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De la Bretagne à la Grande-Bretagne, ce Français tisse son réseau dans les relations internationales

Par Isabelle Cormaty | le | Management

Campus Matin continue de vous faire découvrir des acteurs de l’enseignement supérieur qui ont choisi de s’expatrier à l’étranger pour faire carrière dans les relations internationales. De sa Bretagne natale à la Grande-Bretagne, découvrez le parcours de Chris Crabot, directeur associé et responsable de la stratégie internationale de Nottingham Trent University.

Chris Crabot travaille à Nottingham Trent University depuis 2012. - © D.R.
Chris Crabot travaille à Nottingham Trent University depuis 2012. - © D.R.

Tout commence par un simple échange en Allemagne. « Ma ville était jumelée avec une commune au nord de l’Allemagne. J’y ai passé un été entier quand j'étais au lycée », commence Chris Crabot. C’est ce voyage qui donne au Français le virus du voyage et un fort attrait pour l’international…

Un goût prononcé pour les langues et l’international 

Des études de langues

“J’ai fait des études de langues et j’ai été sélectionné pour partir un an au Canada. J’ai enseigné le français pendant un an à Toronto et en parallèle je suivais des cours gratuitement. Je me suis préparé au Capes pendant un an en rentrant en France, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas fait pour moi”, raconte Chris Crabot. Dès lors, il fait tout pour retourner à l’étranger.

Du monde de l’entreprise à l’enseignement supérieur 

C’est dans le monde de l’entreprise que cet acteur du supérieur commence sa carrière. Après un diplôme d'études supérieures spécialisées en industrie des langues à Metz, Chris Crabot travaille un temps à France Télécom Orange en Bretagne, sa région d’origine. 

“Puis, j’ai trouvé un poste au sein de la chambre de commerce et d’industrie de Saint-Omer, où on m’a confié de plus en plus de projets à l’international. Je suis ensuite devenu directeur des relations internationales dans une école d’ingénieurs (l’EIPC)”, poursuit-il. 

Une rencontre déterminante 

Recruté dans une école de commerce picarde (l’ESC Amiens, un temps fusionnée au sein de France Business School), le Français se constitue un réseau de partenaires et de directeurs des relations internationales dans les établissements du supérieur.  

Nous montions des partenariats, des concours communs…, se souvient-il. C’est par ce réseau que j’ai rencontré un directeur d’école de commerce lors d’une conférence importante du secteur. Il m’a proposé un poste en Angleterre. À cette époque, nous souhaitions plutôt nous installer dans le sud de la France avec ma femme, mais le poste était très intéressant.” 

Une expatriation en Angleterre vue comme une opportunité 

Une nouvelle aventure pour sa famille 

“Ma femme est anglaise, mais pas de ce coin de l’Angleterre. Nous souhaitions que nos filles parlent anglais et français. Au départ, nous ne pensions pas du tout partir à l’étranger”, confie Chris Crabot qui accepte pourtant le poste à Nottingham.  

Huit ans plus tard, il se sent très bien intégré dans le pays. “Je n’ai pas l’impression d’être à l’étranger”, avoue le professionnel qui tenait à ne pas côtoyer uniquement des Français.  

Des postes successifs à Nottingham 

“J’avais la possibilité de rejoindre sur une plus grande structure de 33 000 étudiants dont 6000 dans l’école de commerce”, détaille-t-il. Chris Crabot intègre donc Nottingham Trent University en 2012, à la tête des relations internationales de l’école de commerce interne de l’établissement.  

Quatre ans plus tard il devient responsable des relations internationales du collège de droit et de sciences sociales, avant de devenir directeur associé en charge de la stratégie internationale de l’établissement 

Un métier identique, mais des comportements différents au quotidien 

Si les fondamentaux du métier sont les mêmes dans les écoles de commerce françaises et britanniques, l’expatriation relevait tout de même du défi. “J’avais un très bon réseau de partenaires français, j’ai dû refaire mes marques et étendre mon réseau à l’international”, constate Chris Crabot.  

"Ce qui change, c’est la manière de se comporter en entreprise. Il y a moins d’affectif dans les relations professionnelles. Et il me manque parfois des références culturelles pour comprendre des blagues”, remarque-t-il en souriant. 

“Fier du réseau que j’ai développé depuis 15 ans” 

Après huit années à Nottingham et davantage dans l’enseignement supérieur français à s’occuper les relations internationales, Chris Crabot est met en avant le réseau qu’il a tissé en France et à l’étranger avec ses homologues. 

“Je suis fier du réseau que j’ai développé depuis 15 ans, ce sont des relations professionnelles, mais aussi amicales, précise-t-il. Il y a quelque temps, avec ma famille, nous sommes allés en vacances en Afrique du Sud où j’ai pas mal de contacts. Nous y avons découvert plein de choses, nous sommes allés dans un township, nous avons passé du temps dans une école. Les filles ont pu prendre du recul par rapport à leur propre vie.” 

Chris Crabot continue d’entretenir des relations très étroites avec les établissements français particulièrement. “Je travaille beaucoup avec Kedge notamment. J’ai un très bon réseau en France avec les écoles de commerce, d’autant que les places dans les universités anglo-saxonnes sont chères et rares pour les étudiants français” , explique-t-il.

Motivé par le côté humain de son métier, Chris Crabot rappelle également un aspect gratifiant : il peut observer “la progression de carrière des étudiants qu’il recrute” dans son établissement.  

Les relations internationales bouleversées par la crise sanitaire  

Depuis l’an dernier, l’épidémie a changé le quotidien des professionnels des relations internationales. “L’activité a ralenti, cela a accéléré les échanges virtuels alors que tout le monde trouvait ça étrange il y a peu, témoigne Chris Crabot. On regarde désormais le coût carbone de nos activités de relations internationales pour les rendre les plus durables possibles.” 

Le Brexit, une autre source d’incertitude

S’ajoute le Brexit et la sortie du Royaume-Uni du programme Erasmus +. “Nous accueillerons toujours des étudiants étrangers, mais moins d’Européens”, se projette-t-il.  

Le Brexit a également des conséquences plus personnelles pour le Français. “Je reçois régulièrement des nouvelles du réseau des Français en Angleterre”, lance-t-il. Prévoyant, Chris Crabot, qui a sa résidence permanente au Royaume-Uni, a entamé des démarches pour obtenir la nationalité britannique. “La seule chose qui m’inquiète, c’est la retraite ! ”,conclut-il. 

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