Métiers
&
carrières

Les gagnants de l'été

Par Marine Dessaux | Le | Concours/recrutement

Pour l’enseignement supérieur et la recherche, l'été s’est avéré riche en résultats : la vague 2 de l’appel à projets « Excellences », le troisième appel à projets « Universités européennes » et les concours du ministère, i-PhD, i-Lab et i-Nov, ont annoncé leurs lauréats. Découvrez les grands gagnants de l'été.

Découvrez les lauréats des appels à projet « Universités européennes » et « Excellences ». - © Eric.Le Roux/Communication/UCBL
Découvrez les lauréats des appels à projet « Universités européennes » et « Excellences ». - © Eric.Le Roux/Communication/UCBL

Qui a dit qu’il ne se passait rien dans le supérieur pendant l'été ? Début juillet, sont parus les résultats très attendus du troisième appel à projets pour les universités européennes et de la deuxième vague d’Excellences, lancé dans le cadre du 4e programme investissement avenir, intégré dans le plan France 2030.

328,6 M€ pour la deuxième vague d’Excellences

Sur 38 projets déposés, ce sont 17 lauréats qui remportent l’appel à projets le plus attendu : « Excellences sous toutes ses formes ». Et pour cause, ce sont 328,6 millions d’euros que se partagent les gagnants, contre 292,4 millions d’euros pour la première vague. Des résultats annoncés par Sylvie Retailleau, ministre de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), le 12 juillet dernier.

L’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées touchera donc 76,6 millions d’euros, pour moitié de l’Etat et pour l’autre de la région. - ©  UFTMP
L’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées touchera donc 76,6 millions d’euros, pour moitié de l’Etat et pour l’autre de la région. - ©  UFTMP

L'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées (UFMTP) obtient la plus grande dotation de 38,3 millions d’euros, qui sera abondée à hauteur équivalente par la région Occitanie, suivie par l'Université Lyon 1 qui touche 28,1 millions d’euros. Ces deux établissements créent la surprise, ne s'étant pas distingués lors de la précédente vague et faisant partie des perdant de la compétition des initiatives d’excellence (Idex). La plus faible dotation revient à l’Université de Corse avec 7,16 millions d’euros.

Quatre projets déjà lauréats d’initiatives d’excellence (Idex) ou d’I-site* totalisent plus de 98 millions d’euros sur cette 2e vague : ceux de l'Université Grenoble Alpes, de l’Université de Lorraine, de l'Université PSL et de Sorbonne Université.

Les 13 autres se partagent 230,6 millions d’euros et sont portés par les universités de Guyane et de Polynésie française, l’Université Polytechnique Hauts-de-France, l’Université de Reims Champagne-Ardenne, les universités de Rennes 1, d’Artois, d’Orléans, de Lyon 1, IP Paris, Sciences Po Paris, l’UFTMP, l’Université Savoie Mont-Blanc et l’Université de Corse.

Une troisième et dernière vague a été lancée le 12 juillet et sera clôturée le 30 novembre prochain. Elle devra donc distribuer les 179 millions d’euros de restants. Cet appel à projets vise à « reconnaître l’excellence dans sa diversité et à accompagner les établissements d’ESR porteurs d’un projet de transformation ambitieux à l’échelle de leur site, dans la mise en œuvre de leur stratégie propre, élaborée à partir de leur dynamique territoriale et de leurs besoins spécifiques », indique le ministère.

3e appel à projets « Universités européennes » : le sup’ français omniprésent

C’est presque un sans faute ! 16 des 17 alliances d’universités européennes retenues en 2019 ont à nouveau été sélectionnées par la Commission européenne, à l’issue du 3e appel à projets, dont les résultats ont été annoncés le 27 juillet.

Les universités européennes consistent en des alliances d’universités transnationales réunies autour d’une stratégie commune. - ©  Giampaolo Squarcina
Les universités européennes consistent en des alliances d’universités transnationales réunies autour d’une stratégie commune. - ©  Giampaolo Squarcina

Les 16 alliances fructueuses se sont élargies à quelque 30 nouveaux établissements d’enseignement supérieur, précise la Commission.

L’aventure s’arrête là pour l'alliance EU4Art. Elle ne comprenait pas d'établissement français, mais réunissait Hungarian University of Fine Arts (Hongrie), Dresden Academy of Fine Arts (Allemagne), Academy of Fine Arts of Rome (Italie) et Art Academy of Latvia (Lettonie).

En revanche, sur les 16 alliances, 15 comptent au moins un membre français. Le supérieur tricolore est également présent parmi les quatre nouvelles alliances. En effet, sont sélectionnées pour la première fois :

  • EU4Dual avec l’école d’ingénieur Estia ;
  • EU Green avec l’Université d’Angers,
  • Ingenium avec l’Université Rouen Normandie,
  • UNigreen avec l'école d’ingénieur Sup’biotech.

Ce 3e appel à projets, lancé le 30 novembre 2021, est doté de 272 millions d’euros. À l’automne 2022, la Commission européenne lancera une quatrième vague pour les alliances retenues en 2020, et pour de nouvelles alliances.

Compétences et métiers d’avenir : 26 universités et 7 écoles parmi les lauréats

Lancé en décembre 2021, l'appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Compétences et métiers d’avenir » a pour objectif d’accélérer le montage ou l’adaptation de formations existantes aux besoins de compétences des nouvelles filières et des métiers d’avenir.

