Vie des campus

Les actualités de l’ESR qu’il ne fallait pas rater à l’automne 2021

Par Isabelle Cormaty | le | Stratégies

L’actualité de l’enseignement supérieur et de la recherche est dense… Pour vous y retrouver, Campus Matin vous résume les nouveautés, annonces, rapports, et chiffres clés à retenir de l’automne 2021.

Le port du masque reste toujours obligatoire dans les établissements du supérieur à l’automne 2021. - © Conférence des présidents d’université - Université Bretagne Sud
Le port du masque reste toujours obligatoire dans les établissements du supérieur à l’automne 2021. - © Conférence des présidents d’université - Université Bretagne Sud

Trois actualités de l’automne 2021 en bref

  • La ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal a annoncé le 16 novembre les cinq établissements pilotes des pôles universitaires d’innovation, institués dans le cadre de la Loi de programmation de la recherche. La Comue Normandie Université et les universités de Clermont Auvergne et Montpellier obtiennent une dotation de 2,5 millions d’euros chacune, tandis que Sorbonne Université et l’Université de Strasbourg disposent d’un million d’euros chacune. Objectif à remplir :  mieux coordonner les démarches de chaque site vis-à-vis du monde socio-économique.

    Huit nouveaux sites universitaires en odontologie vont voir le jour. - © D.R.
    Huit nouveaux sites universitaires en odontologie vont voir le jour. - © D.R.

  • Le gouvernement a annoncé le 2 décembre la création de huit nouveaux sites universitaires de formation en odontologie, pour la plupart dès la rentrée 2022. Objectifs : augmenter de 14 % les effectifs dans cette filière et orienter les professionnels vers les territoires où la démographie médicale est faible. Les villes retenues sont : Tours, Amiens, Caen, Rouen, Dijon, Besançon, Grenoble et Poitiers.
  • Vers un allongement de la formation des sages-femmes ? L’Assemblée nationale a adopté en première lecture le 25 novembre une proposition de loi qui prévoit la création d’un troisième cycle d'études en maïeutique, ce qui porterait à six le nombre d’années d'études et permettrait l’obtention du diplôme d’état de docteur en maïeutique. Cela s’accompagnerait d’un statut biappartement, hospitalier et universitaire, à l’instar des médecins, dentistes et pharmaciens. Le texte est transmis au Sénat pour examen.

Du nouveau aussi du côté des établissements..

Omnes Éducation possède plusieurs campus, dont celui de Chambéry. - © D.R.
Omnes Éducation possède plusieurs campus, dont celui de Chambéry. - © D.R.

  • Inseec U devient Omnes Éducation et va investir 100 millions d’euros d’ici à 2025. Le groupe a par ailleurs annoncé début décembre l’implantation de trois de ses écoles à la Défense pour la rentrée 2022 : HEIP (l'école des hautes études internationales et politiques), l'ESCE (école supérieure du commerce extérieur) et l’IFG Executive education. D’autres implantations sont prévues à Rennes en 2023, puis Marseille en 2024.
  • Toulouse INP, bientôt dans le giron des écoles Centrale ? Les deux institutions ont en tout cas engagé une réflexion en ce mois de décembre. « Nous commençons à discuter de manière détaillée avec un objectif de création de Centrale Toulouse Institut à l’horizon 2024 », précise Gérard Creuzet, délégué général du Groupe des écoles Centrale à l’agence de presse News Tank, éditrice de Campus Matin.

Les contours de l’INSP précisés

Ces dernières semaines, le gouvernement a détaillé le fonctionnement du futur Institut national du service public (INSP), établissement qui remplacera l'École nationale d’administration au 1er janvier 2022.

Amélie de Montchalin est ministre depuis 2020. - © AM
Amélie de Montchalin est ministre depuis 2020. - © AM

Le 26 novembre, la commission présidée par le directeur général de Pôle Emploi, Jean Bassères, a remis au Premier ministre un rapport de préfiguration de l’INSP, contenant une trentaines de propositions. Puis le 2 décembre a été publié au Journal officiel le décret fixant les statuts de l’INSP.

