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Ils réinventent le concept du job dating : pari réussi pour le CFA Stephenson et EdTech France

Par Isabelle Cormaty | le | Edtechs

Le CFA Stephenson et l’association EdTech France ont organisé un job dating particulier dédié aux entreprises du secteur à la recherche d’apprentis et d’alternants pour la rentrée. Une cinquantaine de jeunes ont tenté de convaincre les recruteurs en travaillant sur un cas d'étude présenté par les start-up. Reportage.

Une quinzaine de start-up ont participé à ce job dating. - © Isabelle Cormaty
Une quinzaine de start-up ont participé à ce job dating. - © Isabelle Cormaty

Recruter ses alternants autrement, sans publier d’offre d’emploi sur les réseaux sociaux professionnels ou les plateformes spécialisées et sans enchaîner les entretiens minutés lors d’un job dating classique, c’est possible !

Le CFA Stephenson, centre de formation d’apprentis situé à Paris, et EdTech France ont relevé ce défi. Le 21 juin dernier, ils ont réuni durant une après-midi une quinzaine de start-up edtechs et une cinquantaine de jeunes à la recherche d’un contrat en alternance pour un job dating d’un nouveau genre… Campus matin y était.

Mettre les étudiants dans une situation de travail

Des cas d'études plutôt que des entretiens express

Tout débute de manière classique. Les entrepreneurs présentent à tour de rôle leur start-up, leurs produits et leurs cibles. Puis les futurs apprentis entrent en jeu, non pour se vendre auprès des recruteurs mais pour répondre aux problématiques des entreprises.

Aidés par les entrepreneurs, les jeunes planchent en petits groupes pendant deux heures sur un cas d'étude imaginé par la start-up. Tantôt pour imaginer de nouveaux canaux de communication, tantôt pour identifier de nouveaux clients en leur écrivant un mail type, proposer une stratégie marketing avec un budget prédéfini…

« Je ne voulais pas organiser un job dating classique où les jeunes apprennent à se présenter et répondre à toutes les questions pièges en cinq minutes. L’objectif est plutôt de déclencher le coup de cœur des entrepreneurs pour un candidat. Cela correspond plus à l’esprit des start-up », raconte David Markowicz, responsable de formation filière digitale du CFA qui a imaginé ce job dating particulier.

Un gain de temps pour les entrepreneurs

Pour la quinzaine de recruteurs présents à l'événement, l’opération leur permet parfois d'éviter la publication d’une offre d’alternance et donc la réception d’une avalanche de candidatures de profils peu qualifiés…

« Quand on poste une annonce sur Linkedin, on reçoit 150 candidatures de profils très hétérogènes. En temps que recruteur, cela prend beaucoup de temps de regarder tous les CV, donc je préfère ce type d’opération », reconnaît Florence Cann, directrice déléguée d'Oscar Campus CRM

Antoine Amy, consultant en mobile et digital learning chez Beedez, complète : « Nous perdons beaucoup de temps en entretien à rencontrer plusieurs personnes pendant 1h30. Là, nous avons accès à un panel d'élèves en une après-midi, je vois tout de suite ce que les jeunes vont pouvoir apporter à l’entreprise. »

Une manière pour les étudiants de se vendre autrement

Montrer leurs compétences…

« Vous allez montrer aux entrepreneurs ce que vous êtes capables de faire », explique David Markowicz aux apprentis lors du début de la session. Car c’est là l’objectif : que les jeunes puissent montrer concrètement aux recruteurs leurs compétences et leur créativité. 

« La démarche leur permet de s’immerger dans un cas d’usage sur lequel travaillera l’alternant que je souhaite recruter à la rentrée. Sur les dix idées que me proposeront ces jeunes lors de la restitution, il y en aura peut-être cinq que nous avons déjà mis en place chez Oscar Campus, trois qui ne sont pas pertinentes et deux originales. Ce sont ces deux idées que j’attends aujourd’hui », avance Florence Cann.

Une cinquantaine de jeunes à la recherche d’une alternance ont participé à l'événement. - © Isabelle Cormaty
Une cinquantaine de jeunes à la recherche d’une alternance ont participé à l'événement. - © Isabelle Cormaty

Les organisateurs espèrent eux que cette cette mise en situation pratique donnera envie aux entreprises de poursuivre le processus de recrutement de manière plus classique, avec pourquoi pas un entretien d’embauche. Le CFA Stephenson a également mis en place une CVthèque en ligne à disposition des start-up et un système de badge avec des QR codes pour tous les participants. En un scan, il est ainsi possible de retrouver les coordonnées d’une personne et son CV.

… et apprendre de nouvelles compétences

« Nous souhaitions également que les étudiants développent des compétences pendant le job dating », ajoute Sébastien Maligne, directeur général du CFA Stephenson, l’un des premiers centres de formation à avoir intégré l’association EdTech France.

L’après-midi a notamment confronté les étudiants à un exercice parfois redouté : la prise de parole en public. Sur une estrade et avec un micro ! Timides, stressés ou plein d'énergie, les jeunes ont tenté de poser leur voix, tenir un micro correctement et capter l’attention du public présent dans l’amphithéâtre et en visioconférence. 

Rencontrer les entrepreneurs

Après plusieurs mois de crise sanitaire, les participants, étudiants comme entrepreneurs, ont particulièrement apprécié cet événement convivial organisé en présentiel. La mise en situation a surtout permis aux futurs alternants, de rencontrer les équipes des entreprises, d'échanger avec eux durant la résolution du cas d'étude ou l’afterwork… Bref, comprendre l'était d’esprit des entreprises où ils vont peut-être postuler.

« Si j’avais vu une offre d’alternance en ligne pour l’une des entreprises présentes au job dating, j’aurais peut-être regardé rapidement l’annonce en faisant quelques recherches sur la boîte et c’est tout. Là le contact n’est pas le même, c’est sympa de rencontrer des salariés et de leur poser des questions librement. Il y a moins de stress », raconte Élise, une apprentie.

Les edtechs, un secteur qui recrute

La filière edtech française compte 7000 emplois directs d’après une enquête EY-Parthenon menée avec l’association représentative des entrepreneurs du secteur, dont les premiers résultats ont été dévoilés en juillet dernier.

Et les edtechs embauchent dans tous les domaines : ingénieur pédagogique, développeur web, designer, chef de produit, community manager et bien d’autres ! Le site Welcome to the Jungle répertorie en partenariat avec EdTech France 483 emplois à pourvoir dans ce secteur sur une plateforme dédiée, dont une soixantaine d’offres d’alternance.

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