Quand l’université aide ses étudiants à booster leur candidature en master
Conseils sur l’orientation post-licence, apprentissage des codes de la lettre de motivation, relecture de CV… Trois ans après le lancement de la plateforme nationale Mon Master, l’Université Lumière Lyon 2 a mis en place « Go Mon Master », un dispositif conçu pour guider, étape après étape, les étudiants en troisième année de licence dans la construction de leur parcours d’études et la préparation de leurs candidatures. Sur le terrain, les équipes informent, outillent et, bien souvent, rassurent.
Pour de nombreux étudiants en troisième année de licence, la préparation des candidatures en master est un fil rouge qui peut nouer cerveaux et estomacs. Le lancement de la plateforme nationale Mon Master et de son calendrier unique en 2023 a simplifié les procédures côté candidats, mais elles restent une source de stress pour beaucoup.
Accompagner chaque étape du parcours
Afin de les appuyer dans leurs démarches, l’Université Lumière Lyon 2 a mis en place cette année « Go Mon Master », un dispositif d’accompagnement comprenant conférences, ateliers pratiques, rendez-vous individuels et permanences sur les campus. Le programme se déploie d’octobre à août et se veut une aide pour chaque étape du parcours des étudiants, de la réflexion sur l’orientation à la préparation des entretiens. Il va même un peu au-delà, en cas de candidature refusée.
« Nous avons prévu une conférence de clôture pour les étudiants qui n’auraient pas eu de proposition d’admission, explique Anaïs Voillot, responsable du Pôle orientation et réussite de l’université. Il s’agit de les aider à rebondir. Nous les informerons sur les procédures de recours comme la saisine du rectorat, mais aussi sur les manières de valoriser son dossier pour repostuler l’année suivante ou, lorsque le candidat est d’accord, d’envisager une réorientation ».
L’objectif est, dans la mesure du possible, d’éviter d’en arriver là. Les équipes du Centre d’orientation, des stages et de l’insertion des étudiantes et étudiants (COSIE) se mobilisent pour que les étudiants puissent mettre toutes les chances de leur côté en présentant un dossier conforme aux attentes des formations.
« L’une des premières choses que nous leur disons, c’est d’aller voir les fiches des masters pour adapter leurs dossiers », indique Marie-Karine Lhommé, vice-présidente orientation, réussite étudiante et insertion professionnelle. Pour une candidature dans le master métier du livre et de l’édition de l’Université, une première expérience (telle qu’un stage) dans les métiers visés est par exemple nécessaire. La formation, très demandée, n’accepte que des candidats présentant un projet professionnel solide. « Il faut ensuite leur apprendre les codes de la candidature en master, ce qu’il faut absolument éviter de faire… », poursuit la maîtresse de conférences en langue et littérature latines.
Échanger, informer, rassurer
Si beaucoup d’étudiants ont déjà une expérience professionnelle et connaissent donc CV, lettres de motivation et entretiens, certains découvrent ces exercices. Et ils ne les maîtrisent pas toujours. « Certaines lettres de motivation rédigées sans préparation sont très loin de ce que nous pouvons attendre », constate Marie-Karine Lhommé. Les étudiants n’ont pas forcément conscience de l’importance de cet élément dans leur dossier de candidature.
« Ils pensent parfois que Mon Master est un deuxième Parcoursup, que les lettres de motivations ne seront pas lues ou que leur dossier sera traité par un algorithme, observe la vice-présidente. Nous leur expliquons au contraire qu’il y a des jurys et que chaque élément du dossier est examiné. Leurs professeurs, qui font partie des commissions d’examen, le leur disent aussi ».
Mi-octobre, une conférence de présentation de la plateforme et des modalités de candidature a été organisée. Début mars, les étudiants ont aussi pu poser leurs questions sur Mon Master et évoquer leurs situations particulières lors d’une permanence tenue sur les deux campus.
Ces moments d’échanges et d’information sont également l’occasion de rassurer les candidats. Depuis la création de la plateforme nationale, Marie-Karine Lhommé a pu observer une augmentation du niveau de stress des étudiants concernant le processus de sélection en master.
Elle l’attribue notamment à la forte médiatisation des cas d’étudiants sans master. En 2025, 32,2 % des candidats ayant enregistré au moins un vœu sur la plateforme n’ont reçu aucune proposition d’admission, selon une note Flash du Sies, le service statistique du ministère de l’enseignement supérieur, de décembre. Parmi eux, 18 % des étudiants inscrits en L3 et 52 % des étudiants inscrits en licence professionnelle n’ont pas obtenu de master.
« Établir des plans B »
Les difficultés concernent principalement les candidats souhaitant intégrer des filières très sélectives comme le droit ou la psychologie. La plupart de leurs camarades sont en revanche quasiment assurés d’obtenir une place en master. « Nous essayons de dédramatiser en leur expliquant que le système est bien calibré pour la grande majorité des étudiants », insiste Marie-Karine Lhommé.
Le discours n’est pas le même avec ceux qui visent des filières en tension. Soutenus dans leurs projets en L3, ils sont aussi, dès les premières années de licence, incités à « établir des plans B pour ouvrir le champ des possibles ». L’université a ainsi mis en place en 2023 des conférences « Que faire après une licence de… ? » accessibles en replay à tous ses étudiants.
« Nous essayons également de faire se croiser des licences proches pour leur faire découvrir des filières qui pourraient constituer une solution de secours si jamais ils n’étaient pas pris », ajoute Marie-Karine Lhommé. Les étudiants en psychologie sont par exemple invités à regarder du côté des sciences de l’éducation ou toute autre discipline compatible avec leur formation et leurs aspirations.
Particulièrement inquiets, ils sont surreprésentés parmi les participants aux ateliers du dispositif Go Mon Master organisé pour des groupes de dix à vingt étudiants. « Certains ont assisté à tout ce que nous avons proposé jusqu’à présent », remarque Anaïs Voillot. Après avoir appris à identifier et à valoriser leur profil professionnel puis à travailler leur projet, avec des chargés d’orientation du COSIE, ils ont pu bénéficier d’une relecture de leurs CV et lettres de motivation.
« Nous proposons environ 220 créneaux individuels d’une demi-heure pour ces rendez-vous », indique la responsable du Pôle orientation et réussite de l’université. Tous ont trouvé preneur. Les huit chargés d’orientation du COSIE sont mobilisés pendant douze demi-journées. Cela permet de personnaliser l’accompagnement des étudiants qui sont aussi conseillés par les équipes pédagogiques de leurs composantes et reçus, si besoin, en entretien individuel.
Les premières conférences ont, quant à elles, rassemblé plus de 300 des 4 700 étudiants de licence, sans compter le visionnage des vidéos en différé.