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Le carnet de Campus Matin : les 5 prises de postes qui ont marqué novembre 2022

Par Marine Dessaux | Le | Personnels et statuts

L’ancien P-DG de la SNCF préside désormais le conseil de surveillance mis sur pieds par le nouvel actionnaire d’EMLyon. Le Cnous se tourne vers un ancien conseiller de Frédérique Vidal en pleine réforme des bourses. Le nouveau président de l’EHESS dévoile ses projets… Autant de prises de postes à retrouver dans le carnet de Campus Matin de ce mois de novembre !

Campus Matin revient sur la prise de poste de cinq professionnels de l’ESR en novembre. - © Pexels / Suki Lee
Campus Matin revient sur la prise de poste de cinq professionnels de l’ESR en novembre. - © Pexels / Suki Lee

Sandra Lalanne, Guillaume Pepy, Kenza Derki, Romain Huret, Julien Blanchet… Ces personnalités de l’enseignement supérieur et de la recherche ont une trajectoire qui change entre fin octobre et novembre 2022 !

1. Sandra Lalanne, présidente de l’Anstia

Ingénieure pédagogique multimédia à l'Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), Sandra Lalanne a été élue présidente de l’Anstia (Association nationale des services Tice et audiovisuels) le 14 novembre, pour une année. Elle succède à Sophie Guichard, qui ne se représentait pas à la présidence, ayant pris un poste outre-mer, à l'Université de la Polynésie française.

Enseignement et ingénierie pédagogique

Enseignement et accompagnement sont ses fils rouges : au cours de sa carrière, Sandra Lalanne navigue de la formation des adultes à l’ingénierie pédagogique, du français langue d’intégration aux technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (Tice).

D’abord enseignante vacataire français langue étrangère et assistante d'éducation de 2011 à 2013 dans les Hautes-Pyrénées, elle devient formatrice en français langue d’intégration au Greta Midi-Pyrénées jusqu’en 2016.

Elle rejoint le LearningLab Network, une communauté visant à mutualiser les expérimentations autour des espaces d’apprentissage innovants, en tant que coordinatrice pendant deux ans et demi, de 2016 à 2019, en parallèle de sa fonction d’ingénieure pédagogique multimédia à Télécom Saint-Étienne.

Depuis, elle est ingénieure pédagogique multimédia à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) et référente régionale pour le réseau.

La voix des personnels Tice et audiovisuel

Accompagner les personnels, échanger, collaborer… Telles sont les missions de l’Anstia. Pour les métiers émergents, l’association permet une meilleure visibilité et structuration. Elle se fait aussi la voix des nouvelles recrues et de leurs attentes, dans un contexte de manque d’attractivité des métiers de l’enseignement supérieur public.

Qualité de vie au travail, congés supplémentaires, projets stimulants pour les contractuels comme pour les titulaires, sont autant d'enjeux actuels pour les personnels Tice et audiovisuel que Sandra Lalanne continuera à porter.

Dans le nouveau bureau de l’Anstia, figurent notamment : Irina Anelok, vice-présidente relations internationales, Emmanuel Pons, vice-président partenariats, Sophie Guichard, vice-présidente communication.

2. Guillaume Pepy, président du conseil de surveillance d’EMLyon

Guillaume Pepy est désormais président du conseil de surveillance d’EMLyon - © D.R.
Guillaume Pepy est désormais président du conseil de surveillance d’EMLyon - © D.R.

Guillaume Pepy, ancien président-directeur général de la SNCF, est le nouveau président du conseil de surveillance d’EMLyon, annonce l'école de commerce le 23 novembre. Il succède à Jean Eichenlaub, président de Qualium Investissement. Isabelle Huault conserve la présidence du directoire et de la direction générale de l'école.

Un entrepreneur et haut fonctionnaire

Diplômé de l’École nationale d’administration (ÉNA), Guillaume Pepy passe par le Conseil d’État, la commission de recours des réfugiés et apatrides et plusieurs cabinets ministériels : aux télécommunications, au budget, à la fonction publique au travail, à l’emploi et la formation professionnelle. Il démissionne du Conseil d’État début 2021.

