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[Le chiffre] Plus de 500 000 contrats d’apprentissage signés en 2020

Par Isabelle Cormaty | le | Stratégies

En 2020, la France a compté plus de 500 000 contrats d’apprentissage en incluant ceux de la fonction publique, un record. Dans le secteur privé, la signature de ces contrats a crû de 40 % par rapport à 2019. 

Décryptage de ces données dont la publication intervient dans un contexte particulier marqué par une polémique lancée par la ministre du travail, Elisabeth Borne sur le sort des quelques « 38 000 apprentis sans contrat ».

La France a passé la barre symbolique des 500 000 apprentis en 2020. - © Pixabay
La France a passé la barre symbolique des 500 000 apprentis en 2020. - © Pixabay

Le chiffre : plus de 500 000 contrats d’apprentissage en 2020

En 2020, en comptant les contrats d’apprentissage signés dans la fonction publique et dans le privé, « la France passe, pour la première fois, la barre des 500 000 apprentis », s’est félicité le ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion le 5 février dernier. 

La source : qui a produit ces statistiques ?

Ces chiffres proviennent d’une note intitulée « Les chiffres de l’apprentissage en 2020 ». Les statistiques présentées se fondent sur des chiffres arrêtés au 31 décembre 2020, issus d’une remontée déclarative des Opérateurs de compétences (OPCO).

L’explication : pourquoi les contrats d’apprentissage ont-ils augmenté de 40 % en un an dans le privé ?

Dans le secteur privé, avec 495 000 contrats signés (contre 353 000 en 2019), l’apprentissage a connu une croissance de 40 %. 

« La progression de l’apprentissage en 2020 est tirée par l’enseignement supérieur, et notamment pour partie par les qualifications de niveau bac+2 », avance le bilan dressé par le ministère.

Dans le détail, les contrats se répartissent de la manière suivante en fonction de la niveau de qualification des apprentis : 

  • plus de 100 000 au niveau Bac+2, soit 22 % du total ;
  • près de 85 000 aux niveaux Bac+5 et plus, soit 18 % ;
  • un peu plus de 80 000 contrats aux niveaux Bac+3 et Bac+4, soit 17,5 %.

Pour la ministre du Travail, Elisabeth Borne, cet accroissement témoigne « d’une réelle mobilisation des entreprises, encouragées à recruter des apprentis grâce aux aides du plan “1 jeune, 1 solution” qui prévoient une prime de 5 000€ pour l’embauche d’un apprenti mineur et de 8 000€ pour l’embauche d’un apprenti majeur, jusqu’au 31 mars 2021 ».

« Cette mobilisation générale doit se poursuivre pour que les résultats obtenus en 2020 deviennent la norme et que l’apprentissage continue à être une voie d’accès privilégiée à l’emploi pour les jeunes », ajoute-t-elle.

Les précisions : où sont signés les contrats d’apprentissage ?

Une dynamique portée par tous les territoires

En 2020, le nombre de contrats augmente dans toutes les régions par rapport à 2019, exceptées à Mayotte et en Martinique où les données ne sont pas communiquées. Les principales régions pourvoyeuses où sont conclues les contrats sont :

  • l'Île-de-France avec 108 055 contrats ;
  • Auvergne Rhône-Alpes avec 59 749 contrats ;
  • Occitanie avec 41 932 contrats. 

Des contrats d’apprentissage majoritairement signés dans les petites entreprises

Sur l’année précédente, 322 820 contrats d’apprentissage ont été signés dans des entreprises de moins de 50 salariés ce qui représente 66 % des contrats. À titre de comparaison, ces sociétés représentent seulement 19 % de l’emploi français.

Le commerce de détail, secteur économique qui recoure le plus à l’apprentissage

12,4 % des contrats d’apprentissage signés en 2020 concernent les commerces de détail, à l’exception des automobiles et des motocycles, soit 60 876 contrats au total. Les deux autres secteurs économiques qui ont le recourt à ce type de contrats sont le bâtiment et les travaux publics (10 %) et les industries alimentaires (6,3 %).

Le contexte : une polémique sur les « quelque 38 000 apprentis sans contrat »

La publication de cette étude intervient dans un contexte particulier marqué par une polémique lancée le 14 décembre dernier par la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Elle pointait notamment du doigt les pratiques frauduleuses de certains établissements, soupçonnés de déclarer plusieurs milliers d’apprentis sans contrat pour toucher une prime de 3 000€.

Elisabeth Borne est ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion. - © Ministères sociaux
Elisabeth Borne est ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion. - © Ministères sociaux

« Quelque 38 000 apprentis en CFA sont aujourd’hui sans contrat. Ce que je constate c’est qu’il s’agit massivement de formations dans l’enseignement supérieur (à hauteur de 75 %), et nous sommes en train d'étudier certains cas, car des formations supérieures se sont soudain prises d’amour pour l’apprentissage, y compris un certain nombre qui ont 100 % d’apprentis sans contrat, dans des écoles de commerce notamment », déclarait-elle.

Ces propos ont déclenché la colère de plusieurs établissements du supérieur et de leurs associations, notamment la Conférence des grandes écoles (CGE), la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) et le Chapître des écoles de management de la CGE. 

Dans un entretien accordé à News Tank (abonnés), la ministre précisait : « Pour ce qui est d’éventuels abus, s’ils sont avérés, ils sont évidemment inacceptables. Nos services vont lancer très prochainement des vérifications sur certains établissements. »

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