Dans une audition au Sénat le 8 décembre dernier, la ministre de la transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, a expliqué que « l’INSP financera les projets de recherche et accueillera un corps de professeurs permanents, ce que l’ÉNA n’avait pas. » Un élément qui ne figurait pas dans le rapport Bassères.

La gouvernance de l’institut se précise également. Depuis le 6 décembre, l’inspectrice des finances, Maryvonne Le Brignonen a pris la direction de l'ÉNA, préfiguratrice de l’INSP.

Excellences : 15 lauréats se partagent 292,4 millions d’euros

Le ministère a dévoilé le 30 novembre le nom des 15 premiers projets lauréats de l’appel à projets Excellences du quatrième Programme d’investissements d’avenir. Aix-Marseille Université (40 millions d’euros), Université Paris-Saclay (32 millions) et Université de Paris (30 millions), trois établissements déjà lauréats d’Idex, obtiennent les dotations les plus importantes.

« L’appel à projets Excellences offre aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur l’opportunité de bâtir un projet de transformation profonde permettant de reconnaitre et de valoriser leur propre chemin vers l’excellence, cela à l’échelle d’un site », salue Frédérique Vidal.

Ces établissements se partagent 292,4 millions d’euros. En tout, cet appel à projets en trois vagues est doté d’une enveloppe de 800 millions d’euros, dont la moitié dédiée aux établissements labellisés Idex ou I-site. La seconde vague lancée depuis le 18 novembre se clôture le 1er février 2022.

Aix-Marseille Université obtient la dotation la plus importante avec 40 millions d’euros. - © AMU
Aix-Marseille Université obtient la dotation la plus importante avec 40 millions d’euros. - © AMU

Le rapport qui recommande de forts investissements dans le sup'

Le Conseil d’analyse économique est un organe de réflexion proche de Matignon. - © Vectors Point
Le Conseil d’analyse économique est un organe de réflexion proche de Matignon. - © Vectors Point

Dans une note publiée le 1er décembre, le Conseil d’analyse économique, think tank rattaché à Matignon, appelle le gouvernement à investir massivement dans l’enseignement supérieur. Les auteures analysent les différences de coûts de formation qui peuvent varier de 1 à 4 entre une année de licence (3 700 € par an par étudiant) et une année en classe préparatoire (13 400 €).

« Ces écarts s’expliquent par les différences de taux d’encadrement et de volume horaire de formation. Or, si on le rapporte aux taux de réussite des étudiants, beaucoup plus faibles en licence du fait des redoublements et abandons, on voit qu’on ne peut pas faire bien avec peu. Ce qui veut dire aussi qu’il y a un gâchis dans la manière dont est investie la dépense publique dans la formation », expliquent-elles.

Les deux professeures d'économie à l'Université Paris Dauphine PSL, Gabrielle Fack et Élise Huillery, recommandent notamment de :

  • revaloriser les bourses sur critères sociaux de 1 000 €, élargir le socle des bénéficiaires pour atteindre 66 % des familles, et améliorer l’accès au logement étudiant ;
  • ouvrir 150 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, notamment dans les filières courtes (DUT/BUT et STS) et les filières scientifiques et techniques ;
  • augmenter les moyens en licence et en master ;
  • modifier les critères d’admission dans les filières sélectives, notamment en calibrant mieux les quotas de boursiers sur Parcoursup.

Le chiffre à retenir : 493 millions d’euros

Les universités représentent 70 % du chiffre d’affaires de la formation continue en 2019. - © AomAm
Les universités représentent 70 % du chiffre d’affaires de la formation continue en 2019. - © AomAm

C’est le chiffre d’affaires qu’a généré la formation continue dans les établissements de l’enseignement supérieur public sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur en 2019, d’après une note flash du service des études statistiques du ministère.

Ce chiffre d’affaires affiche une hausse de 3 % par rapport à 2018, « en raison notamment de la progression du chiffre d’affaires des universités ». Les universités, qui ont accueilli 327 000 stagiaires en 2019, représentent 70 % du chiffre d’affaires de la formation continue.

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