Guillaume Pepy a passé le plus clair de sa carrière à la SNCF depuis 1988. Il en devient le président-directeur général de 2008 à 2019. Aujourd’hui président du réseau d’entrepreneuriat Initiative France, il prend en juillet 2022 la présidence du conseil d’administration d’Orpea, en pleine crise sur la gestion des Ephad.

Guillaume Pepy exerce par ailleurs les fonctions de conseiller senior de l'éditeur de logiciels Salesforce, ainsi que plusieurs mandats éducatifs et culturels bénévoles.

Un nouveau cap pour l’EMLyon

L’arrivée de Guillaume Pepy à la tête de l’EMLyon intervient en même temps que l’entrée au capital de Galileo Global Education, l’entreprise lyonnaise BioMérieux et la sortie de Qualium Investissement.

Un moment clef dans l’histoire de l'établissement : devenue une société privée il y a quatre ans, elle était passée sous le contrôle d’un fonds d’investissement en 2019. Qualium, qui n’avait pas d’expérience dans le secteur de l'éducation, se retire au profit d’un acteur institutionnel expert du sujet : Galileo est le premier groupe privé d’enseignement supérieur français.

L’arrivée de Guillaume Pepy vise à stabiliser et professionnaliser l'établissement, qui devient le navire-amiral du groupe présidé par Marc-François Mignon Mahon. Avec un enjeu : prouver qu’enseignement supérieur privé lucratif peut rimer avec engagement social et sociétal et qualité académique.

Le nouveau président du conseil surveillance et les équipes opérationnelles auront fort à faire : un récent rapport de la chambre régionale des comptes, très critique sur les conditions du changement de statut de l'école, a conduit à des signalements au parquet de Lyon. Une enquête est ouverte pour des faits présumés de favoritisme, recel et abus de confiance.

« Le premier conseil de surveillance sous la présidence de Guillaume Pepy se tiendra le 15 décembre. Il permettra d’annoncer et de préciser les projets », indiquent conjointement Galileo Global Education, la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, Bpifrance et EMLyon.

3. Kenza Derki, présidente du conseil national des étudiants vice-présidents d’université

Kenza Derki est vice-présidente étudiante en charge de la vie de campus depuis 2021 à l’Université de Limoges. - © D.R.
Kenza Derki est vice-présidente étudiante en charge de la vie de campus depuis 2021 à l’Université de Limoges. - © D.R.

Kenza Derki, vice-présidente (VP) étudiante de l’Université de Limoges, est élue présidente de la Conférence nationale des étudiants vice-présidents d’université (CEVPU), lors de ses 72e rencontres nationales organisées les 8 et 9 octobre, annonce l’association fin octobre. Elle succède à Gaël Dupire, président depuis octobre 2021.

VP vie de campus

Kenza Derki est diplômée d’une licence de sciences de la vie et de la santé de 2016 à 2019, et complète actuellement un master dans ce même domaine. En février 2021, elle est élue VP étudiante en charge de la vie de campus de l’Université de Limoges.

Nouveau bureau pour soutenir les VP étudiants

Travailler sur les enjeux de société, particulièrement la transition écologique, l’accompagnement social et la lutte contre les discriminations : tels sont les objectifs de la commission permanente, également renouvelée à cette occasion.

« Depuis dix ans, le statut de vice-présidence étudiante n’a fait qu’évoluer et encore plus suite à la Covid. Le poste a gagné en responsabilité et, pour la plupart d’entre nous, en missions. À ce titre-là, la CEVPU représente le meilleur soutien pour la vice-présidence étudiante », indique le bureau.

Le nouveau bureau est complété par : Axel Renard, VP de l’Université de Haute-Alsace, comme secrétaire général; Esteban Bougeard, VP de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en qualité de trésorier et Mathis Napierala, VP de l’Université de Clermont Auvergne, en tant que vice-président général.

4. Romain Huret, président de l’EHESS

Romain Huret est historien spécialiste des États-Unis. - © D.R.
Romain Huret est historien spécialiste des États-Unis. - © D.R.

