Vie des campus

6 dates clés dans le parcours de Sébastien Linden, spécialiste de l’internationalisation du sup'

Par Marine Dessaux | le | Stratégies

Après quatorze ans à Sciences Po Paris et quatre ans à l’Ambassade de France en Israël, Sébastien Linden a lancé en 2019 une société de conseil dédiée à l’internationalisation de l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation. Il revient sur son parcours en 6 dates clés.

Un parcours original, de Sciences Po au conseil en passant par une expérience en ambassade - © utopikphoto
Un parcours original, de Sciences Po au conseil en passant par une expérience en ambassade - © utopikphoto

Septembre 1993 : « Je commence mes études à Sciences Po Paris »

Pendant trois ans, je profite de la richesse de cet institut d'études politiques, qu’il s’agisse de la stimulation intellectuelle des cours, du dynamisme de la vie associative ou de l’intensité du débat politique. C’est aussi une époque de questionnement sur le modèle de Sciences Po et je m’implique avec ardeur, comme élu étudiant, pour défendre une vision ouverte et inclusive de l'école. Autant d’occasions de débattre avec Richard Descoings, qui vient d'être nommé directeur de l’institution.

Mars 2001 : « Je reviens à Sciences Po »

Après un diplôme d'études supérieures spécialisées en gestion publique à Paris Dauphine et un début de carrière dans les relations institutionnelles avec un focus sur les territoires, je suis recruté à Sciences Po pour développer les relations avec les collectivités locales et renforcer les liens avec les pouvoirs publics. Je rejoins une institution en pleine transformation.

Après avoir lancé l’internationalisation de l’école, Richard Descoings met en place les conventions éducation prioritaire, une voie d’accès sélective pour les élèves issus des lycées de l’éducation prioritaire. C’est une de mes plus grandes fiertés professionnelles d’avoir contribué à sa réussite.

Je participe également aux autres grands projets, comme l'ouverture de campus internationaux en régions ou la réforme des droits de scolarité, dorénavant fixés, pour les étudiants européens, en fonction des ressources de la famille.

Je prends goût aux enjeux de l’enseignement supérieur et j’élargis mes compétences en prenant des responsabilités dans différentes directions.

Mai 2007 : « Le tournant de l’international »

L’international ne se limite pas aux échanges et au recrutement d'étudiants étrangers

En 2007, je suis chargé de piloter une mission de conseil menée par Sciences Po pour la création d’une grande école au Maroc puis, en 2009, je suis nommé responsable des affaires internationales pour le Maghreb et le Moyen-Orient.

Je développe les partenariats, assure la promotion des programmes, soutiens des coopérations scientifiques, renforce le réseau des alumni, mets en place des programmes d'été. Je garde de cette époque la conviction que l’international ne se limite pas aux échanges et au recrutement d'étudiants étrangers mais concerne toutes les missions de l’école.

Septembre 2015 : Tel Aviv et le ministère des affaires étrangères 

J’entame une mission de quatre ans comme attaché de coopération scientifique et universitaire à l’Ambassade de France en Israël :

  • Je m’engage dans le développement des échanges étudiants. J’attire l’attention des établissements français sur les opportunités avec Erasmus +, je les conseille dans le choix des partenaires et je les aide dans la rédaction des projets. Chaque année, les budgets obtenus pour des bourses de mobilité augmentent.
  • J’organise de nombreuses visites pour des délégations françaises (universités, grandes écoles, organismes de recherche, hôpitaux, collectivités locales, ministères, Parlement…) et suis heureux de voir des partenariats se concrétiser.

  • J’ai le plaisir aussi de contribuer au développement des coopérations en recherche, la France étant le 5e partenaire scientifique d’Israël. Je m’implique dans les questions d’innovation avec mes collègues du service économique et de Business France et nous renforçons les liens entre les deux écosystèmes, « Start-up nation » et « French Tech ».

  • Avec Campus France, nous lançons le réseau France Alumni et nous intensifions la promotion des études en France, notamment par l’organisation d’un grand salon Choose France dans le cadre de la Saison croisée France-Israël en 2018.

Je découvre la qualité de la diplomatie française et la force de son réseau culturel. Je prends conscience de la reconnaissance internationale de notre recherche, parfois aussi de son fonctionnement encore trop bureaucratique.

Novembre 2019 : « Je lance ma société »

À mon retour en France, je crée Linden & Swift, une société de conseil dédiée à l’internationalisation de l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, afin de partager mon expérience.

Je travaille par exemple en ce moment avec une université ouzbek pour établir des partenariats stratégiques en ingénierie, architecture et éducation ou encore avec l’Ambassade du Canada en France, en apportant mon expertise sur l’enseignement supérieur français afin de renforcer les collaborations entre nos deux pays.

Travailler sur les écosystèmes d’innovation et notamment le modèle israélien de « start-up nation »

Je continue aussi à travailler sur les écosystèmes d’innovation et notamment le modèle israélien de « start-up nation » ainsi que sur les stratégies innovation des établissements d’enseignement supérieur. 

En étant consultant, j’ai aussi la liberté de prendre du temps pour écrire des chroniques, donner des conférences, assurer des enseignements…

Je développe également une activité de formation continue.

Mars 2020 : « La crise du coronavirus chamboule l’enseignement supérieur et son internationalisation »

Les projets doivent être reconfigurés, en faisant preuve de créativité

Le secteur de l’enseignement supérieur est directement touché, notamment les mobilités et les recrutements d’étudiants étrangers, pour ce qui relève de l’international. Les projets doivent être reconfigurés, en faisant preuve de créativité et en gardant toujours en tête les objectifs de l’internationalisation. 

La crise est un moment de changement dans l’approche de l’internationalisation, en nous invitant à réfléchir à ses objectifs et à la diversité de ses modalités. C’est fondamental pour que l’enseignement supérieur contribue à l’ouverture au monde de nos sociétés face au risque de repli sur soi. Cette période ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour mon activité.



Ses chroniques

Retrouvez en accès libre les dernières chroniques de Sébastien Linden sur News Tank higher ed and research, agence de presse qui édite Campus Matin :

L'écosystème d’innovation d’Israël, de la start-up à la scale up nation (6 janvier 2021) ;

« French Tech » ou nouvelle « start-up nation » ? Un enjeu de communication (7 janvier 2021) ;

Internationalisation de l’enseignement supérieur : 10 tendances à scruter en 2021 ( 26 janvier 2021).

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