Le carnet de Campus Matin : les mouvements à retenir en cette rentrée 2026
Un ancien de la Direction générale de l’armement à la tête de l’X, plusieurs mouvements à la Dgesip (Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle) et au Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), un cadre du CEA qui devient conseiller recherche du ministre ou bien encore une nouvelle directrice générale adjointe de l’Onisep… Autant de prises de fonctions décryptées par Campus Matin des cinq mouvements à retenir en cette rentrée 2026.
Bruno Bellier, DG de l’École polytechnique
Bruno Bellier, ingénieur général de 1re classe de l’armement, a été nommé directeur général de l’École polytechnique par Catherine Vautrin, ministre des armées et des anciens combattants, en Conseil des ministres le 31 août 2026.
Depuis le 1er septembre, il succède donc à Laura Chaubard qui a rejoint à la même date l’entreprise de services du numérique Sopra Steria, comme directrice des activités défense, sécurité et spatial.
La question de l’articulation avec l’Institut polytechnique de Paris
Parmi les premiers dossiers de Bruno Bellier, celui de la gouvernance de l’École polytechnique et son articulation avec l’Institut polytechnique de Paris. En effet, la loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, promulguée le 18 août dernier, prévoit la modification de la gouvernance de l’X, en séparant les rôles entre un directeur général qui détient tous les pouvoirs exécutifs et un président du conseil d’administration non exécutif issu du monde de l’entreprise.
Un décret en Conseil d’État doit dorénavant déterminer les modalités d’application de cet article. Lors du conseil d’administration de l’École polytechnique le 25 juin, les membres ont donné un avis favorable aux évolutions du projet de décret d’organisation de l’École polytechnique. En attendant la publication du nouveau décret d’organisation de l’école, Bruno Bellier assurera également la présidence par intérim du Conseil d’administration de l’X.
Un ancien de l’X qui a fait carrière à la Direction générale de l’armement
Bruno Bellier est diplômé de l’X en 1992. De 2003 à 2006, il est chef de la division Analyse et évaluation chimique du centre d’études du Bouchet auprès de la direction technique de la DGA. Il dirige ensuite le programme de détection et d’identification des agents biologiques (Detecbio) entre 2006 et 2011. Puis, jusqu’en 2015, il exerce le poste d’adjoint au directeur des opérations et chef de la mission de supervision Occar (organisation conjointe de coopération en matière d’armement).
Il est ensuite nommé adjoint à la sous-directrice de la politique des ressources humaines de la direction générale de l’armement. Entre 2017 et 2018, il officie au poste d’inspecteur de l’armement délégué, chargé de la sécurité du domaine biologie et chimique, au sein de l’inspection de l’armement de la DGA.
En 2018, il devient chef de la division stratégie et technologies de défense de l’Agence de l’innovation de défense. C’est le « centre de référence pour le ministère de la défense dans le domaine de la défense NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) au profit des forces armées et de la sécurité de la Nation », selon le ministère des armées.
En mai 2021, un décret présidentiel le nomme directeur de DGA Maîtrise nucléaire, radiologie, bactériologique et chimique à la direction technique de la direction générale de l’armement du ministère chargé des armées. Depuis le 1er juillet 2025, il était adjoint au directeur de l’ingénierie et de l’expertise de la direction générale de l’armement.
Hcéres : un nouveau département et trois nominations
Louis Buyssens a été nommé directeur de la coordination des évaluations du Hcéres en septembre. Ce poste, placé sous la responsabilité hiérarchique directe de Coralie Chevallier, présidente du Hcéres, a été créé afin d’assurer « la cohérence des procédures et des pratiques ainsi que des calendriers d’évaluation ».
Depuis fin septembre, Nicolas Arnaud est lui directeur par intérim du nouveau département « Évaluation institutionnelle » du Hcéres. Il était jusqu’ici à la tête du département des organismes depuis janvier 2026. Murielle Gac prendra le poste de cheffe de département à compter du 1er novembre.
Ce nouveau département est issu de la fusion du département établissements et du département organismes du Haut conseil. Selon le Hcéres, cette évolution répond à la volonté d’une simplification organisationnelle interne.
Louis Buyssens, déjà plusieurs postes stratégiques à son actif
Louis Buyssens était depuis septembre 2024 directeur de cabinet d’Olivier Ginez, le directeur général de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle.