Romain Huret est élu président de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) par l’assemblée des enseignants-chercheurs pour un mandat de cinq ans, le 26 novembre 2022. Il était le seul candidat en lice et succède à Christophe Prochasson, qui ne se représentait pas à l’issue de son premier mandat. 

Un historien spécialiste des États-Unis

Directeur d’études de l’EHESS, Romain Huret est historien spécialiste des États-Unis. Il s’intéresse plus particulièrement à la fabrique des inégalités dans les sociétés contemporaines.

De 2017 à 2021, il a été vice-président de l’EHESS, chargé de la recherche. Depuis 2019 et jusqu'à récemment, a été membre du conseil d’administration de la commission franco-américaine Fulbright.

Des chantiers RH et de réorganisation

Romain Huret a plusieurs projets pour celle qu’il définit comme l'« École internationale de recherche » et qui voit son cinquantième anniversaire se profiler à l’horizon 2025.

Une vaste réflexion sur les conditions de travail, les difficultés administratives et de recrutement est de mise, sujet qui fait l’objet d’une vice-présidence dédiée. Dans cette optique, une campagne d’emplois pluriannuelle devra permettre d’envisager les perspectives de recrutement à moyen terme. En outre, la réorganisation de l’ensemble de la chaîne comptable et financière sera une priorité.

Le président prévoit aussi une meilleure prise en compte de l’emploi scientifique qui passe par l’augmentation du nombre de contrats doctoraux.

Pour les campus de l’EHESS (Aubervilliers, Paris et Marseille), Romain Huret souhaite « une organisation plus apaisée », écrit-il le 10 novembre, en amont de son élection. Il met en avant « une autonomie plus grande des services, une redéfinition du périmètre des instances, une meilleure intégration des unités de formation et une attention constante à la liberté scientifique des unités de recherche ».

Le spécialiste des États-Unis fait également de l’internationalisation de l’EHESS une priorité pour en dynamiser la vie intellectuelle et scientifique.

5. Julien Blanchet, directeur des projets pour le Cnous

Julien Blanchet, ancien conseiller social et engagement écologique de la ministre de l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation (Esri), Frédérique Vidal, occupe depuis septembre le poste de directeur des projets du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous). 

De syndicaliste à des fonctions de direction dans le public

Julien Blanchet est un ancien responsable étudiant, passé par le cabinet de Frédérique Vidal. - © D.R.
Julien Blanchet est un ancien responsable étudiant, passé par le cabinet de Frédérique Vidal. - © D.R.

Président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) de 2012 à 2014, Julien Blanchet est collaborateur parlementaire de la sénatrice Dominique Gillot de 2014 à 2017.

De juin 2016 à janvier 2019, il est directeur de cabinet auprès de Pascal Olivard, président de la Communauté d’université et établissement (Comue) Université Bretagne-Loire.

À partir de 2015, il est par ailleurs membre du conseil économique, social et environnemental au titre de la cohésion sociale et territoriale et vie associative. Il y est rapporteur, en mai 2017, d’un bilan du service civique puis, en octobre 2017, sur le dialogue sciences/société concernant les questions environnementales. En décembre 2018, il en est élu vice-président.

À partir de 2019, il est rapporteur général de la convention citoyenne pour le climat.  Il est nommé au cabinet de la ministre de l’Esri en août 2020 et quitte ses fonctions à la fin du quinquennat, en mai 2022.

Dématérialisation et réforme des bourses

En charge des projets stratégiques du Cnous, Julien Blanchet arrive en pleine réflexion sur la réforme des bourses, entamée par la ministre Sylvie Retailleau à l’automne. À ce sujet, Dominique Marchand, présidente du Cnous, avait déclaré vouloir « contribuer […] pour faire des propositions d’amélioration et de simplification sur le plan technique », dans une interview à News Tank, le 15 septembre.

Autre projet d’envergure en cours : la dématérialisation de ces bourses, entamée depuis trois ans et toujours en cours.

S’inscrit aussi sur la feuille de route de l’institution : la mise en place d’un nouveau contrat d’objectif et de performance avec le ministère.

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