Sur 93 dossiers instruits, les 66 premiers lauréats de cet AMI de France 2030 ont été révélé le 28 juillet, et comptent parmi eux : 26 universités, sept écoles, un lycée, un campus des métiers et des qualifications et pôle de compétitivité. Les gagnants se répartissent entre 23 projets de diagnostics, pour un montant de près de 3,4 millions d’euros, et 43 projets de dispositifs de formation pour 300,4 millions d’euros.

Avec cinq projets lauréats, l’Université Grenoble Alpes (UGA) est l’organisation qui en porte le plus. Viennent ensuite l’Université de Montpellier et l’Université Claude Bernard Lyon 1 avec deux projets chacune. C’est aussi UGA qui obtient la subvention la plus importante de 56,7 millions d’euros pour le projet QuanTEdu-France (technologies du quantique), suivie d’Euro App Mobility avec 17,1 millions d’euros (enseignement et numérique) et l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées pour le projet Genhyo avec 16,5 millions d’euros (hydrogène vert).

La seconde levée de candidatures s’est clôturée le 5 juillet avec 167 dossiers déposés. La prochaine vague de l’appel à manifestation d’intérêt se concentrera sur les dispositifs de formation et se clôturera le 31 octobre 2022.

Concours d’innovation : i-Nov, i-Lab et i-PhD

Comme tous les ans également, le concours d’innovation de l’État a distingué les lauréats de i-PhD, i-Lab et i-Nov. Ils sont d’ailleurs plus de 4 000 depuis son lancement ! Qui sont les gagnants et le montant de leurs gains ?

Le 4 juillet avait lieu la cérémonie de remise des prix du concours d’innovation de l’État. Comme tous les ans, il a distingué les lauréats de i-PhD, i-Lab et i-Nov. Ils sont 241 gagnants cette année, et plus de 4 000 depuis le lancement de cette initiative !

I-Phd : 36 projets de start-up de doctorants sélectionnés

I-Phd soutient les jeunes chercheurs dans la création de start-up. - ©  D.R.
I-Phd soutient les jeunes chercheurs dans la création de start-up. - ©  D.R.

Sur 57 dossiers reçus, 36 projets ont été distingués dans le cadre d’i-PhD 2022. Un concours visant à soutenir les jeunes chercheurs dans la création de start-up en rupture technologique, en lien avec des structures de transfert de technologie et des laboratoires de recherche publique.

Que gagnent-ils ? Chaque lauréat bénéficie, outre une mise en visibilité, d’un programme d’accompagnement lui permettant d’accélérer son projet. Un concours encore majoritairement masculin, mais ouvert sur l’international avec, parmi les lauréats, 27 % de femmes et 41 % de doctorants étrangers.

I-Lab, des prix jusqu'à 600 000€

Depuis son lancement en 1999, le concours valorisant les résultats de la recherche publique via la création d’entreprises de technologies innovantes, i-Lab, a reçu 23 803 candidatures et a mobilisé 526 millions d’euros pour 3 707 lauréats !

I-Lab valorise les résultats de la recherche publique via la création d’entreprises de technologies innovantes. - ©  D.R.
I-Lab valorise les résultats de la recherche publique via la création d’entreprises de technologies innovantes. - ©  D.R.

Lors de sa dernière édition, en 2022, il a distingué 78 lauréats, dont dix grands prix, sur 395 candidatures. Avec des montants variables, les prix s'élèvent jusqu’à 600 000 euros par projet, pour un budget de 26 millions d’euros au total.

Cette année, on note néanmoins que le nombre de docteurs récompensés par i-Lab a diminué. En effet, en 2021, 48 % des lauréats possédaient un doctorat. En 2022, ce chiffre descend à 40 %.

Par ailleurs, la représentativité des femmes, bien que très basse avec 17 %, est en hausse et marque une rupture avec un pourcentage ayant diminué les années précédentes, allant jusqu’à atteindre 13 % en 2021.

Autre fait remarquable, la prédominance des projets dans les domaines de la santé et du numérique. Les secteurs de la santé représentent à eux seuls plus de 46 % des projets.

I-Nov, de un à cinq millions pour les 127 lauréats

127 : c’est le nombre de lauréats de l'édition 2021 et 2022 du concours i-Nov, soutenant les projets de développement innovants portés par des start-up ainsi que des petites et moyennes entreprises. Les vagues 7 (2021) et 8 (2022) accompagneront des projets à hauteur de un à cinq millions d’euros, pour un montant total de 80,1 millions d’euros.

I-Nov accompagne les projets de développement innovants portés par des start-up et des petites et moyennes entreprises. - ©  D.R.
I-Nov accompagne les projets de développement innovants portés par des start-up et des petites et moyennes entreprises. - ©  D.R.

L’objectif étant de favoriser l’émergence d’entreprises leaders pouvant prétendre à une envergure mondiale. Ainsi, les 72 lauréats de la vague 7 se partagent 45,8 millions d’euros d’aides versées. Et les 55 lauréats de la vague 8 (2022) se partagent 34,2 millions d’euros d’aides versées.

La vague 9 du concours est fermée, mais la vague 10 du concours i-Nov est d’ores et déjà lancée. Elle traitera quatre thématiques : « numérique », « santé », « transports, mobilités, villes et bâtiments durables » et « énergies, ressources et milieux naturels ». Le dépôt des candidatures est ouvert jusqu’au 28 septembre 2022 sur le site de Bpifrance.

*I-site désigne les Initiatives science-innovation-territoire-économie.

Transférer cet article à un(e) ami(e)