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[Vidéo] Quels liens entre métiers de l’humanitaire et formation ?

Par Marine Dessaux | le | Rse - développement durable

Acteur et expert du sup', Jean-François Fiorina est directeur général adjoint de Grenoble Ecole de Management (GEM). Pour Campus Matin, il réalise des interviews en visioconférence.

Pour cette quatrième édition, il s’entretient avec Rory Downham, directeur formation ingénierie et qualité de Bioforce, le centre de formation aux métiers de l’humanitaire.

[Vidéo] Quels liens entre métiers de l’humanitaire et formation ?
[Vidéo] Quels liens entre métiers de l’humanitaire et formation ?

Ce mois-ci, Jean-François Fiorina échange avec Rory Downham, directeur formation ingénierie et qualité de Bioforce, l’ONG qui forme les professionnels de l’humanitaire.

1. Bioforce, une ONG spécialisée dans le renforcement des capacités

Créée en 1983, Bioforce est une association à but non lucratif qui se spécialise « dans le renforcement des capacités », présente Rory Downham. C’est-à-dire dans « la formation et d’autres dispositifs d’accompagnement ».

L’ONG possède un centre de formation à Lyon, mais aussi à Dakar et propose des formations à l’international, notamment à Amman (Jordanie). Par ailleurs, elle a signé un accord de double diplôme avec GEM.

À l’occasion de la sortie d'État des lieux des métiers de l’humanitaire 2020, accessible sur internet en licence libre, Jean-François Fiorina fait le point.

2. Les 3 axes de l'étude

Comment a été construite l'étude de Bioforce auprès de plus de 1 500 professionnels de l’humanitaire ? Autour de trois axes :

  • la formation des individus ;
  • le renforcement des organisations ;
  • la structuration du secteur.

Une réflexion qu’approfondit Rory Downham dans la vidéo ci-dessous.

3. Ses principales conclusions

Rory Downham propose de revenir sur les apprentissages de l’ouvrage publié par Bioforce. Ainsi, il ressort qu'« on fait carrière dans l’humanitaire », mais que, s’il existe des certifications pour se professionnaliser dans ce domaine, « elles ne sont pas utilisées pour le recrutement, le développement ».

« Le niveau de structuration professionnelle par métier reste extrêmement faible », regrette-t-il. Une tendance que Bioforce vise à améliorer notamment grâce à ses 24 fiches métiers créées dans le cadre de cette étude pour décrire les éléments essentiels, certifications existantes et compétences requises dans chaque cas de figure.

4. Des compétences essentielles pour la pratique humanitaire

C’est l’une des forces de cet état des lieux : il a réussi à mettre d’accord les acteurs de l’humanitaire sur 20 compétences clés, propres au secteur, quel que soit le domaine professionnel (juridique, RH, etc.).

S’il existe déjà un référentiel de compétences, qui est peu utilisé, « notre étude apporte un peu de fraîcheur pour mettre à jour et élargir le référentiel des compétences », dit Rory Downham.

Maintenant, l’objectif est de faire adopter ce référentiel « pour recruter, former, évaluer et accompagner ». « Il faudrait que ce référentiel soit utilisé dans l’ensemble des étapes du process des ressources humaines », souligne celui qui est également coordinateur de l’ouvrage.

5. Malgré les risques accrus, des jeunes diplômés toujours motivés

Après l’attentat au Niger qui a touché six français qui travaillaient pour l’ONG Acted, en août 2020, la part de risque que comportent les missions humanitaires a été mis en relief. « Les humanitaires sont devenus des cibles », atteste Rory Downham.

Pour autant, les jeunes diplômés n’hésitent pas à s’engager dans ces métiers porteurs de sens. « Il n’y a jamais eu autant besoin de formation », prévient néanmoins le directeur de formation qui considère que cela est primordial pour ne pas accroître les risques.

6. La question bonus : Quels apports de la collaboration entre Bioforce et GEM pour les étudiants ?

C’est au tour de Rory Downham de se glisser dans la peau d’un intervieweur. Ce qu’il aimerait demander à Jean-François Fiorina ? Ce que le double diplôme Bioforce et GEM apporte aux étudiants.

Le directeur général adjoint souligne que ce parcours a apporté « une professionnalisation » pour les étudiants qui souhaitent s’engager dans l’humanitaire, et qui attendent des métiers dans lesquels ils soient « intellectuemment challengés ».

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