Diplômé d’un master en politiques publiques de Sciences Po Paris et d’un master de recherche en langue et littérature de Sorbonne Université, Louis Buyssens commence sa carrière en tant que chargé de mission à l’académie de Paris, de 2017 à 2018. Il est chargé de l’évaluation de la plateforme « Trouver mon master », de la préfiguration et de la mise en œuvre de la réforme de l’entrée dans l’enseignement supérieur via « Parcoursup », et des relations avec les universités.
De 2020 à 2022, il est collaborateur parlementaire de Christine Pirès-Beaune (socialiste), députée du Puy-de-Dôme. Il est directeur du cabinet du Crous de Versailles de 2022 à 2023, avant de devenir directeur du cabinet d’Olivier Ginez, alors recteur délégué à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation d’Île-de-France, de 2023 à 2024.
Nicolas Arnaud, un spécialiste des sciences de l’Univers
Diplômé d’un doctorat obtenu à l’Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand 2), et directeur de recherche CNRS depuis 1993, Nicolas Arnaud a été vice-président délégué aux relations formation recherche à l’Université de Montpellier 2 de 2008 à 2012, avant de devenir directeur fondateur de l’Observatoire des sciences de l’Univers Oreme à l’Université de Montpellier entre 2008 et 2018.
Au cours de cette période, il devient également directeur adjoint puis directeur de l’Institut national des sciences de l’Univers du CNRS. Il était entré au Hcéres en janvier 2026 comme directeur du département d’évaluation des organismes nationaux de recherche.
Murielle Gac, un parcours dans l’éducation nationale et l’ESR
Murielle Gac était jusqu’ici adjointe au chef du département des dispositifs fiscaux du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Espace. Elle avait démarré sa carrière en 2008 à l’EnsiCaen avant de rejoindre le Conseil régional de Normandie en 2014, comme chargée de mission ESR puis en tant que cheffe du service partenariats ESR et transfert.
De 2017 à 2020, elle fait un premier passage au Hcéres comme chargée de projet, puis rejoint l’IRA de Nantes où elle obtient le statut d’élève attachée d’administration. Un an plus tard, elle entre à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale du Val-de-Marne, d’abord comme cheffe du service carte scolaire et mouvement intradépartemental 1er degré puis en tant qu’adjointe à la cheffe de la division RH et moyens du 1er degré.
Ça bouge aussi à la Dgesip !
Damien Rousset, administrateur de l’État du deuxième grade, a été nommé chef du service de l’appui à la conduite des politiques publiques à la Dgesip (Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle) le 7 septembre. Un poste créé dans le cadre de la réorganisation de la Dgesip qui vise à repositionner l’administration centrale du Mesre dans un rôle plus stratégique.
Dans ce cadre, Hélène Caplat-Lancry, administratrice de l’État du deuxième grade, a été nommée cheffe du service de l’offre de formation et de la vie étudiante. Par ailleurs, Marie Guillemet, jusqu’ici cheffe de cabinet du Dgesip, devrait prendre la responsabilité de directrice de cabinet.
Damien Rousset, un parcours entre ministère et Inserm
Damien Rousset était précédemment directeur général délégué à l’administration de l’Inserm depuis juillet 2021.
Titulaire d’un doctorat en sciences juridiques de l’Université Lille 2 (aujourd’hui Université de Lille), il commence sa carrière en tant qu’attaché d’administration scolaire et universitaire dans cette même université, où il devient chef du service de la scolarité de la faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques, puis responsable des études et de la formation de l’université. En 2011, il intègre l’ENA (aujourd’hui INSP).
À sa sortie, en 2013, il rejoint le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, où il est chef du bureau du budget à la direction des affaires financières. De 2016 à 2018, il est chef du service des affaires régionales auprès du recteur de Paris, recteur de la région académique Île-de-France.
Enfin, en 2018, il avait rejoint la DGRI en qualité d’adjoint au chef du service de la performance, du financement et de la contractualisation avec les organismes de recherche, avant de devenir DGD à l’administration à l’Inserm.
