Vie des campus

Les grandes tendances de la mobilité étudiante en France


En 2025, la France a délivré 6 à 7 % de visas étudiants de plus que l’année précédente, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur publiés fin janvier. L’occasion de revenir sur les chiffres de la mobilité étudiante entrante sur le sol Français et sur son évolution depuis quelques années, à la lumière des données de Campus France.

Les grandes tendances de la mobilité étudiante en France
Les grandes tendances de la mobilité étudiante en France

Selon les données du ministère de l’Intérieur (*), près de 118 000 premiers titres de séjour ont été délivrés à des étrangers en 2025, faisant du motif étudiant la première raison de primo-délivrance de titres, devant les motifs familiaux et économiques. La dynamique est haussière sur la période 2021-2025, avec une augmentation d’environ +30 % en quatre ans.

Ces chiffres concernent uniquement les extra-européens, dans la mesure où les ressortissants de l’Union ne sont pas soumis à l’obligation de titre de séjour. Ils ne doivent donc pas être confondus avec les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur ou de Campus France, qui comptabilisent l’ensemble des personnes inscrites dans l’enseignement supérieur. Avec plus de 329 000 candidats en mobilité internationale à la rentrée 2024-2025, la France confirme une position prédominante parmi les grandes destinations mondiales du supérieur.

Niveau en progression

La mobilité entrante poursuit donc sa dynamique. Les inscrits dans l’enseignement supérieur français après avoir effectué leur scolarité antérieure à l’étranger représentent environ 12 % de l’ensemble des étudiants, soit un niveau en hausse régulière depuis plus de dix ans. Cette progression s’inscrit dans un contexte de forte concurrence internationale, où la France bénéficie d’une certaine reconnaissance de ses diplômes, d’une grande diversité de l’offre de formation et d’un fort maillage territorial.

Maghreb et Afrique

Les nationalités concernées reflètent naturellement les dynamiques historiques et géopolitiques de notre pays. Ainsi, les étudiants originaires du Maghreb constituent les premiers contingents, avec le Maroc en tête, suivi de l’Algérie et de la Tunisie. La Chine reste le principal pays d’origine asiatique, tandis que l’Afrique subsaharienne, notamment le Sénégal, enregistre une progression notable. Ces dynamiques s’expliquent bien entendu par des liens linguistiques, culturels et institutionnels, mais aussi par l’attractivité des formations françaises pour l’insertion professionnelle et la poursuite d’études. A noter que l’Inde croit fortement.

Universités, grandes écoles

Les universités demeurent le principal lieu d’accueil en France, concentrant près des deux tiers des effectifs, notamment dans les formations scientifiques, juridiques, économiques et en sciences humaines. Parallèlement, les grandes écoles, en particulier les écoles de commerce et de management, voient leur part d’étudiants internationaux progresser fortement. L’internationalisation des cursus, le développement de programmes enseignés en anglais et l’orientation vers l’employabilité renforcent leur attractivité.

Les écoles d’ingénieurs mettent aussi le paquet sur l’accueil d’internationaux, surtout aux niveaux master et doctorat, tandis que les filières courtes restent plus marginales. « Nous devons pouvoir accueillir les candidats du monde entier », déclarait récemment Vincenzo Vinzi, président de la Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises de Management (CDEFM), qui s’inquiétait des difficultés rencontrées pour obtenir un visa ou demeurer sur le sol national afin d’y travailler après l’obtention du diplôme.

Master et doctorat

La répartition par niveau d’études met en évidence une concentration croissante des étudiants étrangers dans les cycles supérieurs. Si leur part reste plus limitée en licence, elle augmente nettement en master et atteint un niveau particulièrement élevé en doctorat, où plus d’un tiers des inscrits sont de nationalité étrangère. Cette surreprésentation témoigne de l’attractivité de la France pour les formations de haut niveau, en particulier dans la recherche, mais aussi pour les cursus professionnalisants à forte valeur ajoutée.

Dans un contexte de compétition mondiale accrue pour attirer les talents, la mobilité s’impose comme un levier stratégique majeur pour notre enseignement supérieur. Elle participe à la visibilité des établissements, à leur rayonnement académique et à leur insertion dans les grands réseaux mondiaux de formation et de recherche. « Sans compter que nos diplômés étrangers s’imposent comme les meilleurs ambassadeurs de la culture française dans le monde », conclut Vincenzo Vinzi.

* : Les chiffres de l’immigration en France, 27 janvier 2026, ministère de l’Intérieur, https://www.immigration.interieur.gouv.fr/Info-ressources/Etudes-et-statistiques/Les-chiffres-de-l-immigration-en-France/Sejour