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Quand l’enseignement à distance transforme un cours d’art et management

Par Marine Dessaux | le | Pédagogie

À Grenoble École Management (GEM), un cours d’art et management a dû innover pour s’adapter à l’enseignement à distance. D’obstacle, le confinement est devenu une opportunité et une source de créativité.

L’œuvre Deep Water de Nathalie Junod-Ponsard ©Jean-Luc Buro - © Jean-Luc Buro
L’œuvre Deep Water de Nathalie Junod-Ponsard ©Jean-Luc Buro - © Jean-Luc Buro

Marie-France Lefèvre
Marie-France Lefèvre - © Pierre Jayet

Comment inspirer les étudiants à sortir du cadre habituel du cours et stimuler leur créativité, tout cela en distanciel ?

Marie-France Lefèvre, professeure à Grenoble École Management (GEM), et Ivan Laurens, qui dirige « l’usine à cas pédagogique » de GEM, ont dû innover pour mener à bien leur prototype de cours d’art et management auprès de 40 étudiants de 2e année du Programme grande école (PGE).

L’idée de base

Partir d’une œuvre présentée par un artiste

Excellent prétexte pour introduire un sujet de marketing, Marie-France Lefèvre et Ivan Laurens ont décidé de construire leur cours autour d’une œuvre, analysée et expliquée par sa créatrice.

« Nous avons imaginé ce prototype d’étude de cas baptisé « Quasar » en février pour un cours en présentiel et souhaitions le tester en avril. Nous avons choisi de maintenir ce projet en nous adaptant et en imaginant une co-animation de cours », explique Marie-France Lefèvre.

Les deux professeurs ont pu faire intervenir comme prévu l’artiste, Nathalie Junod Ponsard et une experte en neuroscience, Caroline Cuny, grâce à la visioconférence.

Un format de cours plus vivant, grâce aux différentes interventions, qui se prête particulièrement bien au distance learning.

Une œuvre immersive pour un cours expérientiel

Un « pas de côté » via l’art

Introduire le sujet du marketing expérientiel

C’est  l’œuvre « Deep Water », de Nathalie Junod Ponsard, qui a servi pour introduire des notions d’art et de marketing auprès des étudiants.

Une expérience artistique tout aussi immersive que le cours, qui met les étudiants dans la position de porteurs de projets, puisqu’elle invitait, lors des premières nuit blanches à Paris, à nager dans une œuvre d’art à la piscine de Pontoise.

« Les témoignages vidéo et photos partagés lors du cours démontrent le caractère totalement immersif de l’œuvre. Ce “pas de côté“ via l’art à travers le témoignage de Nathalie a permis d’introduire le sujet du marketing expérientiel », souligne Marie-France Lefèvre.

Scénarisation du cours

Le cours a été découpé en trois séquences, chacune étant l’occasion pour les étudiants et intervenants d’échanger. Différents outils ont été utilisés pour répondre aux besoins du cours : Teams, pour la visioconférence et le chat en direct, vidéo et photos fournies par l’artiste et pour les retours, un sondage sur Kahoot.

« Le sondage en ligne réalisé sur Kahoot a permis d’avoir un retour à chaud sur l’expérience avec un taux de satisfaction de 4,2/5 pour le cours et 4,1/5 pour l’intérêt du lien art et management », se félicite Marie-France Lefèvre.

Application des concepts

Après les différentes interventions, les étudiants ont eu pour mission d’appliquer les concepts étudiés en proposant une expérience inédite à leurs « cibles » en insistant sur les émotions-sensations qu’ils voulaient provoquer.

Pour cela, les étudiants se sont retrouvés en quatre équipes dans quatre salles virtuelles. Chaque intervenant pouvait s’inviter dans une salle virtuelle et échanger avec le groupe sur son projet.

« Nous avons été ravis par la créativité, la qualité et l’engagement des étudiants dans les débats et les travaux d’équipes.

Certains projets pourraient faire l’objet de propositions aux entreprises, je pense notamment à l’idée de l’équipe Emmaüs « tisser du lien entre ceux qui donnent et ceux qui achètent à travers des histoires partagées et des expositions de photos », témoigne Marie-France Lefèvre.

Des outils du distanciel qui convainquent pour la suite

Ivan Laurens
Ivan Laurens - © Pierre Jayet

Forts de cette expérience, Marie-France Lefèvre et Ivan Laurens vont poursuivre le projet « Quasar ».

L’expérimentation du distanciel, forcé par les circonstances, influencera la forme future du cours :

« La visioconférence permet, de manière plus légère, de réunir sur un plateau quatre intervenants ce qui est rare sur un cours traditionnel. Nous allons développer nos études de cas en vidéo, ce qui les rendra accessibles à d’autres enseignants », affirme Marie-France Lefèvre.

Elle pourrait même impacter d’autres projets : « Cette expérience est une vraie source de motivation pour faire avancer un serious game en réalité virtuelle qui aura pour objectif de résoudre des questions de management en s’inspirant de l’art. Il s’agira, là encore, d’imaginer des dispositifs permettant de jouer à distance comme en présentiel et de faire vivre une expérience inspirante à nos joueurs à travers l’art ».

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