Hélène Caplat-Lancry, du ministère de l’intérieur à celui de l’ESR
Hélène Caplat-Lancry, administratrice de l’État du deuxième grade, a été nommée cheffe du service de l’offre de formation et de la vie étudiante au sein de la Dgesip, à compter du 21 septembre.
Elle était cheffe du bureau des affaires générales, des études et des statuts, à la direction des ressources humaines du ministère de l’intérieur (2016-2019), puis cheffe du bureau de l’écologie, du logement, du développement et de l’aménagement durables à la direction générale des outre-mer (2019-2022).
Hélène Caplat-Lancry avait intégré l’administration centrale des ministères de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche et des sports, de la jeunesse et de la vie associative en mars 2022, comme sous-directrice du pilotage du recrutement et de la gestion des enseignants-chercheurs au sein de la DGRH. Elle avait été renouvelée à cette fonction en mars 2025.
La réorganisation du ministère
La nouvelle architecture du Mesre s’organise désormais en :
• quatre services en propre de la Dgesip : accès et accompagnement dans l’enseignement supérieur, offre de formation et de la vie étudiante, appui à la conduite des politiques publiques, pilotage des opérateurs et de l’action territoriale ;
• trois services communs Dgesip et DGRI : une délégation au numérique et aux données, le Sies (service de l’information et des études statistiques), et le service Europe et international ;
• et trois services en propre de la DGRI et un institut : pilotage des opérateurs, politiques publiques en matière de R&I, opérations et institut des hautes études par les sciences et la technologie.
Cabinet du ministre de l’Esre : Hervé Desvaux conseiller recherche
Depuis le 11 septembre, Hervé Desvaux occupe le poste de conseiller recherche au cabinet de Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace. Il succède à Laure Ménétrier, qui avait été nommée à ce poste en décembre 2025.
Toute sa carrière au CEA
Diplômé de l’ENS-PSL, titulaire d’un doctorat en physique-chimie obtenu à l’Université Pierre et Marie Curie (aujourd’hui Sorbonne Université) et d’une habilitation à diriger des recherches délivrée par l’Université Paris-Sud (aujourd’hui Paris-Saclay), il effectue l’ensemble de sa carrière au CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), qu’il rejoint en 1994 en tant que chercheur.
Il y devient ensuite adjoint scientifique au chef de l’Iramis (Institut rayonnement-matière de Saclay) en 2009, puis directeur de cet institut dès 2014, avant d’occuper depuis 2019 le poste de directeur délégué aux programmes. Hervé Desvaux a par ailleurs été nommé au grade de chevalier de l’ordre national du mérite dans la promotion du 15 mai 2026.
Alexandra Wisniewski, directrice générale adjointe de l’Onisep
Alexandra Wisniewski est la nouvelle directrice générale adjointe de l’Onisep depuis le 1er septembre. Elle était auparavant directrice générale adjointe du Réseau Canopé, l’opérateur de la formation tout au long de la vie des enseignants et des acteurs de l’éducation.
Auprès d’Olivier Sidokpohou, directeur général de l’Onisep, elle annonce poursuivre son « engagement pour l’éducation et la jeunesse, au sein d’un opérateur du ministère de l’éducation nationale et du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, en lien étroit avec les académies, les collectivités territoriales et de nombreux partenaires institutionnels, dans une logique de coopération ».
Une autre casquette de conseillère municipale
Titulaire d’une licence en physique de CY Cergy Paris Université, d’une licence en études théâtrales de l’Université Sorbonne Nouvelle et de deux masters de CY Cergy Paris Université (en développement territorial et en droit public), Alexandra Wisniewski rejoint le Réseau Canopé en 2016 comme cheffe de cabinet (2016-2018).
Elle devient ensuite directrice de cabinet jusqu’en novembre 2020 où elle est nommée directrice générale adjointe. Elle exerce l’intérim de la direction de novembre 2025 à janvier 2026 et la nomination de Samuel Vitel. Depuis 2008, elle exerce en parallèle des responsabilités à la ville de Cergy. Elle y est actuellement conseillère municipale déléguée à la culture.
« Je m’estime très chanceuse de pouvoir investir le champ de l’orientation, sujet cœur de notre système éducatif et cœur des enjeux sociétaux, pour lequel l’engagement des agents de l’Onisep est remarqué et constant », ajoutait-elle à sa prise de fonction.