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Le salon de l’agriculture, passage obligé pour les grandes écoles agro/veto

Par Isabelle Cormaty | le | Relations extérieures

Événement incontournable en ce début du mois de mars, à quelques semaines de l'élection présidentielle, le Salon international de l’agriculture rassemble tous les acteurs du monde agricole. Parmi les près de 10 000 exposants, figure une poignée d'établissements du supérieur spécialisés dans l’enseignement agricole et vétérinaire.

Les étudiants d’AgroParisTech présentent leur école au Salon international de l’agriculture. - © IC / Campus Matin
Les étudiants d’AgroParisTech présentent leur école au Salon international de l’agriculture. - © IC / Campus Matin

Dans une clinique vétérinaire reconstituée, plusieurs enfants s’affairent autour d’un chien en peluche portant une collerette. Des étudiants en écoles vétérinaires leur expliquent les différents instruments de cette salle d’opération factice. Et la magie opère très vite auprès des plus petits ! 

« Les étudiants des quatre écoles vétérinaires animent la clinique vétérinaire du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral. Ils assurent la surveillance et le contrôle sanitaire des animaux présents sur le salon avec des astreintes de 24 heures », explique la directrice générale d’Oniris, Laurence Deflesselle.

Si des étudiants volontaires sont mobilisés, d’autres écoles du supérieur tiennent également des stands au Salon international de l’agriculture qui se tient du 26 mars au 6 février, porte de Versailles à Paris. Quels sont les enjeux d’une telle manifestation pour les établissements ? 

Une présence qui répond à plusieurs objectifs pour les écoles

Le Salon, « the place to be » pendant une semaine

Au-delà des concours agricoles, expositions de 4000 animaux et présentations des produits régionaux connus du grand public, l’un des sept pavillons du Salon héberge l’ensemble des acteurs institutionnels de la filière agricole. 

L’Institut Agro dispose d’un stand pour ses trois écoles sur la Salon de l’agriculture. - © IC / Campus Matin
L’Institut Agro dispose d’un stand pour ses trois écoles sur la Salon de l’agriculture. - © IC / Campus Matin

« Nous sommes dans un lieu stratégique qui réunit toute la filière : les syndicats, les entreprises, les ministères, les académiques et de la R&D. C’est donc le lieu où il faut être, constate René Siret, directeur général de l'ESA à Angers. Le salon permet de faire émerger des projets, d'écouter les besoins du monde agricole, de rencontrer de très nombreuses entreprises avec qui nous travaillons déjà. Nous montrons aussi que nous sommes une école ancrée sur notre territoire. »

Pour Laurent Buisson, directeur général d'AgroParisTech depuis novembre dernier, « le Salon est un endroit exceptionnel pour nous, car la communauté AgroParisTech y rencontre l’ensemble de ses partenaires. Nous présentons aussi nos programmes de recherche, nous avons un rôle à jouer dans le dialogue entre la science et la société. »

Parmi les autres écoles présentes figurent UniLaSalle, l’Institut des hautes études de droit rural et d'économie agricole (IHEDREA) et l'Institut Agro. C’est la première fois que l'établissement public expérimental expose depuis la fusion entre les trois établissements. « Nous souhaitons mettre en avant le potentiel de nos étudiants dans l'écosystème et montrer notre appartenance à la communauté agro », détaille Pierre Dubuisson qui représente l’association des alumni d’AgroSup Dijon.

Renseigner les futurs étudiants

Pierre-Evan Meurant, ingénieur en géologie et Anaïs, étudiante en bachelor présentent leur école, UniLaSalle. - © IC / Campus Matin
Pierre-Evan Meurant, ingénieur en géologie et Anaïs, étudiante en bachelor présentent leur école, UniLaSalle. - © IC / Campus Matin

Au-delà de leur visibilité auprès des partenaires économiques et institutionnels, les écoles peuvent s’adresser au grand public. Et répondre aux multiples questions des visiteurs, sur l’orientation et l’offre de formation. Dans les allées se pressent ainsi de nombreux parents, collégiens, lycéens ou étudiants qui se renseignent sur les études agricoles ou vétérinaires. Mais, contrairement aux salons de l’orientation, le profil des visiteurs diffère.

« Une grande majorité des jeunes qui viennent nous voir sont des enfants d’agriculteurs qui souhaitent se former avec un objectif précis », remarque Pierre-Evan Meurant, ingénieur en géologie, chargé d’enseignement à UniLaSalle.

Répondre aux demandes de formation continue

Par ailleurs, des entreprises du secteur sollicitent également les établissements du supérieur pour assurer des formations des salariés tout au long de la vie« Le Salon de l’agriculture ne remplit pas les mêmes objectifs qu’un salon étudiant. La dimension internationale est très importante sur l'événement. J’ai rencontré cette semaine un chef d’entreprise malien qui voulait de l’aide pour concevoir des modules de formation technique pour ses employés », raconte René Siret, directeur général de l'École supérieure d’agricultures située à Angers.

