée de l’université française.
Implantée aujourd’hui sur le campus Pierre et Marie-Curie, « cette valorisation nous offre l’opportunité de mettre en lumière notre université, née en 2018 de la fusion des facultés de sciences, de santé et de lettres », complète India-Rose Burton-Aden.
La chargée des expositions et de la médiation scientifique et culturelle au sein de la Direction des relations science culture et société a travaillé en binôme avec son collègue des bibliothèques, sous la houlette de leur service de rattachement, la direction générale des services adjointe « Partage et diffusion des savoirs » de Sorbonne Université.
Anecdotes et langue anglaise
« Avec Notre-Dame sous nos fenêtres, la tentation était grande de proposer une visite virtuelle aussi réussie que celle de l’emblématique cathédrale de l’Ile de la Cité, récemment inaugurée et dotée d’une super application », rembobine Nicolas Thimon, pour évoquer la genèse du projet, et sa vocation tout autant historique que contemporaine.
Un temps évoquée, l’idée d’une exposition classique est vite écartée, pour toucher un public le plus large possible. Pour cette même raison, l’application web est disponible en français et en anglais.
Emblématique des actions menées dans le cadre de la labellisation « Science avec et pour la société » (SAPS), obtenue en 2021, Ar(t)chitecture(s) a été réalisée essentiellement sur l’année 2025, par le studio Unendliche, spécialiste des parcours sonores muséaux et culturels, secondé pour le développement par l’agence Mazedia et sa solution, Wezit Mobile. Coût total : plusieurs dizaines de milliers d’euros, obtenus notamment dans le cadre du financement Initiatives d’excellence (Idex) de l’université, pour l’axe « Médiatiser la science et le patrimoine ».
« Nous souhaitions aussi diffuser l’idée d’une université ouverte à et sur l’extérieur, pas une forteresse grillagée : la preuve, le musée des minéraux est ouvert toute la semaine ! », poursuit le responsable de la communication et de l’action culturelle de la bibliothèque.
Donnant corps au récit, celui-ci se nourrit d’anecdotes fournies par Adrien Demilly, étudiant sur le campus dans les années 2000, aujourd’hui ingénieur pédagogique, et qui signe le graphisme de l’appli, et de Nicolas Thimon lui-même, qui propose régulièrement des visites du campus à des groupes. « Mais surtout, rajoute ce dernier, du travail de recherche de l’écrivain et journaliste David Sanson, à qui Unendliche a confié l’écriture, nourrie de l’expertise du comité scientifique. »
Celui-ci est notamment composé de Christian Hottin, archiviste paléographe, conservateur en chef du patrimoine à la Direction générale des patrimoines et de l’architecture, membre du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) et de l’Unité mixte de recherche Héritages, et de Jean-Baptiste Minnaert, historien de l’art contemporain au Centre André-Chastel.
Le projet a aussi pu compter sur les riches archives de la bibliothèque. « Nous gardons la main pour éventuellement intégrer de nouveaux liens ou photos d’archives », ajoute Nicolas Thimon. De quoi rendre l’application pérenne dans le temps… Tout comme les murs centenaires, qui ont vu passer des générations d’étudiantes et d’étudiants !
- Faire la visite : https://artchitectures.sorbonne-universite.fr/fr/accueil