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[Vidéo] La géopolitique des edtechs | JF Fiorina x Yannig Raffenel

Par Marine Dessaux | le | Edtechs

Passionné des enjeux du sup', dont il est acteur et observateur, Jean-François Fiorina est directeur général adjoint de Grenoble École de Management. Pour Campus Matin, il réalise une série d’entretiens en visio.

Ce début janvier, retrouvez l’interview de Yannig Raffenel, l’expert edtech aux multiples casquettes. Celui qui est notamment co-président de l’association Edtech France dresse un portrait de la filière française, ses acteurs et ses défis.

Chroniqueur pour Campus Matin, Jean-François Fiorina a interviewé Yannig Raffenel; - © D.R.
Chroniqueur pour Campus Matin, Jean-François Fiorina a interviewé Yannig Raffenel; - © D.R.

Un acteur du sup’ qui interroge un expert : voici le concept des échanges vidéos réalisés par Jean-François Fiorina pour Campus Matin.

Yannig Raffenel, CEO de Blended Learning, micro-société dédiée à l’accompagnement à la conception de dispositifs pédagogiques, co-président de l’association EdTech France et fondateur du cluster EdTech Grand Ouest, partage sa vision de l’univers des entreprises qui développent des technologies pour l’apprentissage, les edtechs.

Un domaine en perpétuel renouvellement « au cœur de la société »

Dans un monde où les étudiants doivent être formés à des métiers qui n’existent pas encore, qui changeront plusieurs fois de fonctions dans leur vie et où des professionnels doivent en permanence mettre à jour leurs compétences : « la formation touche tout le monde », souligne Yannig Raffenel.

Et au cœur de l’innovation pour la pédagogie et l’apprentissage se trouvent les edtechs. Un sujet sur lequel s’est spécialisé Yannig Raffenel qui se décrit comme « un slasheur* depuis toujours » : « J’essaie de rassembler les pièces d’un puzzle pour avoir une grande image, d’apporter une vision et construire un point de vue », résume-t-il en évoquant ses engagements.

Dans un milieu siloté, réunir les acteurs

« Il est difficile de faire que des enseignants de l’éducation nationale puissent échanger entre eux… et encore plus des acteurs du primaire, secondaire, supérieur et des organismes de formation ! », introduit Yannig Raffenel.

Il souligne cependant l’intérêt de rencontres car « il y a un continuum, des questions sur l’apport de la technologie que tout le monde partage ».

Au cœur de ses missions, donc, rassembler ces publics, les entreprises edtechs ainsi que « tous les commanditaires qui peuvent rendre les transformations possibles ». Celui qui a créé le Learning Show, un événement organisé à Rennes qui rassemble ces acteurs, souligne l’importance de telles initiatives portées notamment par le réseau Canopée, pour le scolaire.

Des enjeux spécifiques selon les échelles

Dès le niveau régional, des spécificités culturelles apparaissent qui impactent les usages pédagogiques. Yannig Raffenel prend l’exemple de la Réunion, où l’usage de la réalité virtuelle est particulièrement développé.

« Sur d’autres régions, il y aura plus de travaux sur l’inclusion ou l’illectronisme, par exemple. Dans les Hauts-de-France, on aborde particulièrement la logique de badges - ou de reconnaissance - et de validation des acquis. »

Ainsi, chacun des hubs edtechs possède des thématiques propres. « Mais la nature des groupes de travail, la mise en commun, on la retrouve partout », souligne l’entrepreneur.

À plus grande échelle, dans les associations européennes de edtechs, on observe « des approches qui sont différentes dans chacun des pays, mais qui vont toutes dans le même sens ». Le positionnement du ministère dédié à l’éducation, entre autres, impacte le développement de la filière.

Défis et enjeux

L'éducation… un marché ?

Bien que le profil des créateurs d’entreprises edtechs corresponde à des personnalités en quête de sens, selon Yannig Raffenel, il est nécessaire de trouver un modèle économique indispensable à la survie de la société.

Pénétrer le marché de l’éducation en France est un véritable défi

« Pénétrer le marché de l’éducation en France est un véritable défi, estime le co-président d’EdTech France. Le seul partenaire qui permette d’aller à l’échelle industrielle, c’est le ministère de l’éducation nationale, et pour pouvoir lui vendre quelque chose, c’est un très long chemin de croix. Seuls quelques très gros acteurs sont positionnés historiquement sur les environnements numériques de travail, comme Pronote. »

Pour autant, ce qui intéresse les entrepreneurs, ce sont des approches pédagogiques, des ressources qui visent les enseignants. Or,  « c’est difficile car les enseignants n’ont pas la maitrise des achats de leurs outils ».

On assiste donc à une évolution vers deux types de marchés : le B2C, c’est-à-dire vendre directement aux familles, avec le soutien scolaire par exemple, ou encore, sur les troubles dys, vers le développement d’outils reconnus d’utilité médico-pédagogique, qui bénéficieront d’une prise en charge. « Cela permet de faire sauter le volet très clivant du financement », explique Yannig Raffenel.

L’Afrique francophone dans le viseur

Autre enjeu qui continue de s’affirmer : la nécessité d’étendre et d’adapter les solutions françaises en Afrique francophone.

« Ce n’est pas un simple marché : il faut répondre à des contraintes d’usage et proposer des ressources localisées avec les éléments culturels et les langues parlées, pour le plus grand nombre », développe Yannig Raffenel.

[Question de l’interviewé] Préparer les étudiants à une insertion professionnelle dans le temps

Comme à son habitude, Jean-François Fiorina réserve sa question de fin à son invité. Ici, Yannig Raffenel lui demande comment en tant que directeur général adjoint d’une école de commerce, il s’assure de garantir la meilleure insertion professionnelle possible à ses élèves.

En trois temps, répond le professionnel du sup’, en considérant le court, moyen et long terme. Nous vous laissons découvrir sa réponse ci-dessous !

*Personne qui multiplie les fonctions.

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