Deux types de publics intéressés par la formation continue se renseignent aussi auprès des écoles sur le salon : des personnes en activité souhaitant un complément de formation, ou des adultes en reconversion professionnelle. 

L’ESA Angers dispose d’un centre d’enseignement à distance depuis 1927. « Historiquement, l'école a été créée par les agriculteurs pour les agriculteurs. Nous retrouvons toujours aujourd’hui cette spécificité, souligne René Siret. Nous avons augmenté de 50 % en deux ans nos effectifs en formation à distance. »

Favoriser l’insertion professionnelle des étudiants

Laurent Buisson dirige AgroParisTech depuis novembre 2021. - © Laurent Ardhuin pour l’UPMC
Laurent Buisson dirige AgroParisTech depuis novembre 2021. - © Laurent Ardhuin pour l’UPMC

Enfin, l'événement permet aux personnels des écoles et étudiants d’identifier auprès des acteurs économiques des opportunités de stages, de contrats d’apprentissage ou d’emplois en sortie d'école… « En tant qu'établissement, nous formons des jeunes qui vont entrer sur le marché du travail. La plupart des entreprises susceptibles de les embaucher se trouvent sur le Salon », résume Laurent Buisson

La manifestation renforce aussi les relations avec les alumni : « Nos anciens diplômés viennent tous sur le stand de l'école pour échanger avec les étudiants actuels », ajoute Laurent Buisson.

Sur le plan financier, Sam Berchiche, directeur commercial et marketing de l'école privée UniLaSalle, explique que la présence sur le Salon « favorise le développement du mécénat, des chaires de recherche, de la formation continue et la collecte de la taxe d’apprentissage ».

Un moment marquant dans l’année pour les écoles

Un événement convivial et enrichissant pour les étudiants

Des étudiants des quatre écoles vétérinaires sont présents sur le salon. - © IC / Campus Matin
Des étudiants des quatre écoles vétérinaires sont présents sur le salon. - © IC / Campus Matin

Les étudiants volontaires pour représenter leur école sur le salon apprécient tous d'échanger directement avec des professionnels des secteurs dans lesquels ils souhaitent travailler. « Comme je suis en première année, je m’intéresse à tous les domaines. C’est un bon moyen de rencontrer des éleveurs de régions différentes et de discuter avec des vétérinaires », explique Blandine, étudiante à VetAgro Sup à Lyon. 

Un constat partagé par Emma, étudiante de troisième année à Oniris« Nous apprenons beaucoup la théorie au début de nos études. Ici, nous pouvons voir de nombreuses races de vaches et poser des questions aux éleveurs », raconte-t-elle. 

Polos verts sur le dos, impossible de rater les étudiants d’AgroParisTech qui tiennent le stand de leur école. Pour Sophie, étudiante en deuxième année, l'événement est l’occasion de découvrir différentes branches d’activités.  « Nous pouvons repérer les entreprises qui nous intéressent et échanger directement avec elles. Certes, nous pourrions trouver des informations sur internet, mais c’est beaucoup plus sympa de discuter avec des chercheurs ou des ingénieurs », affirme-t-elle.

Alors que le contexte sanitaire complique la vie étudiante depuis 2020, ce genre de manifestation permet aussi aux étudiants de différentes écoles de se rencontrer. « Les InterAgros ont été annulés pendant deux ans, cela fait plaisir d'échanger avec les étudiants des autres écoles véto qui font exactement les mêmes études que nous », confie Léonore, de l'École nationale vétérinaire de Toulouse.  

Un passage obligé pour les dirigeants d'établissement

Laurence Deflesselle est directrice générale d’Oniris. - © D.R.
Laurence Deflesselle est directrice générale d’Oniris. - © D.R.

Que leur école expose ou non sur le Salon international de l’agriculture, l'événement représente un passage obligé pour les dirigeants d'écoles spécialisées dans l’agriculture ou les études vétérinaires. 

« Tous les membres externes du conseil d’administration de l’école sont présents sur le salon. C’est donc l’occasion de les voir dans un contexte différent. Je suis allée voir le directeur des Fermiers de Loué par exemple, qui est président de notre conseil d’administration. Une personnalité qualifiée du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral fait également partie du CA », énumère Laurence Deflesselle, la directrice générale d'Oniris.

Le Salon comporte aussi une forte dimension régionale, avec des événements organisés par les collectivités avec des élus locaux. Les directeurs en profitent donc rencontrer ces acteurs. « Nous venons ici pour discuter avec des partenaires potentiels, mais aussi chercher des idées et sentir des tendances », conclut Laurent Buisson. 

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